(24) Et il dit : « En vérité, vous n’avez pris, en dehors de Dieu, que des idoles, comme lien d’affection entre vous dans la vie présente. Puis, au Jour de la Résurrection, les uns renieront les autres et les uns maudiront les autres. Votre refuge sera alors le Feu, et vous n’aurez point de secoureurs. »
(25) « Or Loth crut en lui, et il dit : “Je vais émigrer vers mon Seigneur ; c’est Lui, vraiment, le Tout-Puissant, le Sage.” »
(26) « Et Nous lui avons accordé Isaac et Jacob, et avons établi parmi sa descendance la prophétie et l’Écriture. Nous lui avons donné sa récompense en ce monde, et il sera, dans l’au-delà, du nombre des justes. » [Al-‘Ankabût : 24-27]
Ensuite, Dieu – qu’Il soit exalté – mentionna le débat qu’il eut avec son père et son peuple, comme nous le relaterons, si Dieu le veut. La première personne à qui le Prophète s’adressa fut son père, lequel adorait les idoles, car il était le plus digne de recevoir de lui un conseil sincère. À ce propos, Dieu – qu’Il soit exalté – a dit :
« (41) Et rappelle, dans le Livre, Abraham : il était un grand véridique et un prophète.
(42) Lorsqu’il dit à son père : “Ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend pas et ne voit pas, et ne te profite en rien ?
(43) Ô mon père, il m’est parvenu de la science ce qui ne t’est pas parvenu. Suis-moi, je te guiderai vers une voie droite.
(44) Ô mon père, n’adore pas le Diable, car le Diable a toujours été rebelle envers le Tout-Miséricordieux.
(45) Ô mon père, je crains qu’un châtiment venant du Tout-Miséricordieux ne te saisisse et que tu ne deviennes un allié du Diable.”
(46) Il dit : “Rejettes-tu mes divinités, Abraham ? Si tu ne cesses pas, je te lapiderai. Éloigne-toi de moi pour longtemps.”
(47) Abraham répondit : “Paix sur toi ! Je demanderai pardon pour toi à mon Seigneur, car Il est, en vérité, très Bienveillant à mon égard.
(48) Et je me séparerai de vous et de ce que vous invoquez en dehors de Dieu. J’invoquerai mon Seigneur ; peut-être ne serai-je pas malheureux en invoquant mon Seigneur.” » [Maryam : 41-48]
Dieu – qu’Il soit exalté – rappela ainsi le dialogue qui eut lieu entre lui et son père, comment Abraham l’appela à la Vérité avec la formulation la plus douce et l’argument le plus pertinent, tout en démontrant clairement la vanité (1) de ces idoles qui n’entendent (2) pas l’appel de leurs adorateurs et ne voient pas où ils sont, et ne peuvent donc ni leur être utiles ni leur procurer le moindre bien, ni en subsistance ni en secours. Puis, Il souligna (3) la guidance et la science bénéfique qu’Abraham reçut de Dieu, bien qu’il fût plus jeune que son père :
« Ô mon père, il m’est parvenu de la science ce qui ne t’est pas parvenu. Suis-moi donc : je te guiderai vers une voie droite. » [Maryam : 43]
C’est-à-dire une voie rectiligne, claire, aisée, exempte de tout détour (4), menant au bien dans ta vie d’ici-bas et dans l’au-delà. Mais dès qu’il offrit cet éclairage et présenta ce bon conseil, son père ne l’accepta pas et ne s’y conforma pas ; au contraire, il le menaça et l’intimida en disant :
« Rejettes-tu mes divinités, Abraham ? Si tu ne cesses pas, je te lapiderai. » [Maryam : 46]
Certains ont dit qu’il parlait ici d’une simple menace verbale, d’autres y ont vu une menace d’acte violent. « Éloigne-toi de moi pour longtemps » [Maryam : 46], c’est-à-dire : coupe tout lien avec moi et prolonge ton éloignement. C’est alors qu’Abraham répondit : « Paix sur toi ! » autrement dit, tu ne recevras de ma part ni mal ni tort, tu es en sécurité vis-à-vis de moi. Mieux encore, il formula à son égard une parole bienveillante : « Je demanderai pardon à mon Seigneur pour toi, car Il a été envers moi très Clément », ce que, selon Ibn ‘Abbâs et d’autres, signifie : “Doux et Attentionné”, dans la mesure où Il m’a guidé à L’adorer et à L’adorer seul.
C’est pourquoi il déclara : « Et je me séparerai de vous et de ce que vous invoquez en dehors de Dieu. J’invoquerai mon Seigneur ; peut-être ne serai-je pas malheureux en invoquant mon Seigneur. » [Maryam : 48]
Ibrahim (que la paix soit sur lui) demanda bien pardon à son père, comme il l’avait promis dans ses prières, mais lorsqu’il devint évident pour lui que son père était un ennemi de Dieu, il s’en désavoua, ainsi que Dieu – qu’Il soit exalté – l’a dit :
« Et la demande de pardon qu’Abraham adressa pour son père ne fut que l’effet d’une promesse qu’il lui avait faite ; et lorsque la vérité lui apparut clairement, à savoir qu’il était un ennemi de Dieu, il s’en déclara innocent. Abraham était vraiment plein de compassion et très indulgent. » [At-Tawbah : 114]