Ensuite, al-Bayhaqî déclara : « Al-Ḥākim nous a rapporté, al-Aṣamm nous a rapporté, Aḥmad ibn ʿAbd al-Jabbār nous a raconté, Abū Muʿāwiya le tenait d’al-Aʿmash, celui-ci d’Ismāʿīl ibn Rajāʾ, de son père, d’Abū Saʿīd al-Khudrī, qui a dit : “J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : ‘Certains d’entre vous combattront pour l’interprétation du Coran, comme j’ai combattu pour sa révélation.’ Abū Bakr s’exclama : ‘Est-ce moi, ô Messager de Dieu ?’ Il répondit : ‘Non.’ ʿUmar reprit : ‘Est-ce moi, ô Messager de Dieu ?’ Il répondit : ‘Non, mais c’est celui qui répare la sandale’ — c’est-à-dire ʿAlî.” (1)
Yaʿqūb ibn Sufyān raconta, par l’intermédiaire de ʿUbaydullāh ibn Muʿādh, le tenant de son père, d’ʿImrān ibn Jarīr, de Lāḥiq : « Ceux qui se révoltèrent contre ʿAlî à Nahrawān étaient au nombre de quatre mille, revêtus de leurs armures. Les musulmans livrèrent bataille et les tuèrent, n’ayant à déplorer que neuf victimes parmi eux. Et si tu le souhaites, va voir Abū Barza, car il en témoignera. »
J’ai dit : Les récits relatifs au combat contre les kharijites nous parviennent de manière récurrente (mutawātir) de la part du Messager de Dieu (ﷺ), car ils proviennent de voies qui, aux yeux des grands spécialistes, procurent la certitude. Il est d’ailleurs établi de façon évidente auprès de tous les savants qu’ils furent effectivement combattus à l’époque de ʿAlî. Quant aux circonstances de leur soulèvement, à ses raisons et à la discussion qu’ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās eut avec eux, puis au retour d’un grand nombre d’entre eux [dans le camp de ʿAlî], nous en donnerons une explication détaillée au moment opportun, si Dieu le veut.
L’annonce du Prophète (ﷺ) concernant le meurtre d’ʿAlî ibn Abī Ṭālib, qui s’avéra telle qu’il l’avait prédite.
L’imam Aḥmad (2) a dit : « ʿAlî ibn Baḥr nous a rapporté, ʿĪsā ibn Yūnus nous a rapporté, Muḥammad ibn Isḥāq nous a rapporté, [qui] tient de Yazīd ibn Muḥammad ibn Khuthaym al-Muhāribī, de Muḥammad ibn Kaʿb [al-Quraẓī, de Muḥammad ibn Khuthaym], d’ʿAmmār ibn Yāsir, lequel a dit : Le Messager de Dieu (ﷺ) dit à ʿAlî — lorsqu’il l’envoya lors de la bataille d’al-ʿUsh’ayra : “Ô Abū Turāb ! (car il remarqua de la poussière sur lui). Ne veux-tu pas que je t’informe des deux hommes les plus malheureux ?” Nous répondîmes : “Certes, ô Messager de Dieu !” Il dit : “Le rouquin de Thamūd qui tua la chamelle, et celui qui te portera un coup ici — il désigna son crâne — jusqu’à ce que ceci — indiquant sa barbe — soit teinté [de sang].” »
Al-Bayhaqî (3) rapporta, par l’intermédiaire d’al-Ḥākim, d’al-Aṣamm, d’al-Ḥasan ibn Makram, d’Abū al-Naḍr, de Muḥammad ibn Rāshid, d’ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿAqīl, de Faḍāla ibn Abī Faḍāla al-Anṣārī — dont le père était de ceux qui participèrent à Badr — qui a dit : « Je sortis avec mon père pour rendre visite à ʿAlî ibn Abī Ṭālib, alors qu’il était atteint d’une maladie qui s’aggravait. Mon père lui dit : “Pourquoi demeures-tu ainsi dans ta demeure ? Si ton heure venait ici, personne ne se trouverait auprès de toi si ce n’est quelques bédouins de Juhayna, et ce n’est qu’ensuite que tu serais transporté jusqu’à Médine ! Si ton heure arrivait, tes compagnons te veilleraient et prieraient sur toi.” ʿAlî répondit : “Le Messager de Dieu (ﷺ) m’a confié que je ne mourrais pas avant que celle-ci ne fût teinte.””