L’hafiz al-Bayhaqî l’a rapporté également par une autre chaîne : « Abû Bakr – Aḥmad ibn al-Ḥasan al-Qâḍî – nous informa, Abû ʿAmr ibn Maṭar nous relata, Abû al-ʿAbbâs ʿAbd Allâh ibn Muḥammad ibn Sawâr al-Hâshimî al-Kûfî nous informa, Minjâb ibn al-Ḥârith nous raconta, ʿAbd Allâh ibn al-Ajlaḥ nous narra, mon père me transmit de Yazîd al-Faqîr, de son père, qui déclara : ”J’ai entendu al-Mufaḍḍal ibn Faḍâlah raconter à mon père, d’après Abû Ḥarb ibn Abî al-Aswad al-Duʾalî, de son père – leurs deux récits se mêlant –, lequel raconta : Lorsque ʿAlî et ses compagnons s’approchèrent de Ṭalḥah et al-Zubayr, et que les rangs se trouvèrent proches, ʿAlî s’avança, montant la mule du Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix), puis il appela : Faites-moi venir al-Zubayr ibn al-ʿAwwâm, c’est moi ʿAlî. Al-Zubayr fut donc appelé et s’avança jusqu’à ce que leurs montures se rejoignissent.”
Alors ʿAlî dit : ”Ô Zubayr, je t’adjure par Dieu, te souviens-tu du jour où le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) te rencontra à tel endroit ? Il te dit : ‘Ô Zubayr, aimes-tu ʿAlî ?’ Et tu avais répondu : ‘Comment ne l’aimerais-je pas, alors qu’il est le fils de mon oncle maternel, le fils de mon cousin, et qu’il est sur ma religion ?’ Puis il s’adressa à moi : ‘Ô ʿAlî, l’aimes-tu ?’ J’avais alors répondu : ‘Ô Messager de Dieu, comment ne l’aimerais-je pas, alors qu’il est le fils de ma tante paternelle et qu’il est sur ma religion ?’ Et le Prophète dit ensuite : ‘Ô Zubayr, par Dieu, tu le combattras un jour tout en étant injuste envers lui !’”
Al-Zubayr reprit : ”Effectivement, par Dieu, j’avais oublié cette parole depuis que je l’avais entendue du Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix), mais je m’en souviens maintenant. Par Dieu, je ne te combattrai pas.” Il repartit alors sur sa monture, traversant les rangs ; son fils, ʿAbd Allâh ibn al-Zubayr, l’arrêta et demanda : ”Que t’arrive-t-il ?” Il répondit : ”ʿAlî vient de me rappeler un hadith que j’avais entendu du Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) : ‘Tu le combattras tout en étant injuste envers lui’, alors je ne le combattrai pas.”
Le fils ajouta : ”Si tu es venu, c’est pour combattre, non ? plutôt réconcilie les gens entre eux. Dieu arrangera l’affaire.” Al-Zubayr dit : ”J’ai déjà fait le serment de ne pas le combattre.” Son fils lui suggéra : ”Affranchis ton esclave Jirjis et reste sur place jusqu’à ce que tu réconcilies les gens.” Il affranchit alors son esclave et demeura là, mais lorsque la situation s’envenima, il s’en alla sur son cheval. (1)
Al-Bayhaqî dit encore : ”Abû ʿAbd Allâh al-Ḥâfiẓ nous informa, l’imam Abû al-Walîd nous raconta, al-Ḥasan ibn Sufyân nous transmit, Qaṭan ibn Bashîr nous narra, Jaʿfar ibn Sulaymân nous rapporta, ʿAbd Allâh ibn Muḥammad al-Raqâshî nous raconta, mon grand-père – ʿAbd al-Malik ibn Muslim – me transmit, d’après Abû Jarw al-Mâzinî, qui dit : ‘J’ai entendu ʿAlî et al-Zubayr, tandis que ʿAlî s’adressait à lui : Je t’adjure par Dieu, ô Zubayr, n’as-tu pas entendu le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) dire : En vérité, tu me combattras et tu seras injuste envers moi ? Il répondit : Oui, mais je l’avais oublié. (4)’ Ceci est un hadith rare, tout comme la chaîne de transmission précédente.”
Al-Bayhaqî rapporte également par la voie de al-Hudhayl ibn Bilâl – dont la fiabilité est faible – d’après ʿAbd al-Raḥmân ibn Masʿûd al-ʿAbdî, d’après