Il a déjà été fait mention du hadith d’Abû Dharr au sujet des cailloux qui proclamaient la glorification (tasbîḥ) dans la main d’Abû Bakr, puis de ʿUmar, puis de ʿUthmân, ainsi que de sa parole ﷺ : « Ceci est la succession (khilâfa) de la prophétie » (1).
Naʿîm ibn Ḥammâd a rapporté : « ʿAbd Allâh ibn al-Mubârak nous a dit : “Ḥashraj ibn Nubâtah nous a transmis, d’après Saʿîd ibn Jumhân, d’après Safînah, qui a dit : Lorsque le Messager d’Allâh ﷺ édifia la mosquée de Médine, Abû Bakr vint avec une pierre et la posa, puis ʿUmar vint avec une pierre et la posa, puis ʿUthmân vint avec une pierre et la posa. Alors le Messager d’Allâh ﷺ dit : « Ceux-là seront mes califes après moi ». ” » (2)
Il est déjà fait allusion, dans le hadith de ʿAbd Allâh ibn Ḥawâlah, à la parole du Prophète ﷺ : « Trois épreuves : quiconque en réchappe aura véritablement réussi : ma mort, l’assassinat d’un calife persécuté et l’apparition du faux Messie (al-Dajjâl) » (3). Dans un autre hadith du même compagnon, il est ordonné de suivre ʿUthmân au moment de la discorde.
Il est également rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ, d’après Sulaymân ibn Bilâl, d’après Sharîk ibn Abî Namr, d’après Saʿîd ibn al-Musayyib, d’après Abû Mûsâ, qui raconta :
« Je fis mes ablutions chez moi, puis je sortis en disant : “Aujourd’hui, je serai en compagnie du Messager d’Allâh ﷺ.” J’arrivai à la mosquée et je demandai où il se trouvait. On me répondit qu’il était sorti par là. Je partis donc à sa recherche jusqu’à ce que j’arrive au puits d’Arîs, dont la porte était en branches de palmier. Je restai auprès de la porte jusqu’à penser que le Messager d’Allâh ﷺ avait terminé ce pour quoi il était venu et s’était assis. Je me rendis alors auprès de lui, je le saluai, et le trouvai assis au bord du puits d’Arîs, les jambes pendantes dans le puits et les tibias découverts. Je retournai ensuite près de la porte en me disant : “Je vais servir de portier au Messager d’Allâh ﷺ.”
Soudain, on frappa à la porte. Je dis : “Qui est-ce ?” On me répondit : “Abû Bakr.” Je dis : “Attends un peu.” Puis j’allai prévenir le Prophète ﷺ : “Ô Messager d’Allâh, c’est Abû Bakr qui demande à entrer.” Il répondit : “Autorise-le et annonce-lui la bonne nouvelle du Paradis.” Je revins donc précipitamment dire à Abû Bakr : “Entre ; le Messager d’Allâh ﷺ t’annonce la bonne nouvelle du Paradis.” Abû Bakr entra, vint s’asseoir à la droite du Prophète ﷺ, laissa pendre ses jambes à son tour et découvrit ses tibias, comme l’avait fait le Prophète ﷺ.
Je repartis et je me rappelai que j’avais laissé mon frère se préparer pour la prière, car il m’avait dit : “Je te rejoins.” Je pensai : “Si Allâh veut le bien de telle personne, Il la fera venir.” J’entendis alors qu’on frappait à la porte. Je dis : “Qui est-ce ?” On répondit : “ʿUmar.” Je répondis : “Attends un peu.” Je revins ensuite vers le Prophète ﷺ pour l’informer et lui dis : “C’est ʿUmar qui demande à entrer.” Il répondit : “Autorise-le et annonce-lui la bonne nouvelle du Paradis.” Je revins dire à ʿUmar : “Entre ; le Messager d’Allâh ﷺ t’annonce la bonne nouvelle du Paradis.” ʿUmar entra et s’assit à la gauche du Prophète ﷺ, laissant également pendre ses jambes dans le puits et découvrant ses tibias, comme l’avaient fait le Prophète ﷺ et Abû Bakr.
Je repartis en pensant : “Si Allâh veut le bien de telle personne, Il la fera venir” – faisant allusion à son frère – lorsqu’on frappa de nouveau à la porte. Je dis : “Qui est-ce ?” On me répondit : “ʿUthmân ibn ʿAffân.” Je dis : “Attends un peu.” Je repartis vers le Prophète ﷺ et lui dis : “C’est ʿUthmân qui demande à entrer.” Alors le Prophète ﷺ dit : “Autorise-le et annonce-lui la bonne nouvelle du Paradis, au prix d’une épreuve qui l’atteindra.” Je revins et je dis à ʿUthmân : “Le Messager d’Allâh ﷺ t’autorise à entrer et t’annonce la bonne nouvelle du Paradis.” »