Ils (les deux arbitres) ne furent nommés que pour réconcilier les gens et parvenir à un accord qui fût clément envers les musulmans et préservât leur sang. C’est bien ce qui advint, et il n’y eut, à cause d’eux, que la secte des Khâridjites qui s’égara, car ils refusèrent que ces deux émir(e)s fussent désignés comme arbitres ; ils se rebellèrent contre eux et les déclarèrent mécréants. Finalement, ‘Alî ibn Abî Tâlib les combattit, et Ibn ‘Abbâs les réfuta dans une controverse ; une petite troupe d’entre eux revint alors à la vérité, mais le reste persista, jusqu’à ce que la plupart fussent tués à Nahrawân et en d’autres occasions, choses réprouvables qu’on leur impute, comme nous le mentionnerons.
Mention de l’annonce – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui – de la sortie des Khâridjites et du signe qui les distinguerait : l’homme “al-mukhaddaj” doté d’un bras semblable à un sein ; on découvrit ce fait sous le califat de ‘Alî ibn Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée.
Al-Bukhârî a rapporté : « Abû al-Yamân nous a dit : “Shu‘ayb nous a transmis le récit d’après az-Zuhrî, qui m’informa de la parole d’Abû Salama ibn ‘Abd ar-Rahmân, lui-même rapportant qu’Abû Sa‘îd al-Khudrî a dit :
“Alors que nous étions auprès du Messager d’Allah – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui – et qu’il distribuait (un butin), Dhû al-Khuwaysira, un homme de Banû Tamîm, l’aborda en disant : ‘Ô Messager d’Allah ! Sois équitable !’. Le Prophète répondit : ‘Malheur à toi, et qui serait équitable si je ne le suis pas ? Vraiment, si je ne suis pas équitable, je serai perdant et condamné !’. Alors ‘Umar s’exclama : ‘Ô Messager d’Allah ! Permets-moi de lui trancher la tête !’, mais il répondit : ‘Laisse-le, car il a des compagnons : l’un de vous méprisera sa propre prière en la comparant à la leur, et son propre jeûne en le comparant au leur. Ils récitent le Coran, mais celui-ci ne dépasse pas leurs clavicules. Ils sortiront de la religion aussi vite que la flèche traverse sa cible : on regarde sa pointe et on n’y trouve rien, puis on regarde sa hampe et on n’y trouve rien, puis on regarde son fût – qui est la tige – et on n’y trouve rien, puis on regarde ses plumes et on n’y trouve rien, car elle aura devancé les restes de chair et le sang. Le signe qui les distinguera sera un homme à la peau sombre, dont un avant-bras est semblable au sein d’une femme, ou à un morceau de chair qui ballotte. Ils se manifesteront à un moment de division parmi les gens.”’
Abû Sa‘îd continue : ‘Je témoigne avoir entendu ce hadith du Messager d’Allah – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui – et je témoigne que ‘Alî ibn Abî Tâlib les a combattus et que j’étais avec lui. Il fit rechercher cet homme, et on le lui amena ; je l’ai alors regardé, et il correspondait à la description qu’en avait faite le Messager d’Allah – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui –.’”
Ce hadith se trouve également, selon la version de Muslim, transmis par Abû Salama, d’après Abû Sa‘îd (3). Al-Bukhârî en a aussi rapporté une autre voie par l’intermédiaire d’al-Awzâ‘î, selon az-Zuhrî, d’après Abû Salama et ad-Dahhâk, rapportant d’Abû Sa‘îd (4).