Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ce hadith compte parmi ceux que l’on trouve uniquement chez Al-Bukhârî, et il a déjà été relaté dans une version plus développée que celle-ci.

Parmi ces récits figure l’histoire d’Ubayy ibn Khalaf, qui nourrissait un cheval. À chaque fois qu’il croisait le Messager de Dieu (ﷺ), il lui disait : « Je te tuerai avec ce cheval. » Le Messager de Dieu (ﷺ) lui répondait : « Au contraire, c’est moi qui te tuerai, si Dieu le veut. » (1) Il le tua effectivement le jour de la bataille d’Uḥud, comme nous l’avons expliqué en détail auparavant.

Il y a aussi l’exemple de l’annonce qu’il fit concernant le lieu où tomberaient les tués lors de la bataille de Badr, comme cela est rapporté dans les hadiths authentiques : avant l’affrontement, il montrait du doigt l’emplacement de chacun en disant : « Demain, si Dieu le veut, voilà où tombera untel, et voilà où tombera untel. » (2) Par Celui qui l’a envoyé avec la vérité, aucun d’entre eux ne s’est écarté de l’endroit que le Messager de Dieu (ﷺ) avait désigné.

De même, il y a cette parole qu’il adressa à l’homme qui, lors de la bataille d’Uḥud — et selon certains, ce fut à Khaybar, ce qui est la version la plus correcte, ou encore lors de la bataille de Ḥunayn — ne laissait aucune petite ou grande troupe de polythéistes fuir sans la poursuivre et les frapper de son sabre. Les gens disaient alors : « Personne n’a été aussi valeureux qu’untel aujourd’hui. » On raconte qu’il se nommait Qazmân. Le Prophète (ﷺ) déclara : « Il fait partie des gens de l’Enfer. » Quelqu’un s’étonna et décida de l’observer. L’homme fut alors grièvement blessé, puis il se précipita vers la mort, posa la pointe de son sabre contre sa poitrine et s’appuya dessus jusqu’à ce qu’il le transperce. L’observateur revint dire : « J’atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu et que tu es le Messager de Dieu. » Le Prophète (ﷺ) lui demanda : « Qu’y a-t-il ? » Il raconta ce qui venait de se produire chez celui que le Prophète avait mentionné précédemment, comme il est rapporté dans le hadith (3) susmentionné.

Parmi ses annonces figurent également la conquête des villes de Kisrâ (Chosroês), des palais du Shâm (Grande Syrie) et d’autres contrées, le jour où l’on creusa le fossé autour de Médine. Il frappa alors un rocher de sa noble main, qui produisit une étincelle, puis une deuxième et une troisième, comme nous l’avons déjà relaté (4).

On compte aussi l’époque où le Prophète (ﷺ) informa que l’épaule d’un mouton (5) était empoisonnée ; la suite confirma ses dires, car les Juifs reconnurent ce fait, et Bishr ibn al-Barâ ibn Maʽrûr, qui en avait mangé avec lui, mourut.

Enfin, il y a le propos rapporté par ʿAbd ar-Razzâq, d’après Maʽmar, selon lequel il aurait appris qu’un jour, le Messager de Dieu (ﷺ) dit : « Ô Dieu, sauve… »

