Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«Il n’y aura plus de César après lui. Et lorsque Kisrâ (Chosroès) périra, il n’y aura plus de Kisrâ après lui. Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main, vous dépenserez assurément leurs trésors dans le chemin de Dieu.» (Rapporté par al-Bukhârî et Muslim) (1).

L’imam al-Bayhaqî (2) a expliqué que cela désigne la chute de l’empire de César en terre syrienne, et qu’il ne s’y maintiendra pas comme il se maintient auprès des Romains, en référence à la parole du Prophète (– paix sur lui –), lorsque César honora sa lettre : «Que son pouvoir soit affermi.» Quant à l’empire perse, il a totalement disparu, comme le rappelle cette parole : «Dieu a anéanti son royaume.»

Abû Dâwûd (3) a rapporté, d’après Muhammad ibn ʿUbayd, d’après Hammâd, d’après Yûnus, d’après al-Ḥasan, qu’il le tenait de ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb. Par ailleurs, selon une autre chaîne de transmission (4), ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb (– qu'Allah soit satisfait de lui –) vit qu’on avait apporté la fourrure de Kisrâ, son épée, sa ceinture, sa couronne et ses bracelets. Il revêtit alors Suraqa ibn Mâlik ibn Juʿsham de tout cela, puis il dit : «Dis : “Louange à Dieu qui a fait porter les vêtements de Kisrâ à un bédouin arabe venu du désert.”»

L’imam ash-Shâfiʿî (5) a commenté : «S’il l’a ainsi revêtu, c’est parce que le Prophète (ﷺ) avait dit à Suraqa, en regardant ses avant-bras : “Il me semble déjà te voir porter un jour les bracelets de Kisrâ.” Et Dieu est plus savant.»

Sufyân ibn ʿUyayna rapporta, d’après Ismâʿîl ibn Abî Khâlid, d’après Qays ibn Abî Ḥâzim, d’après ʿAdî ibn Ḥâtim, qu’il entendit le Messager de Dieu (ﷺ) dire : «Al-Ḥîra m’a été représentée comme les crocs d’un chien, et vous la prendrez sûrement.» Un homme se leva et dit : «Ô Messager de Dieu, accorde-moi la fille de Buqayla.» Il répondit : «Elle est à toi.» On la lui donna. Son père se présenta alors en disant : «Veux-tu me la vendre ?» – «Oui», répondit-il. «Pour combien ?» – «Fixe ton prix», répliqua-t-il. «Mille dirhams.» – «Elle est à moi», dit le père. On fit remarquer à ce dernier : «Si tu avais proposé trente mille, il te l’aurait cédée.» Il répondit : «Existe-t-il un nombre plus grand que mille ?» (6)

L’imam Aḥmad (7) rapporta qu’ʿAbd ar-Raḥmân ibn Mahdî dit : «Maʿâwiya nous transmit le témoignage de Ḍamra ibn Ḥabîb, selon lequel Ibn Zughb al-Iyâdî raconta l’histoire suivante : ʿAbd Allâh ibn Ḥawâla al-Azdî descendit chez moi (alors qu’il était mon hôte dans ma propre maison) (8) et me dit : “Le Messager de Dieu (ﷺ) nous envoya à pied autour de Médine pour faire des conquêtes et des gains, mais nous revînmes bredouilles. Il remarqua la fatigue sur nos visages…”»

