Al-Bukhârî (1), puis Muʿâwiya, puis son fils Yazîd ibn Muʿâwiya, puis son fils Muʿâwiya ibn Yazîd, puis Marwân ibn al-Ḥakam, puis son fils ʿAbd al-Malik ibn Marwân, puis son fils al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik, puis Sulaymân ibn ʿAbd al-Malik, puis ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz, puis Yazîd ibn ʿAbd al-Malik, puis Hishâm ibn ʿAbd al-Malik. Ceux-là sont donc quinze. Puis vient al-Walîd ibn Yazîd ibn ʿAbd al-Malik. Si l’on considère le règne d’al-Zubayr avant ʿAbd al-Malik, ils deviennent alors seize hommes. Quoi qu’il en soit, ils sont douze avant ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz. Ainsi, celui qui suit ce raisonnement inclut Yazîd ibn Muʿâwiya parmi les douze et en exclut ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz, alors que les imams s’accordent pour le remercier et le louer, qu’ils le comptent au nombre des califes bien guidés, et que toute la communauté reconnaît son équité et s’accorde à dire que ses jours furent parmi les plus justes, au point même que les Râfiḍa l’admettent.
S’il déclare : « Je ne considère que ceux sur lesquels la communauté s’est unanimement accordée », il lui faudrait alors ne pas compter ʿAlî ibn Abî Tâlib ni son fils, étant donné que les habitants du Shâm dans leur ensemble ne leur ont pas prêté allégeance. Il inclurait plutôt Muʿâwiya, son fils Yazîd, puis le fils de celui-ci Muʿâwiya ibn Yazîd, sans prendre en compte les périodes de Marwân ni d’Ibn al-Zubayr, car la communauté ne s’est pas accordée sur l’un d’eux. Dès lors, selon cette méthode, il compterait comme califes Abû Bakr, puis ʿUmar, puis ʿUthmân, puis Muʿâwiya, puis Yazîd ibn Muʿâwiya (2), puis ʿAbd al-Malik, puis al-Walîd, puis Sulaymân, puis ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz, puis Yazîd, puis Hishâm. Cela fait douze, puis après eux vient al-Walîd ibn Yazîd ibn ʿAbd al-Malik, le débauché. Toutefois, on ne peut recourir à ce procédé, car il aboutit à exclure ʿAlî et son fils al-Ḥasan de ce groupe des douze, ce qui va à l’encontre de ce qu’ont explicitement énoncé les imams de la Sunna de même que les Chiites.
C’est également contraire à ce que stipule clairement le hadith rapporté par Safînah, dans lequel le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Le califat après moi durera trente ans, puis ce sera un règne tyrannique (3). » Safînah a détaillé ces trente années, en les répartissant entre les califats des quatre [premiers califes]. Nous avons déjà expliqué que le califat d’al-Ḥasan y figure aussi, d’une durée d’environ six mois, avant que la royauté ne revienne à Muʿâwiya après qu’al-Ḥasan ibn ʿAlî lui a cédé son autorité. Ce hadith interdit de qualifier Muʿâwiya de calife et montre que le califat a cessé de se poursuivre continûment après ces trente années, sans que cela interdise pour autant la présence ultérieure de califes bien guidés, comme l’indique le hadith de Jâbir ibn Samurah.
Nuʿaym ibn Ḥammâd a dit : « Râshid ibn Saʿd nous a rapporté, d’après Ibn Lahîʿah, d’après Khâlid ibn Abî ʿImrân, d’après Ḥudhayfah ibn al-Yamân, qui a dit : “Après ʿUthmân, il y aura douze rois issus des Banû Umayyah.” On lui demanda : “Des califes ?” Il répondit : “Non, mais des rois (4).” » De plus, al-Bayhaqî a rapporté, d’après Ḥâtim ibn [Abî Ṣaghîrah], d’après Abû Baḥr, ce qui suit : « Abû l-Jald était voisin… »