Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

‘Amr ibn Sa‘īd, surnommé « al-Ashdaq », faisait partie des notables et dignitaires musulmans dans ce monde, mais non dans la religion (1). Il aurait vu le Prophète ﷺ et rapporté des traditions de plusieurs Compagnons, dont, dans le Ṣaḥīḥ de Muslim, un hadith d’Othmân au sujet du mérite des ablutions. Il fut gouverneur de Médine sous Muʿâwiya, puis sous son fils Yazîd. Son influence s’amplifia au point qu’il faillit s’opposer à ʿAbd al-Malik ibn Marwân ; celui-ci le trompa ensuite jusqu’à le capturer et le mettre à mort en l’an soixante-neuf ou soixante-dix, Dieu sait mieux. On rapporte de lui de nombreuses actions honorables, dont l’une des plus remarquables : lorsque son père était sur le point de mourir, il s’adressa à ses fils – au nombre de trois : ce même ʿAmr, ainsi que Umayya et Mûsâ – et leur dit : « Qui prendra en charge ce qui m’incombe ? » Son fils ʿAmr s’empressa de répondre : « Moi, ô mon père. Et qu’as-tu ? » Il répondit : « Trente mille dinars. » Le fils répliqua : « Oui. » Puis il ajouta : « Quant à tes sœurs, ne les marie qu’à des hommes convenables, quand bien même elles devraient se nourrir de pain d’orge. » Il dit : « Oui. » Puis : « Quant à mes compagnons, après ma disparition, qu’ils ne manquent pas ma bienveillance. » Il répondit : « Oui. » Le père conclut : « Puisque tu le dis, je le discernais déjà dans l’éclat de ton regard dès ton berceau (3). »

Al-Bayhaqî a rapporté, par la chaîne de transmission d’ʿAbd Allâh ibn Ṣâliḥ – secrétaire de al-Layth –, d’après Ḥarmala ibn ʿImrân, d’après son père, d’après Yazîd ibn Abî Ḥabîb, qui l’entendit relater de Muḥammad ibn Yazîd ibn Abî Ziyâd al-Thaqafî : « Qays ibn Kharasha et Kaʿb cheminèrent ensemble et, lorsqu’ils parvinrent à Ṣiffîn, Kaʿb al-Aḥbâr s’arrêta pour mentionner ce qu’il avait lu dans la Torah concernant le sang qui y serait versé parmi les musulmans. Il raconta aussi que Qays ibn Kharasha avait prêté allégeance au Messager de Dieu ﷺ pour dire la vérité. Puis il dit : “Ô Qays ibn Kharasha ! Il se peut que les jours s’allongent pour toi jusqu’à ce que tu sois sous l’autorité de gens auxquels tu ne pourras dire la vérité.” Qays répondit : “Par Dieu ! Je ne te prêterai allégeance que pour quelque chose que j’accomplirai réellement.” Alors le Messager de Dieu ﷺ dit : “Dans ce cas, aucun mal ne te nuira.” » Qays vécut jusqu’à l’époque de ʿUbayd Allâh ibn Ziyâd ibn Abî Sufyân, qui lui reprocha un acte et le convoqua : « Serais-tu celui qui prétend qu’aucun mal ne te nuira ? » Il répondit : « Oui. » Ibn Ziyâd reprit : « Tu sauras aujourd’hui que tu as menti. Apportez-moi celui qui exécute le châtiment. » Alors Qays pencha la tête et mourut aussitôt (4).

[Un autre miracle]
Al-Bayhaqî a également rapporté, par la voie d’ad-Darâwardî, d’après Thawr ibn Zayd, d’après Mûsâ ibn May­sarah, qu’un homme issu de la famille