(1) Dalāʾil al-Nubuwwa de al-Bayhaqī (3/258) rapporte ce hadith d’après al-Hākim Abū ʿAbdallāh, dont la chaîne de transmission inclut Ibn Luhayʿa, qui est faible (ḍaʿīf). Il a aussi été rapporté par Mūsā ibn ʿUqba, d’Ibn Shihāb, de Saʿīd ibn al-Musayyib, ainsi que par ʿAbd al-Raḥmān ibn Khālid ibn Muʿāfir, d’Ibn Shihāb, d’Ibn al-Musayyib. Le hadith apparaît également dans la Sīra d’Ibn Hishām (3/37) et dans al-Maghāzī d’al-Wāqidī (1/250), où il est rapporté sans chaîne complète (mursal), mais possède un corollaire attesté. (2) Le hadith est rapporté par Muslim dans son Ṣaḥīḥ sous le numéro (1779) dans le chapitre du jihad, d’Abū Bakr ibn Abī Shayba, ainsi que par Abū Dāwūd dans ses Sunan, numéro (2681), relatif au jihad, de Mūsā ibn Ismāʿīl. (3) Il est aussi rapporté par al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ, numéros (4202) et (4207) dans le chapitre des maghāzī, à propos de la bataille de Khaybar. L’expression « il ne laisse aucun shādhāh ni fādhah » signifie qu’il ne laisse aucun ennemi, qu’il soit seul ou en groupe, sans le tuer. Le maître muhaddith Ibn Ḥajar a penché pour que cet incident se soit produit à la bataille de Khaybar, comme l’a rapporté al-Bukhārī (Faḥr al-Bārī, 7/472). Ce sujet a été traité en détails par Ibn Kathīr dans la section de la Sīra consacrée au Prophète. (4) Cela a été précédemment mentionné dans la Sīra du Prophète, au chapitre de ses miracles lors de la bataille du Fossé (Al-Khandaq). (5) Le hadith est rapporté par al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ, numéros (3169) au sujet de la jizyah, et (5777) dans le chapitre de la médecine, ainsi que par Muslim dans son Ṣaḥīḥ, numéro (2190) dans le chapitre de la paix.
وهذا الحديث من أفراد البخاري، وقد تقدَّمَ بأبسطَ من هذا السياق. ومن ذلك قصة أبيّ بن خلف الذي كان يعلفُ حِصَانًا له، فإذا مرَّ برسول اللّه ﷺ يقول: إني سأقتلُك عليه، فيقولُ له رسول الله ﷺ : "بل أنا أقتلُك إن شاء اللّه" (١) فقتلَه يوم أحد كما قدَّمنا بسطَه. ومن ذلك إخبارُه عن مَصارع القتلى يومَ بدرٍ كما تقدم الحديثُ في الصحيح؛ أنه جعل يشيرُ قبلَ الوقعةِ إلى محلها ويقول: "هذا مصرعُ فلان غدًا إن شاء اللّه، وهذا مصرعُ فلان" (٢) قال: فوالذي بعثَه بالحقِّ ما حادَ أحدٌ منهم عن مكانه الذي أشارَ إليه رسولُ اللّه ﷺ . ومن ذلك قولُه لذلك الرجل الذي كان لا يتركُ للمشركين شادةً ولا فاذّةً إِلَّا اتبعها ففراها بسيفه، وذلك يوم أحد، وقيل: خيبر - وهو الصحيح - وقيل: في يوم حُنين، فقال الناس: ما أغنى أحدٌ اليوم ما أغنى فلان، يقال: إنه قَزْمَان، فقال: "إنه من أهل النار" فقال بعضُ الناسِ: أنا صاحبُه، فاتَّبعَه، فجُرح، فاستعجلَ الموتَ، فوضعَ ذُبَابَ سيفه في صدرِه ثم تحاملَ عليه حتى أنفذَه، فرجعَ ذلك الرجل فقال: أشهدُ أن لا إله إِلَّا اللّه وأَنَّكَ رسولُ اللّه، فقال: "وما ذاك؟ " فقال: إن الرجلَ الذي ذكرتَ آنفًا كان من أمره كيتَ وكيتَ. فذكرَ الحديث (٣) ، كما تقدم. ومن ذلك إخبارُه عن فتح مدائن كسرى وقصور الشام وغيرها من البلاد يومَ حَفر الخندق، لمَّا ضربَ بيده الكريمة تلك الصخرةَ فبَرِقَت من ضربه، ثم أخرى، ثم أُخرى، كما قدَّمنا (٤) . ومن ذلك إخبارُه ﷺ عن ذلك الذراع (٥) أنه مسمومٌ، فكان كما أخبرَ به، اعترف اليهودُ بذلك، وماتَ من أكلَ معه - بِشْرُ بن البراء بن مَعرور -. ومن ذلك ما ذكرَه عبدُ الرزاق، عن مَعمر؛ أنه بلغَه أن رسولَ الله ﷺ قال ذات يوم: "اللهم نجِّ
(١) دلائل النبوة؛ للبيهقي (٣/ ٢٥٨) عن الحاكم أبي عبد اللّه، وفي إسناده ابن لهيعة، وهو ضعيف، ورواه موسى بن عقبة، عن ابن شهاب، عن سعيد بن المسيب، ورواه عبد الرحمن بن خالد بن معافر، عن ابن شهاب، عن ابن المسيب. والحديث في سيرة ابن هشام (٣/ ٣٧) ومغازي الواقدي (١/ ٢٥٠) وهو مرسل، وله شاهد. (٢) رواه مسلم في صحيحه رقم (١٧٧٩) في الجهاد، عن أبي بكر بن أبي شيبة، وأبو داود في سننه رقم (٢٦٨١) في الجهاد عن موسى بن إسماعيل. (٣) رواه البخاري في صحيحه رقم (٤٢٠٢) و (٤٢٠٧) في المغازي باب غزوة خيبر. ومعنى لا يترك شاذة ولا فاذة: أي لا يترك عدوًا إِلَّا قتله؛ منفردًا كان أو مع الجماعة. ورجح الحافظ ابن حجر أن تكون القصة قد وقعت في غزوة خيبر؛ كما أوردها البخاري. فح الباري (٧/ ٤٧٢) وقد تقدم هذا الموضوع مستوفى عند ابن كثير في قسم السيرة النبوية. (٤) تقدم ذلك في السيرة النبوية؛ باب معجزاته ﷺ في غزوة الخندق. (٥) رواه البخاري في صحيحه رقم (٣١٦٩) في الجزية، ورقم (٥٧٧٧) في الطب، ورواه مسلم في صحيحه رقم (٢١٩٠) في السلام.

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