Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et Mouslim (1) l’a rapporté d’après Harmala, d’après Ibn Wahb, d’après Younous, selon la même chaîne de transmission. Al-Boukhârî (2) a dit : « Nous a rapporté Qabîsa, qui a dit : Sufyân nous a rapporté d’après ‘Abd al-Malik Ibn ‘Umayr, d’après Jâbir Ibn Samura, qui le remonte jusqu’au Prophète : “Lorsque Kisrâ mourra, il n’y aura plus de Kisrâ après lui, et lorsque César (Qaysar) mourra, il n’y aura plus de César après lui.” » Et il a ajouté : « Leurs trésors seront certainement dépensés dans la voie de Dieu. »

Al-Boukhârî et Mouslim l’ont également rapporté d’après Jarîr (3). Al-Boukhârî et Abû ‘Awâna ont tous deux mentionné en supplément que ces trois rapporteurs tiennent leur récit de ‘Abd al-Malik Ibn ‘Umayr, selon la même chaîne. La réalisation de cette prophétie se produisit après lui, durant les califats des trois premiers : Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân. Durant leur règne, ces royaumes furent solidement conquis par les musulmans, et les richesses de César, roi des Romains, et de Kisrâ, roi des Perses, furent dépensées dans la voie de Dieu, comme nous le rappellerons plus loin, si Dieu le veut.

Ce hadith constitue une grande bonne nouvelle pour les musulmans : la royauté de la Perse a été rompue sans retour possible, et la domination de Rome sur la Syrie fut anéantie, sans que les Romains ne puissent plus la régir. À Dieu reviennent la louange et la grâce. En outre, il atteste de la validité du califat d’Abû Bakr, de ‘Umar et de ‘Uthmân, et témoigne de leur intégrité, puisque les butins de guerre furent alors dépensés dans la voie de Dieu, de la manière la plus vertueuse et la plus louable.

Al-Boukhârî (4) a également rapporté : « Nous a rapporté Muhammad Ibn al-Hakam, qui a dit : an-Naḍr nous a rapporté, Isra’îl nous a rapporté, Sa‘d at-Ṭâ’î nous a rapporté, Muḥill Ibn Khalîfa nous a informés, d’après ‘Adî Ibn Hâtim qui a dit : “Un jour, alors que j’étais chez le Prophète (ﷺ), un homme vint se plaindre de la pauvreté, puis un autre vint se plaindre de l’insécurité sur les routes. Le Prophète (ﷺ) dit alors : « Ô ‘Adî, as-tu déjà vu al-Ḥîra ? » Je répondis : ‘Non, mais on m’en a informé.’ Il poursuivit : « Si ta vie se prolonge, tu verras une femme voyager seule depuis al-Ḥîra jusqu’à ce qu’elle fasse le tour de la Ka‘ba, sans craindre personne d’autre que Dieu – Exalté soit-Il –. »” J’ai alors pensé en moi-même : ‘Qu’en sera-t-il des bandits de la tribu de Ṭayy’ (5), eux qui ont déjà incendié (6) les contrées ?’ Le Prophète (ﷺ) ajouta : « Et si ta vie se prolonge encore, tu verras que les trésors de Kisrâ seront certainement conquis. »” »

