(1) De nombreux imams ont affirmé qu’il s’agissait d’Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz, puisqu’il est décédé en l’an cent un (de l’Hégire).
Al-Bayhaqî a rapporté : « Al-Hâkim nous a informés, Abû Hâmid Ahmad ibn ‘Alî al-Maqrî nous a informés, Abû ‘Îsâ al-Tirmidhî nous a informés, Ahmad ibn Ibrâhîm nous a informés, ‘Affân ibn Muslim nous a informés, ‘Uthmân ibn ‘Abd al-Hamîd ibn Lâhiq [l’a rapporté] d’après Juwayriyya ibn Asmâ’, d’après Nâfi‘, d’après Ibn ‘Umar, qui a dit : “On nous a transmis que ‘Umar ibn al-Khattâb a dit : ‘L’un de mes descendants aura une marque sur le visage, il gouvernera et remplira la terre de justice.’” D’après Nâfi‘, depuis lui : “Je ne le pense autre que ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz.”» (2)
Nu‘aym ibn Hammâd l’a également rapporté d’après ‘Uthmân ibn ‘Abd al-Hamîd, selon la même chaîne. Il existe à ce sujet d’autres voies de transmission remontant à Ibn ‘Umar, qui disait : « Ah, si je savais qui, parmi la descendance de ‘Umar ibn al-Khattâb, aura une marque sur le visage et remplira la terre de justice ! » (3) On en rapporte également une version similaire de ‘Abd al-Rahmân ibn Harmala, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyib.
Ce récit était déjà répandu avant même que ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz n’accède au pouvoir et avant même sa naissance. On annonçait qu’un homme de Banû Umayya, qu’on nommait “l’Ashajj (l’homme à la marque) des Banû Marwân”, gouvernerait. Sa mère était Arwâ bint ‘Âsim ibn ‘Umar ibn al-Khattâb, et son père, ‘Abd al-‘Azîz ibn Marwân, était le gouverneur d’Égypte pour son frère ‘Abd al-Malik. Il honorait ‘Abd Allâh ibn ‘Umar en lui envoyant dons, présents et cadeaux, qu’il acceptait. Un jour, il lui envoya mille dinars, et il les prit.
Alors que ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz était encore enfant, il entra un jour dans l’écurie de son père et se fit ruer par un cheval qui lui ouvrit le front. Son père essuya le sang en disant : « Si tu es l’Ashajj (l’homme à la marque) des Banû Marwân, alors tu seras bien heureux ! » Les gens disaient : « L’Ashajj et l’“Incomplet” sont les plus justes des Banû Marwân. » L’Ashajj, c’est ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz, et l’“Incomplet” est Yazîd ibn al-Walîd ibn ‘Abd al-Malik, au sujet duquel le poète a dit :
« J’ai vu Yazîd ibn al-Walîd, béni… / Dont l’échine supporte vaillamment le fardeau du califat »
Je dis : ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz ibn Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik régna deux ans et demi, au cours desquels il remplit la terre de justice, et l’abondance fut telle que l’homme peinait à trouver qui recevoir son aumône. Al-Bayhaqî a attribué le hadith susmentionné, rapporté par ‘Adî ibn Hâtim, à l’époque de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz. Toutefois, j’ai sur cette interprétation un avis différent, et Dieu sait mieux.
Al-Bayhaqî a en outre rapporté, selon la chaîne d’Ismâ‘îl ibn Abî Uways : « Abû Ma‘n al-Ansârî m’a rapporté, [en disant] : Usayd nous a rapporté : “Alors que ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz se rendait à La Mecque en traversant un désert, il aperçut un serpent mort. Il dit : ‘Apportez-moi une pioche.’ Ils lui dirent : ‘Cela suffit, qu’Allâh te préserve !’ Il répondit : ‘Non.’ Puis il empoigna le serpent, l’enveloppa dans un linge et l’enterra. Aussitôt, une voix mystérieuse clama : ‘Que la miséricorde de Dieu repose sur toi, ô Surraq !’ ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz demanda : ‘Qui es-tu, qu’Allâh te fasse miséricorde ?’ Il répondit : ‘Je suis l’un des jinns ; quant à celui-ci, c’était Surraq, et il n’…” »