As‐Sanʿânî rapporte : « Yazîd ibn Muʿâwiya nous envoya combattre Ibn az‐Zubayr. Lorsque j’arrivai à Médine, j’entrai chez untel – Ziyâd en a oublié le nom – qui me dit : “Les gens ont fait ce qu’ils ont fait ; qu’en penses‐tu ?” Il répondit : “Mon ami intime, Abû al‐Qâsim (le Prophète), m’a recommandé : ‘Si tu assistes à l’une de ces discordes (fitan), va jusqu’à Uḥud et brise le tranchant de ton sabre, puis installe‐toi chez toi. Si quelqu’un pénètre dans ta maison, alors réfugie‐toi dans la pièce intérieure (al‑makhdaʿ). S’il y entre également, mets‐toi à genoux et dis‐lui : “Assume mon péché et le tien (bî ithmî wa ithmak) afin que tu sois parmi les gens du Feu, car tel est le châtiment des injustes.” Pour ma part, j’ai brisé mon sabre et je reste chez moi.’”
C’est ainsi que ce ḥadîth est rapporté dans le Musnad de Muḥammad ibn Maslama, chez l’imam Aḥmad, bien qu’il y soit fait mention d’un nom resté vague. Il ne s’agit cependant pas de Muḥammad ibn Maslama lui‐même, car il n’y a pas de divergence, chez les historiens, sur le fait qu’il mourut entre 40 et 50 de l’Hégire : certains ont dit l’an 42, d’autres 43 ou 47. De ce fait, il n’a pas pu vivre jusqu’à l’époque de Yazîd ibn Muʿâwiya et de ʿAbd Allâh ibn az‐Zubayr, ce qui fait conclure qu’il s’agit d’un autre Compagnon dont le récit rejoint celui de Muḥammad ibn Maslama.
Nuʿaym ibn Ḥammâd a rapporté dans son ouvrage « Al‐Fitan wa‐l‐Malâḥim » : “ʿAbd aṣ‐Ṣamad ibn ʿAbd al‐Wârith nous transmit, d’après Ḥammâd ibn Salama, d’après Abû ʿAmr al‐Qasmalî, d’après la fille de Ahdan (2) al‐Ghifârî : ʿAlî vint trouver Ahdan et lui demanda : ‘Qu’est‐ce qui t’empêche de nous rejoindre ?’ Il répondit : ‘Mon ami intime, le fils de ton oncle (le Prophète) ﷺ, m’a recommandé en ces termes : “Il y aura division, discorde et divergence ; quand cela se produira, brise ton sabre, reste chez toi et prends un sabre de bois.”(3)”’”
Ce récit est également rapporté avec la même chaîne de transmission par Aḥmad ibn ʿAffân, Aswad ibn ʿÂmir et Muʾammil, tous trois d’après Ḥammâd ibn Salama. Muʾammil ajoute après la mention « prends un sabre de bois » : « Reste chez toi jusqu’à ce que te parvienne une erreur (khâṭiʾa) ou la mort inévitable (maniyya qâḍiya) »(4).
L’imam Aḥmad, at‐Tirmidhî et Ibn Mâja ont également rapporté ce ḥadîth, d’après ʿAbd Allâh ibn ʿUbayd ad‐Dîlî, d’après ʿUdaysa bint Ahdan ibn Ṣayfî, qui le tenait de son père(5). At‐Tirmidhî l’a jugé « ḥasan gharîb », en affirmant ne le connaître que par la relation de ʿAbd Allâh ibn ʿUbayd ; pourtant, il a été rapporté par un autre canal.
Al‐Bukhârî a dit : “ʿAbd al‐ʿAzîz al‐Uwaysî nous a rapporté, d’après Ibrâhîm ibn Saʿd, d’après Ṣâliḥ ibn Kaysân, d’après Ibn Shihâb, d’après Saʿîd ibn al‐Musayyib et Abû Salama ibn ʿAbd ar‐Raḥmân, d’après Abû Hurayra (qu’Allâh l’agrée)…
”