Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’intention ici est que le combat contre les Turcs eut lieu à la fin de l’ère des Compagnons. Ils combattirent le grand khan (1) et le mirent en déroute de manière décisive, selon ce que nous exposerons en temps voulu, lorsque nous y parviendrons, par la grâce, la puissance et la bonne direction de Dieu (2).

Récit de ‘Abd Allah ibn Salām

L’imam Aḥmad a rapporté : « Ishāq ibn Yūsuf al-Azraq nous a transmis, d’après Ibn ‘Awn, d’après Muḥammad – c’est-à-dire Ibn Sīrīn – d’après Qays ibn ‘Ubad, lequel déclara : “J’étais dans la mosquée lorsqu’un homme au visage marqué par l’humilité entra. Il accomplit deux rak‘āt de prière en les écourtant. Alors les gens dirent : ‘Voilà un homme des gens du Paradis.’ Lorsque cet homme sortit, je le suivis jusqu’à ce qu’il rentre chez lui. J’entrai avec lui et discutai, puis lorsque nous fûmes plus à l’aise, je lui dis : ‘À vrai dire, lorsque tu es entré [dans (3)] la mosquée, les gens ont dit ceci et cela (en te qualifiant d’homme du Paradis).’ Il répondit : ‘Gloire à Dieu ! Personne ne devrait affirmer ce qu’il ignore. Je vais te raconter : j’ai fait un rêve à l’époque du Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa prière et Son salut), que je lui ai relaté. J’ai rêvé que je me trouvais dans un jardin verdoyant (Ibn ‘Awn précisa : il décrivit sa luxuriance et son étendue). Au milieu se dressait une colonne de fer, dont la base était plantée dans la terre et le sommet atteignait le ciel. Il y avait, à son extrémité supérieure, une anse. On me dit : ‘Monte !’ Je répondis : ‘Je ne peux pas.’ Alors un serviteur (4) vint me soulever le vêtement par-derrière en disant : ‘Monte !’ Et je montai jusqu’à saisir cette anse. Il me dit alors : ‘Tiens-toi bien à l’anse !’ Je me réveillai et elle était encore dans ma main. Je me rendis ensuite chez le Prophète (que Dieu lui accorde Sa prière et Son salut) et lui racontai mon rêve. Il me dit : ‘Quant au jardin verdoyant, c’est le Jardin de l’islam ; quant à la colonne, c’est le pilier de l’islam ; quant à l’anse, c’est l’anse ferme (al-‘urwa al-wuthqā). Tu demeureras dans l’islam jusqu’à ta mort (5).’” C’est lui : ‘Abd Allah ibn Salām. »

Al-Bukhārī l’a également rapporté via Ibn ‘Awn (6).

Puis l’imam Aḥmad (7) l’a également transmis par la voie de Ḥammād ibn Salama, d’après ‘Āṣim ibn Bahdala, d’après al-Musayyib ibn Rāfi‘, d’après Khurasha ibn al-Ḥurr, d’après ‘Abd Allah ibn Salām, qui en donne une version plus longue, où il affirme : « … jusqu’à ce que j’atteigne une montagne escarpée. Il me saisit la main et me projeta au-dessus, si bien que je me retrouvai à son sommet. Je ne tenais plus en équilibre et ne pouvais pas me maintenir, puis je vis une colonne de fer au sommet de laquelle se trouvait un anneau en or. Il me saisit alors la main et me propulsa jusqu’à ce que je tienne fermement l’anse… », avant de mentionner la suite du récit.

