Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Avec (1) une épreuve ou un malheur qui t’atteint. Il entra alors en disant : « Dieu est Celui dont on implore l’aide. » Ne trouvant aucune place disponible dans le couf, il s’assit en face d’eux, du côté du puits. Il découvrit ses deux jambes et les laissa pendre dans le puits, tout comme l’avaient fait le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), Abou Bakr et ‘Oumar (qu’Allah les agrée). Sa‘îd ibn al-Musayyib a dit : « J’en ai fait l’interprétation qu’il s’agissait de leurs tombes : elles se rejoignaient, tandis que ‘Othmân se trouvait à part (2). »

Al-Bayhaqî a rapporté — d’après la chaîne de transmission qui remonte à ‘Abd al-A‘la ibn Abî al-Masawwar, Ibrâhîm ibn Muhammad ibn Hâtib, ‘Abd al-Rahmân ibn Muhayriz, puis Zayd ibn Arqam — que ce dernier a dit : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) m’a envoyé en mission et m’a dit : “Pars jusqu’à ce que tu trouves Abou Bakr ; tu le trouveras chez lui, assis, les genoux repliés. Dis-lui : ‘Le Messager de Dieu te salue et te dit : Réjouis-toi du Paradis.’ Ensuite, poursuis ton chemin jusqu’à ce que tu parviennes à la colline (al-Thaniyya) ; tu y rencontreras ‘Oumar, chevauchant un âne, la tête chauve brillant au soleil. Dis-lui : ‘Le Messager de Dieu te salue et te dit : Réjouis-toi du Paradis.’ Puis reviens sur tes pas jusqu’à ce que tu trouves ‘Othmân au marché, en train de vendre et d’acheter. Dis-lui : ‘Le Messager de Dieu te salue et te dit : Réjouis-toi du Paradis après une grande épreuve.’” » Il raconta alors comment il se rendit auprès de chacun d’eux et les trouva tels que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) les avait décrits. Chacun d’eux demandait : « Où est le Messager de Dieu ? » Il répondait : « Il se trouve à tel endroit », et l’homme s’y rendait aussitôt.

Quant à ‘Othmân, lorsqu’il revint, il dit : « Ô Messager de Dieu ! Quelle épreuve m’atteindra ? Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, jamais je ne me suis absenté, jamais je ne l’ai souhaité, et jamais je n’ai touché mon sexe de la main droite depuis que je t’ai fait allégeance. Quelle épreuve m’atteindra donc ? » Le Prophète lui répondit : « C’est bien cela. » (3)

Puis al-Bayhaqî déclara : « ‘Abd al-A‘la est jugé faible comme transmetteur. S’il a conservé ce hadith, il se peut que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) les ait envoyés par Zayd ibn Arqam ; celui-ci arriva et trouva Abou Mûsâ al-Ash‘arî assis à la porte, comme mentionné plus haut. » L’épreuve qui frappa ‘Othmân (4) correspond à ce qui survint de la part de certains qui le critiquaient parmi la populace des provinces, sans connaissance. Il advint ce que nous mentionnerons au sujet de son califat, si Dieu le veut : ils l’assiégèrent chez lui, jusqu’à ce que la situation mène à sa persécution, son assassinat et son abandon sur la voie publique pendant plusieurs jours, sans que l’on prie sur lui ni que l’on se soucie de lui. Jusqu’à ce qu’on le lave par la suite, qu’on prie sur lui, puis qu’il soit enterré à Hach Kawkab (5) — un verger à l’extrémité du Baqî‘ — qu’Allah l’agrée et soit satisfait de lui. Puisse-t-Il lui accorder les jardins du Paradis comme demeure et séjour.

Comme l’a rapporté l’imam Ahmad (6) : « Nous a rapporté Yahyâ, d’après Ismâ‘îl ibn Qays, d’après Abou Sahla, affranchi de ‘Othmân, d’après ‘Â’isha, qui a dit : “Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) a déclaré : ‘Faites-moi venir l’un de mes compagnons.’ J’ai dit : ‘Abou Bakr ?’ Il a répondu : ‘Non.’ J’ai dit : ‘‘Oumar ?’ Il a répondu : ‘Non.’ J’ai dit : ‘Ton cousin ‘Alî ?’ Il a répondu : ‘Non.’ J’ai dit : ‘‘Othmân ?’ Il a répondu : ‘Oui.’ Et lorsque ‘Othmân vint…” »

