Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les Anṣār – ‘Abd Allāh ibn Rāfi‘, affranchi d’Umm Salama, m’a rapporté ces propos, en disant : « J’ai entendu Abū Hurayra déclarer : “J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : ‘Si le temps se prolonge pour vous, il se pourrait bien que vous voyiez des gens qui partent au matin sous la colère de Dieu et rentrent le soir sous Sa malédiction, tenant dans leurs mains quelque chose qui ressemble à des queues de vaches.’” »

Muslim l’a aussi rapporté selon Muḥammad ibn ‘Abd Allāh ibn Numayr, d’après Zayd ibn al-Ḥubāb, d’après Aflaḥ ibn Sa‘īd (1).

Muslim rapporte également, selon Zuhayr ibn Ḥarb, d’après Jarīr, d’après Suhayl, d’après son père, d’après Abū Hurayra, que le Prophète (ﷺ) a dit : « Deux catégories parmi les gens du Feu que je n’ai pas encore vues : des personnes munies de fouets pareils à des queues de vaches avec lesquels ils frappent les gens, et des femmes vêtues mais nues, penchées et faisant pencher (d’autres vers elles), dont la coiffure ressemble à des bosses de chameaux inclinées. Elles n’entreront pas au Paradis et n’en sentiront pas le parfum, alors que son parfum se perçoit à une très grande distance (2). »

Ces deux catégories, à savoir les exécuteurs (ou bourreaux) appelés « al-rajjāla » et « al-jandāriyya », sont nombreux à notre époque, et l’étaient déjà autrefois, depuis bien longtemps. Quant aux femmes « vêtues mais nues », cela signifie qu’elles portent des vêtements qui ne couvrent pas leur nudité, mais qui, au contraire, constituent un surcroît de dévoilement et mettent en évidence leurs atours. Elles sont penchées dans leur démarche et entraînent d’autres personnes à se pencher vers elles. Ce fléau s’est étendu dans notre temps et existait déjà auparavant. C’est là une des plus grandes preuves de la prophétie, puisque l’événement s’est déroulé conformément à ce qu’il en a été annoncé (– qu'Allah leur fasse miséricorde –). On rapporte déjà de Jābir le ḥadīth : « Sachez qu’il vous adviendra d’avoir des tapisseries » (3), et il y est fait mention de ce phénomène, la femme de Jābir s’en étant justifiée auprès de lui.

[Un autre ḥadīth]

L’Imām Aḥmad a rapporté – par la chaîne de ‘Abd aṣ-Ṣamad ibn ‘Abd al-Wārith, d’après Dāwūd ibn Abī Hind (4) – et al-Bayhaqī l’a aussi transmis, d’après Abū Ḥarb ibn Abī al-Aswad ad-Daylī, d’après Ṭalḥa ibn ‘Amr al-Baṣrī : ce dernier se présenta à Médine devant le Messager de Dieu (ﷺ). Pendant qu’il priait, un homme vint à lui et dit : « Ô Messager de Dieu, les dattes nous brûlent l’estomac et la charogne s’est consumée autour de nous ! » Alors le Prophète loua Dieu et Le remercia, puis il dit : « Je me revois, moi et mon compagnon, n’ayant pour toute nourriture que le barīr, jusqu’à ce que nous arrivions chez nos frères parmi les Anṣār, qui nous offrirent à manger, et leur principal aliment était la datte. Par Celui en dehors de qui il n’est pas de divinité, si j’avais pu vous fournir du pain et des dattes, je vous en aurais fait manger. Mais un temps viendra pour vous – ou pour celui d’entre vous qui l’atteindra – où l’on portera des vêtements semblables à des voiles… »

