Al-Bayhaqî a dit : « ‘Abd Allâh al-Ḥâfiẓ nous a informés ; Abû Bakr Muḥammad ibn ‘Abd Allâh al-Junayd nous a rapporté ; Aḥmad ibn Naṣr nous a rapporté ; Abû Nuʿaym al-Faḍl ibn Dukayn nous a rapporté ; ʿAbd al-Jabbâr ibn al-Ward, d’après ʿAmmâr al-Duhnî, d’après Sâlim ibn Abî l-Jaʿd, d’après Umm Salama (qu’Allah l’agrée), a dit :
“Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) mentionna la sortie de certaines de ses épouses, Mères des Croyants. ʿÂʾisha se mit alors à rire. Il lui dit : ‘Prends garde, ô Ḥumayrâʾ, que ce ne soit pas toi !’ Puis il se tourna vers ʿAlî et déclara : ‘Ô ʿAlî, si tu es chargé de son affaire un jour, agis avec indulgence envers elle.’” Voilà un ḥadith tout à fait singulier (1).
Plus étrange encore est ce qu’a également rapporté al-Bayhaqî, d’après al-Ḥâkim, d’après al-Aṣamm, d’après Muḥammad ibn Isḥâq al-Ṣanʿânî, d’après Abû Nuʿaym, d’après ʿAbd al-Jabbâr ibn al-ʿAbbâs al-Shabâmî, d’après ʿAṭâʾ ibn al-Sâʾib, d’après ʿUmar ibn al-Hujannaʿ, d’après Abû Bakra (qu’Allah l’agrée), qui raconta : “On lui demanda : ‘Qu’est-ce qui t’a empêché de combattre pour te défendre le jour du Chameau ?’ Il répondit : ‘J’ai entendu le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dire : “Il surgira un groupe voué à la perdition, qui ne réussira point, et dont le chef sera une femme ; son chef sera au Paradis.”’ (2) Il s’agit là d’un propos très contestable.
La version fiable qui est conservée (al-maḥfûẓ) est celle rapportée par al-Bukhârî, sur la base du hadith d’al-Ḥasan al-Baṣrî, d’après Abû Bakra (qu’Allah l’agrée). Celui-ci dit : “Dieu m’a protégé au moyen d’une parole entendue de la bouche du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). On lui apprit que les Perses avaient intronisé la femme de Kisrâ, et il déclara : ‘Un peuple qui confie ses affaires à une femme ne prospérera jamais.’” (3)
L’imam Aḥmad, quant à lui, a dit : “Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté ; Shuʿbah nous a rapporté, d’après al-Ḥakam : ‘J’ai entendu Abû Wâʾil dire : Lorsque ʿAlî envoya ʿAmmâr et al-Ḥasan à al-Kûfa pour appeler ses habitants à le soutenir, ʿAmmâr prononça un prône où il dit : ‘Je sais qu’elle (ʿÂʾisha) est son épouse dans ce bas-monde et dans l’au-delà, mais Dieu vous éprouve pour savoir si vous le suivrez, lui, ou si vous la suivrez, elle.’” (4) Al-Bukhârî le rapporte également, selon Bundâr, d’après Ghundar (5).
Tous ces événements eurent lieu durant les journées du Chameau (al-Jamal). Plus tard, ʿÂʾisha (qu’Allah l’agrée) regretta d’être sortie pour ce combat, comme nous le rapporterons en son contexte, et al-Zubayr ibn al-ʿAwwâm (qu’Allah l’agrée) regretta également : alors qu’il se tenait sur le champ de bataille, il se rappela que son implication, en cette circonstance, n’était pas correcte, et il se retira.
ʿAbd al-Razzâq a dit : “Maʿmar nous a rapporté, d’après Qatâda, que lorsque al-Zubayr se retira le jour du Chameau, la nouvelle parvint à ʿAlî, qui déclara : ‘S’il avait conscience d’être dans le vrai, il ne se serait pas retiré.’ En effet, le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) les avait rencontrés tous deux dans la saqîfa de Banî Sâʿida et avait dit au Zubayr : ‘L’aimes-tu ?’ Il répondit : ‘Qu’est-ce qui m’en empêcherait ?’ Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) poursuivit : ‘Qu’en sera-t-il donc lorsque tu le combattras alors que c’est toi qui seras injuste envers lui ?’ On pense que c’est pour cette raison qu’il se retira.” Voilà un récit mursal par cette chaîne de transmission (6).