La Kaʿba sera là, et l’on vous apportera matin et soir de grands plats. Ils dirent : « Ô Messager de Dieu ! Serons-nous meilleurs en ce jour-là ou bien aujourd’hui ? » Il répondit : « C’est plutôt aujourd’hui que vous êtes meilleurs. Vous êtes aujourd’hui des frères, tandis que ce jour-là, il arrivera que certains d’entre vous s’attaqueront les uns aux autres (1). »
Sufyân al-Thawrî a rapporté, d’après Yahyâ ibn Saʿîd, d’après Abû Mûsâ Yuhannas, qu’il a dit : le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Lorsque ma communauté se mettra à marcher avec orgueil (al-muṭayṭâʾ), et que les Perses et les Romains les serviront, Dieu donnera à certains d’entre eux l’autorité sur d’autres » (2). Al-Bayhaqî l’a également rapporté par la chaîne de transmission de Mûsâ ibn ʿUbayda, d’après ʿAbd Allâh ibn Dînâr, d’après Ibn ʿUmar, d’après le Prophète (ﷺ) (3).
[Un autre hadith]
Abû Dâwûd a dit : « Sulaymân ibn Dâwud al-Mahrî nous a rapporté ; Ibn Wahb nous a rapporté ; Saʿîd ibn Abî Ayyûb nous a rapporté, d’après Sharâḥîl ibn Yazîd al-Maʿâfarî, d’après Abû ʿAlqama, d’après Abû Hurayra — autant que je sache —, d’après le Messager de Dieu (ﷺ) : “En vérité, Dieu enverra à cette communauté, au début de chaque siècle, quelqu’un qui renouvellera pour elle l’affaire de sa religion” » (4). Abû Dâwûd ajouta : « Cette version fut également rapportée par ʿAbd al-Raḥmân ibn Sharîḥ al-Iskandarânî, sans que Sharâḥîl y soit mentionné, et Abû Dâwûd en est l’unique transmetteur. »
Chaque groupe de savants a ainsi désigné, au commencement de chaque siècle, un des leurs qu’ils considèrent comme celui visé par ce hadith. Certains savants ont toutefois affirmé que le sens correct est que ce hadith englobe tout individu parmi les savants de ces époques, lequel accomplit l’obligation collective consistant à transmettre la science de ceux des Anciens (salaf) qu’il a pu rejoindre, à ceux des générations suivantes (khalaf) qu’il côtoie. Il en est ainsi conforme au hadith transmis par diverses chaînes, continues ou interrompues : « Ce savoir sera porté, de chaque génération, par des hommes intègres, qui écarteront de lui la déformation des extrémistes et l’usurpation des imposteurs » (5). Cela demeure, louange à Dieu et grâce Lui en soit rendue, jusqu’à notre temps. Nous voici au huitième siècle, et nous demandons à Dieu de nous conclure [notre vie] en beauté, de faire de nous Ses serviteurs vertueux et de nous compter parmi les héritiers du Paradis de délices. Âmîn, âmîn, ô Seigneur des mondes.