Ils étaient mille quatre cents, et selon une autre version trois cents, et selon une autre encore cinq cents. Tous persévérèrent dans la rectitude et la droiture jusqu’à leur mort – qu’Allah leur fasse à tous miséricorde.
Il est rapporté dans le Sahîh de al-Bukhârî (1) que la bonne nouvelle fut annoncée à ‘Ukkâsha, à savoir qu’il fait partie des gens du Paradis. Il fut ensuite tué en martyr le jour d’al-Yamâma.
Dans les deux Sahîh, d’après Yûnus, d’après az-Zuhrî, d’après Sa‘îd, d’après Abû Hurayra, ce dernier a entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : « Soixante-dix mille personnes de ma communauté entreront au Paradis sans jugement. Leurs visages brilleront comme la lune lors de la pleine lune. » Alors ‘Ukkâsha ibn Mihsan al-Asadî se leva en traînant un vêtement sur lui et dit : « Ô Messager d’Allah, invoque Allah pour qu’Il fasse que je sois parmi eux. » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Ô Allah, fais qu’il soit l’un d’eux. » Puis un homme des Anṣâr se leva et dit : « Ô Messager d’Allah, invoque Allah pour qu’Il fasse que je sois l’un d’eux. » Le Prophète (ﷺ) répliqua : « ‘Ukkâsha t’a devancé. » (2)
Ce ḥadîth a été rapporté selon des voies multiples et conférées d’authenticité certaine. Nous le citerons dans le chapitre consacré à la description du Paradis. Nous mentionnerons, dans le récit du combat contre les apostats, que Ṭalḥa al-Asadî a tué ‘Ukkâsha ibn Mihsan en martyr – qu’Allah l’agrée –, puis Ṭalḥa al-Asadî revint sur sa prétention à la prophétie, se repentit devant Allah, se rendit auprès d’Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq, accomplit la ‘umra et son Islam s’en trouva embelli.
Il est également rapporté dans les deux Sahîh, d’après Abû Hurayra, que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Pendant que je dormais, il m’a semblé qu’on posait deux bracelets sur mes mains, et je les ai rompus. On m’a alors inspiré en rêve : “Souffle dessus.” J’ai donc soufflé et ils se sont envolés. J’en ai conclu qu’il s’agissait de deux menteurs qui allaient apparaître : l’un à Ṣan‘â’, l’autre à al-Yamâma. » (3)
Il est relaté précédemment, dans le chapitre sur les Délégations, que le Prophète (ﷺ) s’adressa à Musaylima lorsque celui-ci se rendit auprès de lui avec son peuple, prétendant qu’il suivrait Muḥammad s’il obtenait de sa part le commandement après lui. Le Prophète (ﷺ) se présenta alors à Musaylima et lui dit : « Par Allah, si tu me demandais ce morceau de bois, je ne te le donnerais pas. Et si tu te détournes, Allah te frappera de destruction. Et je te vois bien être celui qui m’a été montré dans la vision qui m’a été révélée. » (4)
C’est effectivement ce qui arriva : Allah le terrassa, l’humilia et brisa son influence ; il fut vaincu le jour d’al-Yamâma, de même que al-Aswad al-‘Ansî fut tué à Ṣan‘â’, comme nous le rapporterons si Allah le veut.
Al-Bayhaqî rapporte, selon la chaîne de transmission de Mubârak ibn Faḍâla, d’après al-Ḥasan, d’après Anas, qu’il dit : « Musaylima rencontra le Messager d’Allah (ﷺ) et lui demanda : “Attestes-tu que je suis le Messager d’Allah ?” Le Prophète (ﷺ) répondit : “J’ai foi en Allah et en Son Messager.” Puis le Messager d’Allah (ﷺ) enchaîna : “Voilà un homme épargné jusqu’à la ruine de son peuple.” » (5).