‘Uthmân (qu’Allah l’agrée) dit un jour : « Retire-toi. » Puis il se mit à lui parler en aparté, tandis que la couleur du visage de ‘Uthmân changeait. Abû Sahla rapporta : « Lorsque vint le “Jour de la Maison” et qu’il était présent, je lui dis : “Ô Commandeur des croyants ! Ne vas-tu pas combattre ?” Il répondit : “Non, le Messager d’Allah (paix et salut soient sur lui) m’a fait une recommandation et je m’y conforme avec patience.” » Ce récit a été rapporté uniquement par Ahmad.
Puis Ahmad a également rapporté (1), selon Waki‘, d’après Ismâ‘îl, d’après Qays, d’après ‘Â’isha, un récit identique. Ibn Mâja (2) le mentionne aussi d’après le hadith de Waki‘.
Nu‘aym ibn Hammâd déclare dans son ouvrage « Al-Fitan wa-l-Malâhim » (3) : ‘Atâb ibn Bashîr nous a transmis, d’après Khusayf, d’après Mujâhid, d’après ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée), qu’elle a dit : « Je suis entrée auprès du Messager d’Allah (paix et salut soient sur lui) alors que ‘Uthmân était avec lui et s’entretenait en secret. Je n’ai pu saisir de leurs paroles que cette phrase de ‘Uthmân : “Serait-ce par injustice et transgression, ô Messager d’Allah ?” Je n’ai pas compris ce que cela signifiait sur le moment, jusqu’à ce que ‘Uthmân fût tué. J’ai alors compris que le Messager d’Allah (paix et salut soient sur lui) faisait allusion à son assassinat.” »
‘Â’isha poursuivit : « Je n’aurais jamais souhaité qu’il arrive quoi que ce fût à ‘Uthmân qui ne m’arrive également, mais Allah savait que je ne voulais pas sa mort. Si je l’avais souhaitée, j’aurais été moi-même tuée. C’est ce qui arriva lorsque mon palanquin fut criblé de flèches, au point de ressembler à un porc-épic. »
Abû Dâwûd aṭ-Ṭayâlisî (4) relate par ailleurs : « Ismâ‘îl ibn Ja‘far nous a rapporté, d’après ‘Amr ibn Abî ‘Amr al-Muṭṭalibî, d’après Hudhayfa, que le Messager d’Allah (paix et salut soient sur lui) a dit : “L’Heure ne viendra pas avant que vous ne tuiez votre imam, que vous ne vous affrontiez à l’épée les uns contre les autres, et que vos pires individus n’héritent de votre monde.” »
Al-Bayhaqî rapporte : « Abû l-Ḥusayn ibn Bishrân nous a informés, ‘Alî ibn Muḥammad al-Miṣrî nous a informés, Muḥammad ibn Ismâ‘îl as-Sulamî nous a transmis, ‘Abd Allâh ibn Ṣâliḥ nous a transmis, puis il m’a dit que Layth l’en avait informé, que Khâlid ibn Yazîd l’en avait informé, d’après Sa‘îd ibn Abî Hilâl, d’après Rabî‘a ibn Sayf. Un jour, ce dernier s’était assis avec Shufayy al-Aṣbaḥî et l’entendit dire : “J’ai entendu ‘Abd Allâh ibn ‘Amr dire : ‘J’ai entendu le Messager d’Allah (paix et salut soient sur lui) affirmer : “Il y aura parmi vous douze califes : Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq, qui ne restera après moi qu’un court moment ; puis celui qui est la ‘meule’ des Arabes, il vivra de façon louable et mourra en martyr.” Un homme demanda : ‘Qui est-ce, ô Messager d’Allah ?’ Il répondit : ‘C’est ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb.’ Puis il se tourna vers ‘Uthmân et dit : ‘Quant à toi, les gens te demanderont de retirer la tunique dont Allah t’a revêtu. Par Celui qui m’a envoyé avec la vérité, si tu la retires, tu n’entreras pas au Paradis tant que le chameau ne passera pas par le chas de l’aiguille.’” » (5)