(1) Cela relève du soutien et de la victoire accordés par Dieu – Exalté soit-Il –, car Son ennemi Le redoutait même lorsque le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) se trouvait à une distance d’un mois de voyage. On rapporte en effet que s’il entreprenait d’attaquer un peuple, celui-ci était frappé de terreur un mois avant son arrivée, que Dieu lui accorde sans cesse Ses bénédictions et Sa paix jusqu’au Jour de la Rétribution.
[Chapitre]
Quant aux hadiths qui prouvent qu’il a prédit et annoncé ce qui arriva par la suite, citons notamment ce que nous avons déjà évoqué au sujet de la « feuille » (as-sahifa) dont les clans de Quraych convinrent : ils se liguèrent contre Banû Hâshim et Banû al-Muttalib afin de ne leur apporter aucun soutien, de ne pas se lier à eux par mariage ou par transaction commerciale, jusqu’à ce qu’ils leur livrent le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Alors Banû Hâshim et Banû al-Muttalib se réfugièrent dans le défilé d’Abû Tâlib, croyants et polythéistes confondus, répugnant à cet acte et y résistant pour toujours, tant qu’ils vivraient et se succéderaient.
C’est dans ce contexte qu’Abû Tâlib composa son élégie rimant en « lâm », où il dit :
« Vous avez menti, par la Maison de Dieu, si vous pensez
pouvoir humilier Muhammad,
quand nous n’avons pas encore combattu pour le défendre et lutter à ses côtés.
Nous ne l’abandonnerons jamais, pas avant de tomber autour de lui,
oublieux de nos enfants et de nos épouses.
Jamais, ô toi dont on vante l’ascendance, un peuple n’aura laissé
un chef qui protège l’honneur et qui n’est ni faible ni défaillant.
C’est un homme au visage radieux, par lequel on implore du ciel la pluie,
un refuge pour les orphelins, un appui pour les veuves.
Ceux d’entre les Banû Hâshim qui craignent le malheur se réfugient sous sa protection,
car auprès de lui ils jouissent d’une vie agréable et de bienfaits nombreux. » (2)
La tribu de Quraych avait suspendu cette convention dans un parchemin sous le toit de la Ka‘ba. Dieu fit alors que les termites l’attaquèrent et en dévorèrent tout ce qui y était inscrit de paroles iniques et injustes, selon l’un des récits. D’autres disent qu’elles en avaient tout dévoré, à l’exception des noms de Dieu – Exalté soit-Il. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) en informa son oncle Abû Tâlib, qui alla trouver Quraych en déclarant : « Mon neveu m’a fait part de ce qu’il en est de votre feuille : Dieu l’a touchée par les termites qui ont tout mangé, sauf ce qui s’y trouvait comme noms de Dieu. » Ou une parole de ce sens.
Abû Tâlib ajouta : « Apportez-la donc ! Si c’est tel qu’il l’a dit, alors retirez votre jugement ; sinon je vous livrerai mon neveu. » Ils la descendirent, l’ouvrirent, et constatèrent qu’elle était telle que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) l’avait annoncée. C’est alors qu’ils annulèrent leur pacte, et Banû Hâshim ainsi que Banû al-Muttalib rentrèrent à La Mecque, reprenant leur situation antérieure, comme nous l’avons déjà mentionné (3). Louange à Dieu.
Par ailleurs, il y a aussi le hadith de Khabbâb ibn al-Aratt, lorsqu’il vint, avec des croyants sans défense comme lui, demander l’aide du Prophète (que la prière et la paix soient sur lui). Celui-ci reposait alors sa tête sur son manteau, à l’ombre de la Ka‘ba, priant pour eux en raison des souffrances et des humiliations qu’ils enduraient. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) se releva, le visage rougi, et dit :