Et ainsi, après l’assassinat de ʿUmar, des troubles frappèrent les gens, et leur apparition se confirma avec l’assassinat de ʿUthmân ibn ʿAffân – qu'Allah soit satisfait de lui –. Yaʿlā ibn ʿUbayd, d’après al-Aʿmach, d’après Shaqîq, d’après ʿAzrah ibn Qays, a rapporté ceci : « Khâlid ibn al-Walîd nous adressa un sermon en disant : “L’émir des croyants, ʿUmar, m’a envoyé en Syrie. Puis, lorsque j’ai déposé mes bawânî (1), Bathniyya et du miel, il a voulu en gratifier quelqu’un d’autre et m’envoyer en Inde.” » Alors un homme assis plus bas lui dit : « Patiente, ô émir, car les épreuves sont déjà apparues. » Khâlid répondit : « Tant que le fils d’al-Khattâb est en vie, rien de tel n’arrivera ; ce n’est qu’après (2). »
L’imam Aḥmad (3) rapporte : « ʿAbd al-Razzâq (4) nous a transmis, d’après Maʿmar, d’après al-Zuhrî, d’après Sâlim, d’après son père, que le Messager de Dieu (ﷺ) vit un jour sur ʿUmar un vêtement et lui demanda : “Ton vêtement est-il neuf ou simplement lavé ?” Il répondit : “C’est un vêtement lavé.” Le Prophète déclara : “Porte du neuf, vis de façon louable et meurs martyr.” Et je crois qu’il ajouta : “Et que Dieu t’accorde la joie du cœur ici-bas et dans l’au-delà.” » C’est ainsi que l’ont également rapporté an-Nassâ’î (5) et Ibn Mâjah (6), d’après ʿAbd al-Razzâq. Puis an-Nassâ’î dit : « Ce hadith est munkar ; Yaḥyâ al-Qaṭṭân l’a jugé répréhensible chez ʿAbd al-Razzâq. Il a aussi été transmis d’après al-Zuhrî par une autre chaîne, en version mursal. » Ḥamzah ibn Muḥammad al-Kinânî, le ḥâfiẓ, a déclaré : « Je ne connais personne d’autre que Maʿmar qui l’ait rapporté d’al-Zuhrî, et je ne pense pas qu’il soit authentique. Dieu sait mieux. »
J’observe pour ma part que les hommes de cette chaîne et son caractère continu répondent aux conditions des deux Shaykhs (al-Bukhârî et Muslim), et ces derniers ont accepté plus d’un hadith dans lequel Maʿmar raconte seul d’après al-Zuhrî. De plus, al-Bazzâr a rapporté ce même hadith par l’intermédiaire de Jâbir al-Juʿfî – lequel est faible – d’après ʿAbd al-Raḥmân ibn Sâbiṭ, d’après Jâbir ibn ʿAbd Allâh, sous une forme identique (7).
Quant à ce qui est annoncé par ce hadith, cela s’est effectivement produit. En effet, – qu'Allah soit satisfait de lui – fut tué en martyr alors qu’il était debout en prière de l’aube, dans sa niche (miḥrâb) de la Mosquée Prophétique (que la paix et la bénédiction soient sur son occupant).