(1) Dans Muslim : 'عَلَى'. (2) Rapporté par al-Bukhârî dans son Ṣaḥîḥ, n° (3674), dans la section sur les mérites des compagnons, et par Muslim dans son Ṣaḥîḥ, n° (2423) (29), également dans les mérites des compagnons. (3) Rapporté par al-Bayhaqî dans al-Dalâʾil (6/390), où il est mentionné 'ʿAbd al-Raḥmân ibn Bujayr', alors qu'à l'origine c'était 'ʿAbd al-Raḥmân ibn Jibr', les deux étant erronés ; dans sa chaîne de transmission figure ʿAbd al-Aʿlā ibn Abî al-Masâwî, qui est abandonné (dénigré). (4) L'épreuve qui frappa ʿUthmân désigne la fitna qui attisa l'hostilité des gens contre lui et conduisit à son assassinat. (5) "Ḥashṣ Kawkab" : un jardin à Médine, près de al-Baqīʿ al-Gharqad, acheté par ʿUthmân ibn ʿAffān et qu'il agrandit dans al-Baqīʿ. (6) Dans al-Musnad (6/52) et al-Bayhaqî dans al-Dalâʾil (6/391), c'est un hadith authentique.
مع (١) بَلْوَى أو بَلاءٍ يُصيبُكَ، فدخلَ وهو يقولُ: الله المُستعانُ، فلم يجد في القُفِّ مَجْلِسًا، فجلسَ وِجَاهَهُمْ مِنْ شِقِّ البئرِ، وكشفَ عن سَاقَيْهِ ودَلَّاهُمَا في البئرِ، كمَا صنعَ رسولُ اللّه ﷺ وأبو بكر وعُمَرُ، (رضي الله عنه) ، قالَ سعيدُ بنُ المُسَيِّبِ: فأَوَّلتُها قُبورهم، اجتمعت وانفرد عثمان (٢) . وقد روى البيهقيّ من حديث عبد الأعلى بن أبي المساور، عن إبراهيم بن محمد بن حَاطب، عن عبد الرحمن بن محيريز، عن زيدِ بن أرقمَ، قال: بَعثَني رسولُ الله ﷺ فقالَ:، انطلقْ حتى تأتيَ أبا بكرٍ فتجدَه في دَارِه جالسًا مُحْتَبِيًا، فقلْ: إنَّ رسولَ الله ﷺ يقرأُ عليكَ السَّلام ويقولُ: أبشرْ بالجَنَّة، ثم انطلقْ حتَّى تأتيَ الثَّنِيَّة فتلقَى عمرَ راكبًا على حِمَارٍ تلوحُ صَلْعَتُه فقلْ: إنَّ رسولَ الله ﷺ يقرأُ عليكَ السَّلامَ، ويقولُ: أبشرْ بالجَنَّةِ، ثم انصرفْ حتى تأتيَ عثمانَ، فتجدَه في السُّوق يبيعُ ويَبتاعُ، فقل: إنَّ رسولَ اللّه ﷺ يقرأُ عليكَ السَّلامَ، ويقولُ: أبشرْ بالجَنَّةِ بعدَ بَلَاءً شَديدٍ ". فذكرَ الحديثَ في ذهابهِ إليهم، فوجدَ كُلًّا منهم كما ذكرَ رسولُ الله ﷺ ، وكُلًّا منهم يقولُ: أينَ رسولُ الله؟ فيقولُ: في مَكانِ كذا وكذا، فيذهبُ إليه، وأن عثمانَ لمَّا رجعَ قال: يا رسول الله! وأيُّ بَلاء يُصيبُني؟ والذي بعثَكَ بالحَقِّ ما تَغَيَّبتُ ولا تَمَنَّيْتُ ولا مَسَسْتُ ذكري بيميني منذ بايعتُك، فأيّ بَلاء يُصيبُني؟ فقالَ: " هو ذاك " (٣) . ثم قالَ البيهقيُّ: عبدُ الأعلى ضعيفٌ، فإن كانَ حفظَ هذا الحديثَ فيحتملُ أنَّ رسولَ اللّه ﷺ بعثَ إليهم زيدَ بنَ أرقمَ، فجاءَ وأبو مُوسى الأشعريّ جالسٌ على الباب كما تقدم. وهذا البلاءُ الذي أصابَه (٤) هو ما اتَّفقَ وقوعه على يدي مَنْ أنكرَ عليه من رُعَاع أهل الأمصار بلا علم، فوقعَ ما سنذكُره في دولته إن شاء اللّه من حَصْرِهم إيَّاه في دارِه، حتَّى آلَ الحالُ بَعدَ ذاك كُلِّه إلى اضطهاده وقتله وإلقائه على الطريق أيَّامًا، لا يُصلَّى عليه ولا يُلتفتُ إليه، حتى غُسِّلَ بعد ذلك وصُلِّيَ عليه ودُفن بحَشِّ كَوْكَبٍ (٥) - بستان في طرفِ البَقيع (رضي الله عنه) وأرضاه، وجعلَ جَنَّاتِ الفردوسِ متقلَّبه ومَثواه. كما قال الإمامُ أحمدٌ (٦) : حَدَّثَنَا يحيى، عن إسماعيل بن قيس، عن أبي سهلة مولى عثمان، عن عائشة، قالت: قالَ رسولُ الله ﷺ : "ادعُوا لي بعضَ أصحَابي، قلتُ: أبو بكر؟ قال: "لا" قلتُ: عمرُ؟ قال: "لا" قلتُ: ابنُ عَمِّكَ عَليٌّ؟ قال: "لا" قلتُ: عثمانُ؟ قال: "نعم" فلمَّا جاءَ
(١) في مسلم: على. (٢) رواه البخاري في صحيحه رقم (٣٦٧٤) في فضاثل الصحابة، ومسلم في صحيحه رقم (٢٤٢٣) (٢٩) في فضائل الصحابة. (٣) رواه البيهقيّ في الدلائل (٦/ ٣٩٠) وفيه: عبد الرحمن بن بُجير، وفي الأصل: عبد الرحمن بن جبر، وكلاهما خطأ، وفي سنده عبد الأعلى بن أبي المساور، وهو متروك. (٤) البلاء الذي أصاب عثمان: الفتنة التي ألَّبت الناس عليه وأدت إلى مقتله ﵁ . (٥) "حَشّ كوكب": بستان في المدينة عند بقيع الغرقد، اشتراه عثمان بن عفان ﵁ وزاده في البقيع. (٦) في المسند (٦/ ٥٢) والبيهقي في الدلائل (٦/ ٣٩١) وهو حديث صحيح.

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