Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les gens seront pareils à la contagion qui touche les brebis. Une épreuve atteindra la demeure de chaque musulman, au point qu’on donnera à un homme mille dinars et qu’il s’en montrera insatisfait. Et les Byzantins (les Romains) vous attaqueront, s’avançant contre vous sous quatre-vingts étendards, chacun rassemblant douze mille hommes [1].

Le hâfiẓ al-Bayhaqî a dit : « Abû Zakariyyâ ibn Abî Isḥâq nous raconta, Abû l-ʿAbbâs Muḥammad ibn Yaʿqûb nous rapporta, Baḥr ibn Naṣr nous transmit, Ibn Wahb nous transmit : Ibn Luhayʿa m’informa, de ʿAbd Allâh ibn Ḥayyân, qui entendit Sulaymân ibn Mûsâ raconter : “La peste s’abattit sur les gens le jour du pont de ʿAmûsa [2]. ʿAmr ibn al-ʿÂṣ se leva et dit : ‘Ô gens, ce mal n’est qu’une souillure, éloignez-vous-en.’ Alors, Shuraḥbîl ibn Ḥasana s’écria : ‘Ô gens, j’ai entendu ce que votre compagnon a dit, et je jure par Dieu que j’ai embrassé l’islam, que j’ai prié, et qu’en vérité ʿAmr est plus égaré que le chameau de sa propre famille. C’est plutôt une épreuve qu’Allâh a envoyée, alors soyez patients.’”

Muʿâdh ibn Jabal se leva et dit : “Ô gens ! J’ai entendu les propos de ces deux compagnons, et cette peste est en réalité une miséricorde de votre Seigneur et une invocation de votre Prophète (ﷺ). J’ai moi-même entendu le Messager d’Allâh (ﷺ) dire : ‘Vous vous rendrez en Syrie, et vous vous établirez dans une contrée appelée ʿAmûsa. Là, il surviendra pour vous une sorte d’éruption dotée d’un aiguillon semblable à celui d’un furoncle ; par elle, Dieu fera périr en martyr vos personnes et vos enfants, et Il purifiera vos biens.’ Ô Allâh, si Tu sais que j’ai entendu cela du Messager d’Allâh (ﷺ), accorde à Muʿâdh et aux siens la plus abondante part de ce fléau et ne l’en préserve pas !”

Puis il fut frappé (par la peste) à l’index. Il la regarda et dit : “Ô Allâh, bénis-la, car si Tu bénis le petit, il devient grand.” Ensuite, son fils fut atteint. Il entra auprès de lui et déclara : «﴾La vérité vient de ton Seigneur. Ne sois donc pas du nombre des sceptiques﴿ [al-Baqara, 2 : 147].” Il dit encore : «﴾Tu me trouveras, s’Il veut, parmi les endurants﴿ [as-Ṣaffât, 37 : 102].”

Il est rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ (al-Bukhârî et Muslim), d’après la chaîne de transmission de l’Aʿmash et de Jâmiʿ ibn Abî Râshid, selon Shaqîq ibn Salama, d’après Ḥudhayfa, qui raconta : “Nous étions assis auprès de ʿUmar, qui demanda : ‘Qui parmi vous se rappelle la parole du Messager d’Allâh (ﷺ) à propos de la fitna ?’ Je répondis : ‘Moi.’ Il dit : ‘Parle, tu es bien hardi.’ Je dis donc : ‘Il a mentionné la tentation qui touche l’homme dans sa famille, sa fortune, ses enfants et son voisin. La prière, l’aumône, l’ordre du bien et l’interdiction du mal l’effacent.’ ʿUmar répliqua : ‘Je ne parle pas de cela. Je vise celle qui déferle comme les vagues de la mer.’ Je dis : ‘Ô Commandeur des croyants ! Entre elle et toi, il y a une porte fermée.’ Il s’exclama : ‘Malheur à toi ! Cette porte sera-t-elle ouverte ou brisée ?’ Je répondis : ‘Elle sera brisée.’ Il conclut : ‘Dans ce cas, elle ne se refermera jamais.’ Je dis : ‘Oui.’”

Nous dîmes alors à Ḥudhayfa : “ʿUmar savait-il ce qu’était cette porte ?” Il répondit : “Oui, je lui avais communiqué un hadith exempt d’erreur.” Et nous appréhendâmes de demander directement à Ḥudhayfa qui était la porte. Nous questionnâmes alors Masrûq, qui l’interrogea à ce sujet. Ḥudhayfa dit : “Qui est la porte ?” Il répondit : “ʿUmar [4].”

