Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et ceci est l’un des signes de la prophétie : cela implique en effet un retardement de la communauté d’une demi-journée, soit cinq cents ans, comme l’a interprété le Compagnon. Cela est fondé sur la parole du Très-Haut : « Certes, un jour, auprès de ton Seigneur, vaut mille ans de ce que vous comptez » [Al-Hajj, 47]. Par ailleurs, le fait d’annoncer cette durée n’exclut pas la possibilité qu’elle soit prolongée au-delà. Quant à ce que rapportent beaucoup de gens, selon lequel le Prophète (– qu'Allah leur fasse miséricorde –) ne resterait pas dans sa tombe mille ans entre le jour de sa mort et celui de la Résurrection, il s’agit d’un hadith sans fondement dans aucun ouvrage de l’islam. Et Dieu est plus savant.

[Autre hadith]
Il s’agit ici de l’annonce de l’apparition du feu en terre du Hedjaz, feu qui illuminerait les cous des chameaux à Busra. Cet événement est effectivement survenu en l’an 654 H. Al-Bukhârî a rapporté dans son Sahîh : « Nous a rapporté Abou al-Yamân, qui a rapporté de Shuʿayb, d’après az-Zuhri, lequel a dit : Saʿîd ibn al-Musayyib m’a informé de la part d’Abou Hurayra que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “L’Heure ne surviendra pas avant qu’émerge un feu du Hedjaz, dont la lumière fera briller les cous des chameaux à Busra.” » Seul Al-Bukhârî mentionne ce récit (1).

Les historiens et d’autres personnes l’ont évoqué, et la concordance de leurs témoignages sur la survenue de cet événement en l’an 654 H est notoire. Le shaykh imâm, grand spécialiste du hadith et historien de son époque, Shihâb ad-Dîn ʿAbd ar-Rahmân ibn Ismâʿîl, surnommé Abou Shâma, écrit dans son « Histoire » que le feu apparut un vendredi, le 5 Jumâdâ al-Âkhira de l’an 654 H, qu’il perdura un mois ou un peu plus. Il rapporte des témoignages concordants d’habitants de Médine décrivant sa manifestation à l’est de la ville, du côté du wâdî Shadhâ (2), en direction de la montagne de Uhud. Selon ces rapports, le feu a rempli les vallées et en jaillissaient des étincelles qui s’étendaient sur le Hedjaz ; on raconte aussi que la ville de Médine fut secouée par un tremblement de terre et que, cinq jours avant l’apparition du feu (c’est-à-dire dès le premier jour du mois, un lundi), on entendit des bruits effrayants, de jour comme de nuit, jusqu’à son apparition le vendredi 5. C’est alors qu’une partie des terres autour de wâdî Shadhâ se fissura, laissant jaillir un feu gigantesque qui forma un lit volcanique long de quatre parasanges et large de quatre milles, d’une profondeur d’une fois et demie la hauteur d’un homme. La roche en fusion coulait jusqu’à ressembler au plomb fondu, puis se solidifiait et noircissait comme du charbon. On raconte que sa lueur s’étendait jusqu’à Taymâ, au point que l’on put écrire la nuit à sa clarté, comme s’il y avait une lampe dans chaque maison. Les gens virent même de La Mecque, que Dieu l’honore, la lueur éclairante de ce feu.

J’ajoute ceci : concernant Busra, le Qâdî al-qudât (juge suprême) Sadr ad-Dîn ʿAlî ibn Abî Qâsim at-Taymî al-Hanafî m’a informé que son père, le shaykh Safî ad-Dîn, l’un des professeurs de Busra, tenait de plusieurs bédouins le récit de ce phénomène survenu à l’aube de cette nuit-là.

(1) C’est-à-dire qu’il a été rapporté uniquement par Al-Bukhârî.
(2) Parfois noté « Shathâ » ou « Shidhâ » selon les ouvrages.

