J’ai entendu dire (il en faisait le serment) : « Certes, cette communauté ne périra pas tant qu’il s’y trouvera douze califes, œuvrant tous à la guidée et à la religion de vérité ; parmi eux, deux hommes de la Famille (du Prophète) : l’un vivra quarante ans, et l’autre trente ans. » (1)
Ensuite, Al-Bayhaqî commença à réfuter les propos d’Abu al-Jald au moyen d’arguments qui ne constituent pas véritablement une réfutation, ce qui est étonnant de sa part. Un groupe de savants a néanmoins approuvé l’avis d’Abu al-Jald, et il se peut que son opinion soit plus vraisemblable pour les raisons exposées, d’autant qu’il consultait certains livres anciens. On trouve dans la Torah en possession des Gens du Livre un passage dont le sens est : Dieu annonça à Abraham la bonne nouvelle au sujet d’Ismaïl, qu’Il le fera croître et multiplier et qu’Il suscitera de sa descendance douze grands personnages.
Notre maître, le grand savant Abou al-‘Abbâs ibn Taymiyya, a déclaré : « Ceux qui ont été annoncés par la bonne nouvelle dans le hadith de Jâbir ibn Samura sont destinés à apparaître successivement dans la communauté ; l’Heure ne surviendra pas avant leur venue. » Puis il a ajouté : « Beaucoup de ceux qui se sont convertis à l’islam parmi les Juifs se sont mépris, en croyant qu’il s’agissait de ceux que revendique la faction des Râfidahs, si bien qu’ils les ont suivis. »
Nu‘aym ibn Hammâd a rapporté : « Nous a transmis Damrah, d’après Ibn Shawdhab, d’après Abou al-Minhâl, d’après Abou Ziyâd, d’après Ka‘b, qui a dit : “Dieu a donné à Ismaïl, à partir de sa propre descendance, douze régisseurs dont les meilleurs et les plus vertueux sont Abou Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân.” » Nu‘aym a aussi dit : « Nous a transmis Damrah, d’après Ibn Shawdhab, d’après Yahyâ ibn Abî ‘Amr as-Saybânî, qui a déclaré : “Aucun calife ne mérite ce titre s’il n’assure pas la gouvernance des deux Mosquées : la Mosquée sacrée et la Mosquée al-Aqsâ.” » (2)
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Vient ensuite le récit de prédictions concernant des événements survenus à l’époque de la dynastie des Banû al-‘Abbâs, jusqu’à notre époque. Parmi ces faits, ceux advenus durant le califat d’Abou Ja‘far ‘Abd Allah ibn Muhammad ibn ‘Alî ibn ‘Abd Allah ibn ‘Abbâs, calife après son frère as-Saffâh. C’est lui Al-Mansour, fondateur de la ville de Bagdad, en l’an 145 de l’Hégire.
Nu‘aym ibn Hammâd a rapporté dans son livre, d’après Abou al-Mughîrah, d’après Artâ’ah ibn al-Mundhir, d’après un informateur, d’après Ibn ‘Abbâs, qu’un homme vint le trouver en présence de Hudhayfah. Il lui dit : « Ô Ibn ‘Abbâs, à propos des mots “ḥâ mîm ‘ayn sîn qâf” : quelle est leur signification ? » Ibn ‘Abbâs garda un moment le silence et se détourna de lui. Comme l’homme répétait sa question sans recevoir de réponse, Hudhayfah déclara : « Je vais t’en informer, et je sais pourquoi il a gardé le silence. En effet, ce passage est révélé au sujet d’un homme de sa famille qu’on appelle ‘Abd al-Ilâh ou ‘Abd Allah. Il s’installera sur un fleuve de l’Orient et y bâtira deux cités séparées par le fleuve. Tous les tyrans imbus d’orgueil y convergeront. » (3)