(1) Al-Qān al-Aʿẓam : la khān. (2) Ce chapitre est absent de la copie al-Ahmadiyya. (3) Addition provenant du Musnad et de al-Bukhārī. (4) Dans le Musnad : « fajā’ani minṣaf ». Al-minṣaf : le serviteur. Ibn ʿAwn l’a interprété par « al-waṣīf » (le domestique). (5) Rapporté par Aḥmad dans le Musnad (5/452) et al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ, n° (3813) dans les mérites des Ansār. (6) Rapporté par Aḥmad dans le Musnad (5/452) et al-Bukhārī n° (3813). La « dhurwah » : le sommet. « Ittaqārr » : plus stable. « Zajjala bī » : il m’a frappé et repoussé. (7) Dans son Musnad (5/452-453) et sa chaîne de transmission est bonne.
والمقصودُ أنَّ قتالَ الترك وقع في آخرِ أيام الصحابة، قاتلوا القان الأعظم (١) ، فكسروه كسرةً عظيمةً على ما سنُورده في موضعه إذا انتهينا [إليه] بحول الله وقُوَّته، وحسن توفيقه (٢) . خبرُ عبدِ الله بن سَلَام قال الإمام أحمد: حدَّثنا إسحاق بن يوسف الأزرق، حدَّثنا ابن عون، عن محمد - هو ابن سيرين - عن قيس بن عُبَاد، قال: كنتُ في المسجد فجاءَ رجلٌ في وجههِ أثرُ خُشوعٍ، فدخلَ فصلَّى ركعتين فأوجزَ فيهما، فقال القومُ: هذا رجلٌ من أهل الجنَّةِ، فلمَّا خرجَ اتَّبعْتُه حتى دخلَ منزلَه، فدخلتُ معه فحدَّثتُه، فلما استأنسَ، قلت له: إنَّ القومَ لما دخلتَ [قبَل] (٣) المسجدِ قالُوا كذا وكذا، قال: سبحان الله! والله ما ينبغي لأحدٍ أن يقولَ ما لا يعلم، وسأُحَدِّثُكَ أنِّي رأيتُ رؤيا على عهدِ رسولِ الله ﷺ فَقَصَصْتُها عليه، رأيت كأني في روضةٍ خضراءَ - قال ابنُ عَوْن: فذكر من خُضْرتِها وسَعَتِها - وَسْطها عمودُ حديدٍ أسفلُه في الأرض وأعلاه في السَّماءِ، في أعلاهُ عُروةٌ، فقيل لي: اصعدْ عليه، فقلتُ: لا أستطيعُ، فجاءَ بنَصِيف (٤) - قال ابن عون: هو الوصيفُ - فرفعَ ثيابي من خَلْفِي فقال: اصعدْ عليه، فَصَعِدْتُ حتى أخذتُ بالعُروة، فقال: استمسكْ بالعُروةِ، فاستيقظتُ وإنَّها لفي يدي، قال: فأتيتُ النبي ﷺ فقَصصتُها عليه، فقال: "أما الروضةُ فروضةُ الإسلام، وأمَّا العمودُ فعمودُ الإسلام، وأما العروةُ فهي العروةُ الوثقى، أنتَ على الإسلام [حتَّى، تموتَ] (٥) قال: وهو عبد الله بن سلام. ورواه البخاريُّ من حديث ابن عونٍ (٦) . ثم قد رواه الإمامُ أحمدُ (٧) : من حديث حمَّاد بن سلمةَ، عن عاصم بن بهدلةَ، عن المُسَيِّب بن رافع، عن خرشةَ بن الحر، عن عبد الله بن سلام، فذكرَه مُطوَّلًا، وفيه قال: حتى انتهيت إلى جبل زَلق، فأخذ بيدي وزجلِ بي، فإذا أنا على ذروته، فلم أتقارَّ ولم أتماسك، فإذا عمودٌ من حديدٍ في ذروته حَلَقةُ ذَهَبٍ، فأخذ بيدي فزجلَ بي حتَّى أخذتُ بالعروة … وذكرَ تمامَ الحديث.
(١) القان الأعظم: الخان. (٢) هذا الفصل سقط من نسخة الأحمدية. (٣) زيادة من المسند والبخاري. (٤) في المسند: فجاءني مِنصَفٌ. والمِنْصَفُ: الخادم. وفسَّره ابن عون بالوصيف. (٥) رواه أحمد في المسند (٥/ ٤٥٢) والبخاري في صحيحه رقم (٣٨١٣) في مناقب الأنصار. (٦) رواه أحمد في المسند (٥/ ٤٥٢) والبخاري رقم (٣٨١٣). والذروة: القمة. وأتقارّ: أثبت. وزجل بي: رماني ودفع بي. (٧) في مسنده (٥/ ٤٥٢ - ٤٥٣) وإسناده حسن.

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