Dans les deux collections (1), figurent le hadith rapporté par Shuʿba, d’après ʿAmr ibn Murra, d’après Khaythama, d’après ʿAdiyy, avec la même chaîne de transmission. Tous ces témoignages viennent appuyer l’authenticité du hadith que nous avons cité.
Il a déjà été question, lors de la bataille du Fossé (Khandaq), de l’annonce de la conquête des villes et des palais de Kisrâ, ainsi que de ceux du Shâm (Syrie) et d’autres contrées encore.
L’imam Aḥmad (2) a rapporté : « Muḥammad ibn ʿUbayd nous a transmis (en disant) : Ismāʿīl nous a rapporté, de Qays, d’après Khabbāb, qui a dit : “Nous sommes allés trouver le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) alors qu’il se trouvait à l’ombre de la Kaʿba, allongé sur son manteau. Nous lui avons dit : ‘Ô Messager de Dieu, invoque Dieu pour nous et implore Son secours.’ Son visage s’empourpra ou changea de couleur, puis il dit :
‘Avant vous, on creusait une fosse pour l’un d’eux, on apportait une scie que l’on plaçait sur sa tête pour le fendre, et rien de cela ne l’éloignait de sa religion. On le peignait avec des peignes de fer, arrachant la chair jusqu’aux os ou aux nerfs, et cela ne le détournait pas de sa foi. Par Dieu, certes Dieu parachèvera cette affaire au point qu’un voyageur ira de Ṣanʿāʾ à Ḥaḍramawt sans craindre rien d’autre que Dieu ou le loup pour ses brebis. Mais vous, vous êtes trop pressés.’” »
Al-Bukhārī (3) l’a également rapporté d’après Musaddad et Muḥammad ibn al-Muthannā, tous deux l’ayant reçu de Yaḥyā ibn Saʿīd, qui le tenait d’Ismāʿīl ibn Abī Khālid, selon la même chaîne de transmission.
Puis al-Bukhārī, dans son ouvrage « Les signes de la prophétie », rapporte : « Saʿīd ibn Shuraḥbīl nous a transmis (en disant) : Layth nous a rapporté, de Yazīd ibn Abī Ḥabīb, d’Abū al-Khayr, d’ʿUqba, au sujet du Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) : un jour, il sortit et fit la prière funéraire pour les gens tombés à Uḥud, comme on le fait pour un défunt, puis il se dirigea vers la chaire et déclara :
“Je suis votre précurseur (farṭ), je serai témoin en votre faveur. Par Dieu, je vois mon Bassin (ḥawḍ) en ce moment même. J’ai reçu les clefs des trésors de la terre et, par Dieu, je n’ai pas peur qu’après moi vous retombiez dans l’association, mais je crains plutôt que vous ne rivalisiez pour ce monde.” » (6)
Al-Bukhārī l’a aussi rapporté d’après Ḥayywa ibn Shurayḥ, et Muslim d’après Yaḥyā ibn Ayyūb, tous deux le tenant de Yazīd ibn Abī Ḥabīb, analogue à la narration de Layth (7).
De ce hadith, au regard du sujet qui nous occupe ici, nous retenons notamment que le Prophète informa ceux qui l’écoutaient qu’il serait leur « farṭ », c’est-à-dire celui qui les précède.