Le fait est que la promesse porta d’abord sur la caravane, en raison des biens et des hommes qu’elle renfermait, tandis qu’ils redoutaient la rencontre de l’armée, à cause de sa puissance et de son équipement. Mais Dieu leur choisit ce qu’il y avait de meilleur et réalisa Sa promesse au sujet de l’armée, abattant sur elle Sa rigueur qu’on ne peut repousser. Soixante-dix de leurs notables furent tués, soixante-dix autres faits prisonniers, et ils rachetèrent leur liberté par de grands biens, si bien que Dieu leur accorda les bénéfices à la fois d’ici-bas et de l’au-delà.
C’est en ce sens que le Très-Haut déclare : « Et Dieu veut faire triompher la vérité par Ses paroles et anéantir jusqu’au dernier les mécréants » (Coran 8 : 7). L’explication de ce verset a déjà été présentée à propos de la bataille de Badr.
Dieu – exalté soit-Il – dit également : « Ô Prophète ! Dis à ceux des prisonniers qui sont entre vos mains : “Si Dieu sait qu’il y a du bien dans vos cœurs, Il vous donnera bien plus que ce qui vous a été pris et vous pardonnera ; car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.” » (Coran 8 : 70). C’est effectivement ce qui eut lieu : Dieu gratifia de biens d’ici-bas et de l’au-delà quiconque, parmi eux, embrassa l’islam.
En témoigne également le récit rapporté par al-Bukhârî(1), selon lequel al-‘Abbâs vint trouver l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) en disant : « Ô Messager de Dieu, accorde-moi (quelque chose), car j’ai racheté ma propre personne et celle de ‘Aqîl ! » Le Prophète lui répondit : « Prends ! » Il emplit alors son vêtement d’une quantité (d’argent) si considérable qu’il ne pouvait la porter. Il en retira peu à peu jusqu’à pouvoir la charger sur ses épaules et partit avec, ainsi qu’on l’a relaté de manière détaillée à l’endroit adéquat. Telle est l’illustration de la véracité de ce verset béni.
Dieu dit encore : « Et si vous craignez la pauvreté, Dieu vous accordera bientôt une abondance de Sa grâce » (Coran 9 : 128). C’est exactement ce qui se produisit : Dieu les dédommagea de ce que leur apportaient les pèlerins polythéistes, en leur prescrivant de combattre les Gens du Livre, de prélever la jizya sur eux et de s’approprier les biens de ceux d’entre eux qui périrent dans leur mécréance. Cela se réalisa de manière manifeste à l’encontre des incroyants du Shâm (Byzance), des Mages de Perse en Irak, ainsi que dans les autres territoires sur lesquels l’islam s’étendit et qu’il gouverna. À ce propos, Dieu le Très-Haut déclare : « C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la guidée et la religion de la vérité pour la faire prévaloir sur toute autre religion, en dépit de l’aversion des polythéistes » (Coran 9 : 33).
Dieu dit encore : « Ils jureront par Dieu, lorsque vous retournerez à eux, afin que vous passiez outre. Écartez-vous donc d’eux, car ils ne sont que souillure » (Coran 9 : 95). Ainsi arriva-t-il, lorsque le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) revint de l’expédition de Tabûk : un groupe d’hypocrites, restés en arrière, se mirent à jurer devant Dieu avoir une excuse valable pour leur absence, alors qu’ils mentaient. Dieu ordonna alors à Son Messager de les traiter selon leur apparence, sans les démasquer devant les gens, bien qu’Il l’eût informé de l’identité de quatorze d’entre eux, comme déjà mentionné à propos de la bataille de Tabûk. Hudhayfa ibn al-Yamân était parmi ceux qui les connaissaient, grâce à l’indication que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) lui en avait donnée.
Dieu – gloire à Lui – déclare également : « Ils ont presque réussi à te contraindre à quitter le territoire, pour t’expulser de chez toi ; et alors ils n’y seraient demeurés qu’un court laps de temps après toi » (Coran 17 : 76). Cela se produisit réellement, lorsqu’ils complotèrent pour l’emprisonner, le tuer ou le chasser de chez eux ; leur choix se fixa sur son assassinat. C’est alors que Dieu ordonna à Son Messager de quitter leurs rangs, et il sortit accompagné de son Véridique (Abû Bakr).