(1) Ce hadith a été rapporté par l'imam Ahmad dans son Musnad (5/228) et dans sa chaîne de transmission, Nihās ibn Qahham est faible, mais il possède un témoin chez al-Bukhārī dans le hadith d'ʿAwf ibn Mālik, ce qui rend ce hadith bon. (2) Ainsi dans «Al-Dalāʾil» et dans «Maʿjam al-Buldān» : Imwās est un district de Palestine près de Jérusalem, où eut lieu la peste à l'époque d'Omar ibn al-Khaṭṭāb. (3) Al-Bayhaqī l'a rapporté dans sa version longue dans «Al-Dalāʾil» (6/384-385) et dans sa chaîne de transmission, il y a une faiblesse ; par ailleurs, il apparaît dans le Musnad d'Ahmad (4/195-196) de manière abrégée. (4) Ce hadith a été rapporté par al-Bukhārī dans son Sahīh, n° (7096) dans le chapitre des troubles (al-Fitan), et par Muslim dans son Sahīh, n° (144/26) dans le même chapitre sur les troubles et les signes de l'Heure.
الناسَ كقُعاص الغنم، وفتنة يدخل حريمها بيت كل مسلم، وأن يعطى الرجل ألف دينار فيسخطها، وأن يعدو الروم فيسيرون إليكم بثمانين بندًا، تحت كل بند اثنا عشر ألفًا " (١) . وقد قال الحافظ البيهقيّ: أخبرنا أبو زكريا بن أبي إسحاق، حَدَّثَنَا أبو العباس محمد بن يعقوب، حَدَّثَنَا بَحْر بن نصر، حَدَّثَنَا ابن وَهْب، أخبرني ابن لهيعة، عن عبد الله بن حيَّان؛ أنه سمع سُليمان بن موسى يذكر: أنَّ الطاعونَ وقع بالناس يوم جسر عموسة (٢) ، فقام عمرو بن العاص، فقال: يا أيها الناس، إنما هذا الوجع رجسٌ فتنحَّوا عنه. فقام شُرحبيل بن حسنة، فقال: يا أيها الناس، إني قد سمعتُ قولَ صاحبكم، وإني والله لقد أسلمتُ وصلَّيتُ، وإن عمرًا لأضلُّ من بعير أهله، وإنما هو بلاءٌ أنزلَه الله – Exalté soit-Il – ، فاصبروا. فقام معاذُ بن جبل فقال: يا أيُّها الناس! إني قد سمعتُ قولَ صاحبيْكم هذين، وإن هذا الطاعون رحمةُ ربَكُم ودعوة نبيكم ﷺ ، وإني قد سمعت رسول اللّه ﷺ يقول: "إنكم ستَقدَمون الشَّامَ، فتنزلون أرضًا يُقال لها: أرض عموسة، فيخرج بكم فيها خُرْجَانٌ له ذُبَابٌ كذُباب الدُّمَّل، يستشهد الله به أنفسَكم وذراريكم، ويُزَكِّي به أموالَكم" اللَّهُمَّ إنْ كنتَ تعلم أني قد سمعتُ هذا من رسول اللّه ﷺ فارزقْ معاذًا وآلَ معاذ منه الحظَّ الأوفى ولا تُعافِه منه، قال: فطُعنَ في السَّبَّابة، فجعلَ ينظر إليها، ويقول: اللَّهُمَّ باركْ فيها، فإنَّكَ إذا باركتَ في الصغير كان كبيرًا، ثم طُعن ابنه، فدخلَ عليه فقال: ﴿الْحَقُّ مِنْ رَبِّكَ فَلَا تَكُونَنَّ مِنَ الْمُمْتَرِينَ﴾ [البقرة: ١٤٧] ، فقال: ﴿سَتَجِدُنِي إِنْ شَاءَ اللَّهُ مِنَ الصَّابِرِينَ﴾ (٣) [الصافات: ١٠٢] . وثبت في الصحيحين: من حديث الأعمش وجامع بن أبي راشد، عن شقيق بن سَلَمة، عن حُذيفةَ، قال: كُنَّا جلوسًا عند عمرَ، فقال: أيُّكُم يحفظُ حديثَ رسول اللّه ﷺ في الفتنة؟ قلتُ: أنا، قال: هاتِ، إنَّك لجريء، فقلت: ذكر فتنةَ الرَّجُل في أهله ومالِه وولدِه وجارِه، يُكَفِّرُها الصَّلاة والصَّدقة والأمر بالمعروف والنهي عن المنكر، فقال: ليس هذا أعني، إنما أعني التي تموجُ مَوجَ البحر، فقلتُ: يا أميرَ المؤمنين! إنَّ بينَكَ وبينَها بابًا مُغْلقًا، قال: وَيْحَكَ! أيُفتحُ الباب أم يُكسرُ؟ قلت: بل يُكسرُ، قال: إذًا لا يُغلقُ أبدًا. قلت: أجل. فقلنا لحُذيفة: فكان عمر يعلمُ من الباب؟ قال: نعم، إني حدَّثته حديثًا ليس بالأغاليط، قال: فهبنا أن نسألَ حذيفةَ من الباب، فقلنا لمَسْروق، فسأله، فقال: مَنِ الباب؟ قال: عمر (٤) .
(١) رواه الإمام أحمد في المسند (٥/ ٢٢٨) وفي إسناده النهاس بن قهم ضعيف، ولكن له شاهد عند البخاري في حديث عوف بن مالك ﵁ ، فهو به حسن. (٢) كذا في الدلائل، وفي معجم البلدان: إمَواس: كورة من فلسطين بالقرب من بيت المقدس، ومنها كان الطاعون أيام عمر بن الخطاب ﵁ . (٣) ورواه بطوله البيهقيّ في الدلائل (٦/ ٣٨٤ - ٣٨٥) وفي إسناده ضعف، وهو في مسند أحمد (٤/ ١٩٥ - ١٩٦) مختصرًا. (٤) رواه البخاري في صحيحه رقم (٧٠٩٦) في الفتن، ومسلم في صحيحه رقم (١٤٤/ ٢٦) في الفتن وأشراط الساعة.

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