Après la mort de Yazid, on prêta serment d’allégeance à son fils, Muʿawiya ibn Yazid, qui était un homme pieux. Cependant, son mandat ne dura pas longtemps : il régna quarante jours – selon certains, vingt jours – avant de mourir (qu’Allah lui fasse miséricorde). Par la suite, Marwān ibn al-Ḥakam s’empara du pouvoir en Syrie et s’y installa. Il y resta neuf mois, puis il mourut. Son fils ʿAbd al-Malik lui succéda alors. Ce dernier fut contesté par ʿAmr ibn Saʿīd al-Ashdaq, qui gouvernait Médine depuis l’époque de Muʿawiya, puis de Yazid et de Marwān. Quand Marwān décéda, ʿAmr prétendit qu’il l’avait désigné pour lui succéder après la mort de son fils ʿAbd al-Malik. ʿAbd al-Malik s’en trouva grandement embarrassé (1) et n’eut de cesse de le poursuivre après que son pouvoir s’était affermi (2) à Damas, jusqu’à ce qu’il s’en empare et le fasse exécuter en l’an 69. Certains situent toutefois l’événement en l’an 70.
Le règne d’ʿAbd al-Malik se poursuivit jusqu’à ce qu’il vînt à bout d’Ibn al-Zubayr en l’an 73, lorsque ce dernier fut tué à La Mecque par al-Ḥajjāj ibn Yūsuf al-Thaqafī, agissant sur son ordre. Cela survint à l’issue d’un long siège qui contraignit al-Ḥajjāj à installer la mangonneau contre la Kaʿba, car Ibn al-Zubayr s’était retranché dans l’enceinte sacrée. Il assiégea Ibn al-Zubayr jusqu’à sa mort. Ensuite, ʿAbd al-Malik légua l’autorité à ses quatre fils après lui : al-Walīd, puis Sulaymān, puis Yazid, puis Hishām ibn ʿAbd al-Malik.
L’imam Aḥmad a rapporté : « Nous ont relaté Aswad et Yaḥyā ibn Abī Bakr. Ils nous ont dit : Kāmil Abū l-ʿAlāʾ nous a rapporté avoir entendu Abū Ṣāliḥ – le muʾaddhin affranchi de Ḍubāʿa, nommé Mīnā – dire : “J’ai entendu Abū Hurayra affirmer que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : ‘Cherchez refuge auprès d’Allah contre l’An 70 et contre l’autorité des enfants.’” Et il dit encore : ‘Le monde ne disparaîtra pas avant de revenir à Lukaʿ ibn Lukaʿ’ (3) (4). » Aswad explique : « Lukaʿ désigne le vil (lāʾīm) fils du vil. »
At-Tirmidhī a transmis, d’après Abū Kāmil, selon Abū Ṣāliḥ, d’après Abū Hurayra, qu’il entendit le Messager d’Allah (ﷺ) dire : « La durée de vie de ma communauté se situe entre soixante et soixante-dix ans » (5). Puis at-Tirmidhī ajouta : c’est un ḥadīth ḥasan gharīb (6).
L’imam Aḥmad a également rapporté, par l’intermédiaire de ʿAffān et ʿAbd aṣ-Ṣamad, de Ḥammād ibn Salama, d’après ʿAlī ibn Zayd, qui le tenait de quelqu’un ayant entendu Abū Hurayra dire : « J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) annoncer : “Un tyran (jabbār) de la lignée des Umayyades vociférera –” ou, selon la recension d’ʿAbd aṣ-Ṣamad : “saignera du nez” – “depuis ma chaire (minbar).” » ʿAbd aṣ-Ṣamad précise : « Jusqu’à ce que coule son sang. » Il dit : « Celui qui m’a relaté cela a vu ʿAmr ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣ saigner du nez sur la chaire du Prophète (ﷺ) jusqu’à ce que son sang se répande. »
J’ajoute : la transmission de ʿAlī ibn Zayd ibn Judʿān se caractérise parfois par des éléments rares ou contestables, et il y manifeste une tendance chiite (tashayyuʿ). »