«Dieu et les croyants ne veulent qu’Abou Bakr.» (1)
C’est ainsi que cela se réalisa, car Dieu l’investit de l’autorité et l’ensemble des croyants lui prêtèrent allégeance, comme nous l’avons déjà mentionné.
Dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhârî, il est rapporté qu’une femme dit : «Ô Messager de Dieu, que faire si je viens te voir et que je ne te trouve plus ?», comme si elle faisait allusion à sa mort. Le Prophète ﷺ répondit : «Si tu ne me trouves pas, rends-toi auprès d’Abou Bakr.» (2)
Il est également établi dans les deux Ṣaḥīḥ (al-Bukhârî et Muslim), d’après Ibn ‘Umar et Abou Hurayra, que le Messager de Dieu ﷺ a dit : «Alors que je dormais, je me suis vu au bord d’un puits, j’ai puisé autant d’eau que Dieu a voulu. Puis Ibn Abî Quḥâfa (Abou Bakr) y a puisé un seau ou deux, et son geste était quelque peu faible – que Dieu lui pardonne. Ensuite, ce fut ‘Umar Ibn al-Khaṭṭâb qui prit la corde, et le seau se transforma en un récipient volumineux. Je n’ai jamais vu d’homme aussi habile dans cette tâche, si bien que les gens s’y sont abreuvés et ont abreuvé leurs bêtes.» (3)
L’imam ash-Shâfi‘î (4) – qu’Allâh lui fasse miséricorde – a déclaré : «Les songes des prophètes relèvent de la Révélation.» Quant à la parole «et son geste était quelque peu faible», elle fait référence à la brièveté de son califat, au caractère prompt de son décès et au fait qu’il dut se consacrer aux guerres contre les apostats, l’empêchant de réaliser les conquêtes qu’obtint ‘Umar Ibn al-Khaṭṭâb au cours de son long califat.
Je dis : ceci constitue une annonce prophétique de leur accession au pouvoir, et tout se produisit conformément à cette prédiction.
C’est pour cela qu’il est rapporté dans un autre hadith, transmis par Aḥmad, at-Tirmidhî, Ibn Mâjah et Ibn Ḥibbân, d’après Rabi‘î Ibn Ḥirâsh, qui le tenait de Ḥudhayfa Ibn al-Yamân, rapportant du Prophète ﷺ, qu’il a dit : «Imitez les deux qui viendront après moi : Abou Bakr et ‘Umar.» (5)
Et at-Tirmidhî jugea ce hadith “ḥasan” (bon). (6) Il l’a également rapporté selon Ibn Mas‘ûd, d’après le Prophète ﷺ.