Il retourna chez lui, et les Quraysh vinrent alors à sa rencontre en disant : « Ensuite, qu’arrivera-t-il ? » Il répondit : « Ensuite, il y aura le “harj” » (1).
Al-Bayhaqî (2) a dit : « Dans le premier récit, le nombre [des califes] est précisé ; dans le deuxième, on explique le sens de ce nombre ; et dans le troisième, on évoque la survenue du “harj”, c’est-à-dire le meurtre, après eux. Ce nombre s’est effectivement trouvé conforme à la caractéristique mentionnée jusqu’à l’époque du calife al-Walîd ibn Yazîd ibn ‘Abd al-Malik, puis est survenu le “harj” et la grande discorde, conformément à ce qui est rapporté dans ce récit. Ensuite, le pouvoir abbasside a émergé, comme on l’a indiqué dans le chapitre précédent. On ne dépasse ce nombre annoncé que si l’on a délaissé la caractéristique mentionnée ou que l’on inclue parmi eux ceux qui sont venus après le “harj” ainsi décrit. »
Le Prophète (ﷺ) a également dit : « Cette affaire demeurera en Quraysh tant qu’il restera au moins deux personnes dans le peuple » (3). Al-Bayhaqî le rapporte ensuite d’après le hadith de ‘Âsim ibn Muhammad, d’après son père, d’après Ibn ‘Umar, d’après le Prophète (ﷺ)… puis il l’évoqua (4).
Dans le Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî, par la chaîne de transmission remontant à al-Zuhrî, d’après Muhammad ibn Jubayr ibn Muṭ‘im, d’après Mu‘âwiyah ibn Abî Sufyân, celui-ci cita la parole du Messager de Dieu (ﷺ) : « Cette affaire est en Quraysh ; nul n’ose leur porter hostilité sans que Dieu ne le renverse sur son visage, tant qu’ils préservent la religion » (5). Al-Bayhaqî (6) a commenté : « C’est-à-dire qu’ils en maintiennent les repères, même s’ils faiblissent dans l’application personnelle de leurs œuvres. » Puis il a mentionné plusieurs hadiths qui confirment ce qu’il avançait. Dieu est plus Savant.
Quant à la position adoptée par al-Bayhaqî et par d’autres, selon laquelle les douze califes mentionnés dans ce hadith désignent ceux qui se sont succédé jusqu’à l’époque d’al-Walîd ibn Yazîd ibn ‘Abd al-Malik – ce dernier étant un transgresseur sur qui nous avons déjà rapporté des propos de répréhension et de mise en garde –, elle mérite qu’on s’y arrête.
En effet, l’on constate que les califes jusqu’à l’époque d’al-Walîd ibn Yazîd étaient plus de douze, et ce selon tous les calculs possibles. La preuve en est que les quatre califes, Abû Bakr, ‘Umar, ‘Uthmân et ‘Alî, sont validés par le texte du hadith de Safînah : « Le califat après moi durera trente ans » (7). Après eux vint ensuite al-Ḥasan ibn ‘Alî, comme cela se produisit, car ‘Alî l’avait désigné par testament, et les gens d’Irak lui firent allégeance. Il prit alors les armes et eux avec lui pour combattre les gens du Shâm, jusqu’à ce qu’il se réconcilie avec Mu‘âwiyah, comme l’indique le hadith de Abû Bakrah dans le Ṣaḥîḥ.