Ceux qui se trouvaient dans la ville de Bosrâ rapportent qu’ils virent les flancs du cou de leurs chameaux éclairés par la lumière de ce feu apparu dans la région du Ḥijāz.
Le shaykh Shihāb ad-Dīn mentionna que les habitants de Médine se réfugièrent, en ces jours-là, dans la Mosquée du Prophète, et qu’ils se repentirent auprès de Dieu des péchés qu’ils avaient commis. Ils demandèrent pardon près de la tombe du Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) pour leurs fautes passées, affranchirent leurs serviteurs et firent l’aumône à leurs pauvres et à ceux qui étaient dans le besoin.
Il fut dit à ce sujet :
« Ô Toi qui dissipes l’affliction, pardonne nos fautes,
car l’adversité nous a submergés, ô Seigneur ! (1)
Nous Te confions des épreuves dont nous ne pouvons porter le fardeau :
nous les méritons vraiment.
Des secousses devant lesquelles les roches les plus dures s’inclinent :
comment le solide pourrait-il résister aux tremblements de terre ?
Sept jours durant, la terre fut ébranlée jusqu’à se fendre,
révélant un spectacle qui aveugle le regard même du soleil. (2)
Une mer de feu, sur laquelle voguent des “navires” de collines
ancrés fermement dans la terre.
On y voit des étincelles, grandes comme des palais, fuser de toutes parts,
pareilles à un nuage déversant une pluie drue. (3)
Le souffle de ces flammes fend le cœur des rochers d’effroi,
et leurs éclats jaillissent tel l’éclat des étoiles filantes.
De cette fournaise, la fumée s’éleva dans l’atmosphère
au point de ternir le soleil, qui en devint sombre. (4)
Elle marqua la palme de la pleine lune d’une brûlure,
si bien que la nuit du plein éclat en devint ténébreuse. (5)
Ô quel signe parmi les miracles du Messager de Dieu !
Puissent ceux dotés de raison le comprendre ! (6) »
On composa également au sujet de ce feu, et du fait que Bagdad fut inondée la même année :
« Gloire à Celui dont la volonté s’accomplit parmi les hommes selon Sa mesure !
Il inonda Bagdad sous les eaux,
tout comme Il embrasa la terre du Ḥijāz par le feu. »
[Autre ḥadīth]
L’imam Aḥmad (7) a rapporté : « Abū ‘Āmir nous raconta : “Aflaḥ ibn Sa‘īd al-Anṣārī – un shaykh parmi les habitants de Qubā – …” »