(1) C'est ainsi dans l'original, et il se pourrait que le hafiz Ibn Kathir se soit prémuni contre ce qu'a rapporté al-Suhaili dans « al-Rawd al-Anf » (2/277) à propos de ses récits défavorables, et qu'il était appelé « Latim al-Shaytan » (le flagelleur du Diable), et qu'il était un tyran cruel et redoutable. Dans le livre « Thamar al-Qulub fi al-Mudaaf wa al-Mansub » de al-Thaʿlabi (p. 75), « Latim al-Shaytan » est un surnom donné à celui qui a une paralysie faciale (la lakkawa) ou une entropion (la shatar) : « Ô flagelleur du Diable ». Amr ibn Saʿid ibn al-ʿĀṣ était ainsi surnommé. La lakkawa est une maladie du visage, et la shatar désigne un renversement de la paupière. (2) Le hafiz Ibn Hajar a affirmé dans « al-Iṣābah » qu'il n'avait pas connu le Prophète ﷺ, car son père Saʿid avait environ huit ans à la mort du Prophète ﷺ. « Al-Iṣābah » (5/178). (3) « Al-ʿAqd al-Thamīn » de al-Fāsī (6/393). (4) Rapporté par al-Bayhaqī dans « al-Dalāʾil » (6/476) et dans sa chaîne de transmission se trouve Muḥammad ibn Abī Ziyād al-Thaqafī. Le hafiz Ibn Hajar a déclaré que sa condition est inconnue.
وعمرو بن سعيد هذا، يُقال له: الأشدق، كان من سادات المسلمين وأشرافهم في الدُّنيا لا في الدِّين (١) ، رأى النبيّ (٢) ﷺ ، وروى عن جماعة من الصحابة، منهم في صحيح مسلم عن عثمان في فضل الطهور، وكان نائبًا على المدينة لمعاوية ولابنه يزيد من بعده، ثم استفحل أمره حتى كادَ يُصاولُ عبدَ الملك بن مروان، ثم خدعَه عبدُ الملك حتى ظفرَ به فقتلَه في سنة تسع وستين، أو سنة سبعين، فالله أعلم. وقد رُوي عنه من المكارم أشياء كثيرة من أحسنِها أنَّه لمَّا حضرتْ أباه الوفاة قال لبنيه، وكانوا ثلاثة، عمرو هذا، وأُمَيَّة، وموسى، فقال لهم: من يتحمَّل ما عليَّ؟ فبدرَ ابنه عمرو هذا وقال: أنا يا أبة، وما عليكَ؟ قال: ثلاثون ألفَ دينار، قال: نعم، قال: وأخواتك لا تُزوجْهنَّ إلا بالأكفاء ولو أكلنَ خبزَ الشعير، قال: نعم، قال: وأصحابي مِن بعدي، إن فقدوا وجهي فلا يفقدوا مَعروفي، قال: نعم، قال: أما لئن قلتَ ذلك، فلقد كنتُ أعرفه من حَماليقِ وجهكَ وأنتَ في مَهْدكَ (٣) . وقد ذكرَ البيهقيُّ: من طريق عبد الله بن صالح - كاتب الليث - عن حرملةَ بن عمران، عن أبيه، عن يزيدَ بن أبي حبيب؛ أنَّه سمعَه يُحدِّث عن محمد بن يزيد بن أبي زياد الثقفيِّ، قال: اصطحبَ قيسُ بن خَرَشَة وكعبٌ حتى إذا بلغا صِفِّينَ، وقفَ كعبُ الأحبار، فذكرَ كلامَه فيما يقعُ هناك من سفك دماءِ المسلمين، وأنَّه يجدُ ذلك في التوراة، وذكرَ عن قيس بن خرشةَ أنه بايع رسول الله ﷺ على أن يقولَ الحق، وقال: يا قيس بن خرشةَ! عسى أن يمُدَّ لكَ الدَّهرُ حتى يليكَ بعدي من لا تستطيعُ أن تقولَ بالحقِّ معهم. فقال: والله لا أبايعُكَ على شيءِ إلا وَفَّيْتُ لك به، فقال رسول الله ﷺ : "إذًا لا يضرُّك بشر" فبلغَ قيسٌ إلى أيام عُبيد الله بن زياد بن أبي سفيان، فنقمَ عليه عبيد الله في شيء فأحضرَه فقال: أنتَ الذي زعمَ أنه لا يضرّك بشرٍّ؟ قال: نعم، قال: لتعلمنَّ اليوم أنك قد كذبتَ، ائتوني بصاحب العذاب، قال: فمالَ قيس عند ذلك فماتَ (٤) . [معجزة أخرى] روى البيهقي: من طريق الدراوردي، عن ثور بن زيد، عن مُوسى بن مَيْسرةَ؛ أنَّ بعضَ بني
(١) كذا في الأصل، ولعل الحافظ ابن كثير احترزَ بهذا عمَّا ذكرَه السُّهيلي في الروض الأنف (٢/ ٢٧٧) من أخباره المذمومة، وأنه كان يُسمَّى لطيمَ الشيطان، وكان جبَّارًا شديدَ البأس .. وفي كتاب ثمار القلوب في المضاف والمنسوب، للثعالبي (ص ٧٥) لطيم الشيطان: يُقال لمن به لقوة أو شتر: يا لطيم الشيطان، وكان عمرو بن سعيد بن العاص يُلَقَّبُ بذلك. واللقوة: داء في الوجه، والشَّتَر: انقلاب في جفن العين. (٢) جزمَ الحافظ ابن حجر في الإصابة أنه لم يرَ النبي ﷺ ، لأن أباه سعيدًا كان له من العمر ثماني سنين أو نحوها عند وفاة النبي ﷺ . الإصابة (٥/ ١٧٨). (٣) العقد الثمين؛ للفاسي (٦/ ٣٩٣). (٤) رواه البيهقي في الدلائل (٦/ ٤٧٦) وفي سنده محمد بن أبي زياد الثقفي، قال الحافظ ابن حجر: مجهول الحال.

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