= Ḥarīra – qu'Allah soit satisfait de lui – Ibn al-Jawzī s'est trompé en le mentionnant parmi les hadiths fabriqués (3/101), et Ibn Ḥibbān l’a également suivi (al-Majrūḥīn 1/176), alors que le hadith est authentique. (1) Rapporté par Muslim dans « Le Paradis et la description de sa félicité et de ses habitants » (2857) (53). (2) Rapporté par Muslim dans « Vêtements et parure » (2128) (125). (3) Rapporté par Ahmad dans le Musnad (3/294), n° 14064, c’est un hadith authentique. (4) Rapporté par Ahmad dans le Musnad (3/487), n° 15930, c’est un hadith authentique.
الأنصار - حدَّثني عبدُ الله بن رافع مولى أمِّ سلمة، قال: سمعتُ أبا هريرة يقولُ: سمعتُ رسولَ الله ﷺ يقول: "إنْ طالتْ بكم مُدَّةٌ أوشكَ أن تَرَوا قومًا يَغدونَ في سَخَطِ الله ويَروحُون في لعنتهِ، في أيديهم مثلُ أذناب البقر" . ورواه مسلم: عن محمد بن عبد الله بن نُمير، عن زيد بن الحُباب، عن أفلحَ بن سعيد به (١) . وروى مسلم أيضًا: عن زهير بن حرب، عن جرير، عن سُهيل، عن أبيه، عن أبي هريرة، قال: قال ﷺ : "صنفانِ مِن أهل النَّار لم أرَهُما بعدُ، قولم معهم سياطٌ كأذنابِ البقر يضربونَ بها النَّاسَ، ونساءٌ كاسيات عاريات، مائلاتٌ مُمِيْلاتٌ رؤُوسهن كأسنمةِ البُخْتِ المائلة، لا يدخلنَ الجَنَّةَ، ولا يجدنَ ريحَها، وإنَّ ريحَها ليُوجدُ مِن مَسيرةِ كذا وكذا" (٢) . وهذان الصنفان وهما الجَلَّادون الذين يُسمَّون بالرجالة، والجاندارية، كثيرون في زماننا هذا، ومن قبله، وقبلَ قبله بدهر، والنساء الكاسيات العاريات، أي: عليهن لبس لا يُواري سوءاتهنَّ، بل هو زيادة في العورة، وإبداء للزينة، مائلات في مشيهنَّ، مميلات غيرهنَّ إليهن، وقد عمَّ البلاء بهنَّ في زماننا هذا، ومن قبله أيضًا، وهذا من أكبر دلالات النبوة، إذ وقع الأمر في الخارج طِبْقَ ما أخبرَ به (رحمهم الله) ، وقد تقدَّم حديثُ جابر: "أما إنها ستكون لكم أنماط" (٣) وذكر تمامَ الحديث في وقوع ذلك، واحتجاج امرأته عليه بهذا. [حديث آخر] روى الإمام أحمد: عن عبد الصمد بن عبد الوارث، عن داود بن أبي هند (٤) . وأخرجه البيهقي من حديثه: عن أبي حرب بن أبي الأسود الديلي، عن طلحةَ بن عمرو البصري؛ أنَّه قدمَ المدينةَ على رسول الله ﷺ ، فبينما هو يُصلِّي إذ أتاه رجل فقال: يا رسول الله أحرقَ بُطونَنا التَّمرُ، وتحرَّقت عنا الجيف، قال: فحمدَ الله وأثنى عليه، ثم قال: "لقد رأيتني وصاحبي وما لنا طعامٌ غير البَرِيْر، حتَّى أتينَا إخواننا من الأنصار فآسونا من طعامهم وكان جلّ طعامهم التمر، والذي لا إله إلا هو لو قَدِرْتُ لكم على الخبز والتمر لأطعمتكُموه، وسيأتي عليكم زمان - أو مَن أدركَه منكم - يلبسون مثلَ أستار
= هريرة ﵁ ، وقد أخطأ ابن الجوزي فذكره في الموضوعات (٣/ ١٠١)، وتبعه ابن حبان أيضًا (المجروحين ١/ ١٧٦) والحديث صحيح. (١) رواه مسلم في الجنة وصفة نعيمها وأهلها (٢٨٥٧) (٥٣). (٢) رواه مسلم في اللباس والزينة (٢١٢٨) (١٢٥). (٣) رواه أحمد في المسند (٣/ ٢٩٤) رقم (١٤٠٦٤) وهو حديث صحيح. (٤) رواه أحمد في المسند (٣/ ٤٨٧) رقم (١٥٩٣٠) وهو حديث صحيح.

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