(1) Il se trouve chez al-Bukhārī sous le numéro (3120) et chez Muslim sous le numéro (2918) (76), d’après le hadith d’Abū Hurayra ﷺ. (2) Dalāʾil an-Nubuwwa (vol. 6, p. 325), où l’imam Ibn Kathīr commente les paroles d’al-Bayhaqī et en donne le sens. (3) Dalāʾil an-Nubuwwa (vol. 6, p. 325). (4) Dalāʾil an-Nubuwwa (vol. 6, p. 325). (5) Dalāʾil an-Nubuwwa d’al-Bayhaqī (vol. 6, p. 325). (6) Dalāʾil an-Nubuwwa d’al-Bayhaqī (vol. 6, p. 326) ; mentionné aussi par al-Haythamī dans Majmaʿ az-Zawāʾid (vol. 6, p. 212), qui indique : « Rapporté par al-Ṭabarānī dont les transmetteurs sont ceux du Ṣaḥīḥ ». (7) Dans al-Musnad (vol. 5, p. 288). (8) Ce qui est entre parenthèses a été extrait d’al-Musnad (vol. 5, p. 288).
قيصرَ بعده، وإذا هلكَ كسرى فلا كسرى بعدَه، والذي نفسي بيده لتنفقنَّ كنوزَهما في سبيل الله – Exalté soit-Il – " أخرجاه (١) . وقال البيهقيّ (٢) : المراد زوال ملك قيصر، عن الشام، ولا يبقى كبقاءِ ملكهِ على الروم، لقوله (عليه السلام) ، لما عظم كتابه: ثبت ملكه، وأما ملك فارس فبادَ بالكلية، لقوله: "مزَّق اللّه ملكَه ". وقد روى أبو داود (٣) عن محمد بن عُبيد، عن حمَّاد، عن يونس، عن الحسن؛ عن عمر بن الخطاب. وروينا (٤) من طريق أخرى عن عمرَ بن الخطاب (رضي الله عنه) ، لما جيء بفروة كِسرى وسيفه ومنطقته وتاجه وسواريه ألبسَ ذلك كلَّه لسراقةَ بن مالك بن جُعشم، وقال: قل الحمد لله الذي ألبسَ ثيابَ كسرى لرجل أعرابي من البادية. قال الشافعيُّ (٥) : إنما ألبسَه ذلك لأن النبيَّ ﷺ قال لسراقة - ونظر إلى ذراعيه -: "كأني بك وقد لبستَ سواري كسرى " واللّه أعلم. وقال سفيان بن عيينة: عن إسماعيل بن أبي خالد، عن قيس بن أبي حازم، عن عدي بن حاتم، قال: قال رسول اللّه ﷺ : "مُثِّلَت لي الحيرةُ كأنياب الكلاب، وإنكم ستفتحونها " فقام رجلٌ، فقال: يا رسول اللّه، هب لي ابنةَ بُقَيْلَة، قال: " هي لك" فأعطوه إياها، فجاء أبوها فقال: أتبيعها؟ قال: نعم، قال: فبكم؟ قال: احكم ما شئتَ، قال: ألف درهمء قال: قد أخذتها، فقالوا له: لو قلت ثلاثين ألفًا لأخذها، فقال: وهل عددٌ أكثرُ من ألف (٦) ؟ وقال الإمام أحمد (٧) : حَدَّثَنَا عبدُ الرحمن بن مهدي، حَدَّثَنَا معاوية، عن ضَمرة بن حبيب، أن ابنَ زُغبٍ الإيادي حدَّثه قال: نزلَ عليَّ عبدُ اللّه بن حوالة الأزدي، فقال لي (وإنه لنازلٌ عليَّ في بيتي) (٨) : بعثنا رسول اللّه ﷺ حولَ المدينة على أقدامنا لنغنمَ، فرجعنا ولم نغنم شيئًا، وعرف الجَهْدَ في وجوهنا،
(١) هو عند البخاري رقم (٣١٢٠) ومسلم رقم (٢٩١٨) (٧٦) من حديث أبي هريرة ﵁ . (٢) دلائل النبوة (٦/ ٣٢٥) وقد تصرف الحافظ ابن كثير بكلام البيهقيّ وذكر معناه. (٣) دلائل النبوة (٦/ ٣٢٥). (٤) دلائل النبوة (٦/ ٣٢٥). (٥) دلائل النبوة؛ للبيهقي (٦/ ٣٢٥). (٦) دلائل النبوة؛ للبيهقي (٦/ ٣٢٦) وذكره الهيثمي في مجمع الزوائد (٦/ ٢١٢)، وقال: رواه الطبراني ورجاله رجال الصحيح. (٧) في المسند (٥/ ٢٨٨). (٨) ما بين القوسين أثبته من المسند (٥/ ٢٨٨).

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