(1) Rapporté par Al-Bukhārī dans « Al-Fitan » (7118). (2) Wādī Shathāh : il provient de l'est de la ville, depuis des lieux éloignés, jusqu'à atteindre le barrage créé par le feu de Harrat qui est apparu à Médine au mois de Joumādā al-Ākhirah, l'année 654 de l'Hégire. Voir l'examen critique d'Al-Murāghī (p. 190).
وهذا من دلائل النبوة فإن هذا يقتضي وقوع تأخير الأمة نصف يوم، وهو خمسمئة سنة، كما فسَّره الصحابي، وهو مأخوذ من قوله تعالى: ﴿وَإِنَّ يَوْمًا عِنْدَ رَبِّكَ كَأَلْفِ سَنَةٍ مِمَّا تَعُدُّونَ﴾ [الحج: ٤٧] ثم هذا الإخبار بوقوع هذه المدة لا ينفي وقوع ما زاد عليها، فأمَّا ما يذكره كثيرٌ من الناس من أنه (رحمهم الله) لا يُؤَلِّف في قبره، بمعنى لا يمضي عليه ألف سنة من يوم مات إلى حين قيام الساعة، فإنه حديث لا أصل له في شيء من كتب الإسلام، واللّه أعلم. [حديث آخر] فيه الإخبار عن ظهور النَّار التي كانت بأرض الحجاز، حتى أضاءت لها أعناقُ الإبل ببصرى، وقد وقعَ هذا في سنة أربع وخمسين وستمئة. قال البخاري في صحيحه: حدَّثنا أبو اليَمان، حدَّثنا شُعيب، عن الزُّهري، قال: قال سعيدُ بن المُسيِّب: أخبرني أبو هُريرة؛ أنَّ رسولَ الله ﷺ قال: "لا تقومُ السَّاعةُ حتى تخرجَ نارٌ من أرضِ الحجاز تضيءُ لها أعناقُ الإبل ببصرى" . تفرَّد به البخاري (١) . وقد ذكرَ أهلُ التاريخ وغيرُهم من الناس، وتواترَ وقوع هذا في سنة أربع وخمسين وستمئة، قال الشيخ الإمام الحافظ شيخ الحديث وإمام المؤرخين في زمانه، شهاب الدين عبد الرحمن بن إسماعيل المُلَقَّب بأبي شامة في "تاريخه" : إنها ظهرت يومَ الجُمعة في خامس جُمادى الآخرة سنة أربع وخمسين وستمئة، وأنها استمرَّت شهرًا وأزيدَ منه، وذكرَ كتبًا متواترة عن أهل المدينة، في كيفية ظهورها شرقي المدينة من ناحية وادي شظاة (٢) ، تلقاءَ أُحد، وأنها ملأت الأودية، وأنَّه يخرجُ منها شررٌ يأكلُ الحِجازَ، وذكرَ أن المدينةَ زُلزلت بسببها، وأنهم سمعوا أصواتًا مزعجة قبلَ ظهورها بخمسة أيام، أَوَّلُ ذلك مستهلّ الشهر يوم الإثنين، فلم تزل ليلًا ونهارًا حتَّى ظهرت يومَ الجمعة خامسه، فانبجستْ تلك الأرض عند وادي شظاة عن نار عظيمة جدًّا صارت مثل الوادي، طوله أربعة فراسخ في عرض أربعة أميال وعمقه قامة ونصف، يسيلُ الصَّخر حتى يبقى مثل الآنك، ثم يصيرُ كالفحم الأسود، وذكر أن ضوءها يمتد إلى تَيْمَاء، بحيث كتب الناس على ضوئها في الليل، وكأن في بيت كل منهم مصباحًا، ورأى النَّاسُ سناها من مكة شرَّفها الله. قلت: وأما بصرى فأخبرني قاضي القضاة صدر الدين عليّ بن أبي قاسم التَّيمِيّ الحنفي قال: أخبرني والدي، وهو الشيخ صفيّ الدين أحد مدرسي بُصرى، أنه أخبرَه غير واحد من الأعراب صبيحة تلك الليلة
(١) رواه البخاري في الفتن (٧١١٨). (٢) وادي شظاة: يأتي من شرقي المدينة، من أماكن بعيدة إلى أن يصل السد الذي أحدثته نار الحرة التي ظهرت في المدينة المنورة في جمادى الآخرة، سنة أربع وخمسين وستمئة. انظر تحقيق النصرة للمراغي (ص ١٩٠).

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