(1) Dans son Sahih (2918) dans le chapitre des troubles (al-Fitan). (2) Dans son Sahih (3619) dans le chapitre des vertus (al-Manāqib). (3) Rapporté par al-Bukhārī dans son Sahih, numéro (3121) dans le chapitre des eunuques (al-Khuṣā), et par Muslim dans son Sahih, numéro (2919) dans le chapitre des troubles (al-Fitan). Jarrir est Ibn ʻAbd al-Ḥamīd ar-Rāzī. Le hadith d’Abū ʿAwānah a été rapporté par al-Bukhārī dans al-ʾAymān wa-l-Nudhūr, de son Sahih (6629), d’après Mūsā ibn Ismāʿīl. (4) Sahih al-Bukhārī (3595) dans le chapitre des vertus (al-Manāqib). (5) « Duʿʿār Ṭayʾ » : pluriel de duʿār, signifiant l’habileté malicieuse corruptrice ; il s’agit des brigands. (6) « Saʿʿarū » : ils ont attisé le feu de la discorde et rempli la terre de mal et de corruption. La tribu de « Ṭayʾ » est célèbre, notamment pour ʻAddī ibn Ḥātim – qu'Allah soit satisfait de lui –.
ورواه مسلم (١) عن حرملة، عن ابن وهب، عن يونس، به. وقال البخاري (٢) : حَدَّثَنَا قبيصة، حَدَّثَنَا سفيان، عن عبد الملك بن عُمير، عن جابر بن سمرة، رفعه: "إذا هلكَ كِسرى فلا كسرى بعدَه، واذا هَلَكَ قيصرُ فلا قيصَرَ بعدَه" وقال: "لتنفقنَّ كنوزهما في سبيل الله" . وقد رواه البخاري أيضًا ومسلم من حديث جرير (٣) ، وزاد البخاري وأبي عَوانة ثلاثتُهم عن عبد الملك بن عُمير، به. وقد وقعَ مِصداقُ ذلك بعدَه في أيام الخلفاء الثلاثة أبي بكر، وعمر، وعثمان، استوثقت هذه الممالكُ فتحًا على أيدي المسلمين، وأنفقتْ أموالُ قيصرَ ملك الروم، وكسرى ملك الفرس، في سبيل الله، على ما سنذكُره بعدُ إن شاء اللّه. وفي هذا الحديث بشارةٌ عظيمة للمسلمين، وهي أن مُلكَ فارسَ قد انقطعَ فلا عودةَ له، ومُلك الروم للشام قد زالَ عنها، فلا يملكوه بعدَ ذلك، ولله الحمدُ والمِنّة. وفيه دلالةٌ على صحّة خلافِة أبي بكر، وعمر، وعثمان، والشهادةُ لهم بالعدل، حيث أُنفقت الأموال المغنومة في زمانهم في سبيل الله على الوجه المَرضيّ الممدوح. وقال البخاري (٤) : حَدَّثَنَا محمد بن الحكم، حَدَّثَنَا النضر، حَدَّثَنَا إسرائيلُ، حَدَّثَنَا سعدٌ الطائيُّ، أخبرنا مُحِلُّ بن خليفةَ، عن عديّ بن حاتم، قال: بينا أنا عند النَّبِيّ ﷺ إذ أتاه رجلٌ، فشكا إليه الفاقة، ثم أتاه آخرُ فشكا إليه قَطْعَ السبيل، فقال: "يا عديُّ هل رأيتَ الحِيْرةَ؟ " قلتُ: لم أرَها، وقد أُنبئتُ عنها، قال: ، فإن طالتْ بك حياةٌ لترَينَّ الظعينةَ ترتحلُ من الحيرةِ حتى تطوفَ بالكعبة ما تخافُ أحَدًا إِلَّا الله – Exalté soit-Il – ". قلتُ فيما بيني وبين نفسي: فأينَ دُعَّارُ طيئ (٥) الذين قد سَعَّروا (٦) البلادَ؟ " ولئن طالتْ بك حياةٌ لتفتحنَّ كنوز كسرى"
(١) في صحيحه (٢٩١٨) في الفتن. (٢) في صحيحه (٣٦١٩) في المناقب. (٣) رواه البخاري في صحيحه رقم (٣١٢١) في الخصى، ومسلم في صحيحه رقم (٢٩١٩) في الفتن، وجرير هو ابن عبد الحميد الرازي. حديث أبي عوانة أخرجه البخاري في الأيمان والنذور من صحيحه (٦٦٢٩) عن موسى بن إسماعيل عنه. (٤) صحيح البخاري (٣٥٩٥) في المناقب. (٥) "دُعَّار طيئ": جمع داعر، وهو الشاطر الخبيث المفسد، والمراد قطاع الطرق. (٦) "سَعَّروا": أوقدوا نار الفتنة، وملؤوا الأرض شرًا وفسادًا. وقبيلة "طيئ" مشهورة، منها عدي بن حاتم رضي =

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