Oumayya.
Notre Cheikh a dit : « Il est possible qu’il y ait eu une erreur quant à l’élévation (du hadith), et qu’il ne s’agisse en réalité que de la parole d’Abd Allâh ibn ‘Amr à propos de ses deux écrits (zâmilatayhi). Et Dieu est plus savant. »
J’ai dit : « Toutefois, dans le hadith mursal qui précède et dans celui rapporté par Jâbir, on trouve également un témoignage en sa faveur, et Dieu est plus savant. »
Puis, au sujet de la Parole du Très-Haut : « Il se détourna d’eux et dit : “Ô mon peuple, je vous ai bien transmis le message de mon Seigneur et vous ai donné un conseil sincère, mais vous n’aimez pas les conseillers sincères.” » (Al-A‘râf, 7 : 79). Il s’agit ici d’un récit à propos du prophète Sâlih (que la paix soit sur lui), indiquant qu’il s’adressa à son peuple après leur destruction, au moment où il s’éloignait de leur lieu d’habitation pour aller ailleurs. Il leur dit : « Ô mon peuple, je vous ai pleinement transmis le message de mon Seigneur et je vous ai donné un conseil sincère » (Al-A‘râf, 7 : 79), c’est-à-dire que j’ai fait tout mon possible pour vous guider et j’ai tout mis en œuvre pour cela, tant par mes paroles, mes actes que mes intentions. « Mais vous n’aimez pas les conseillers sincères » (Al-A‘râf, 7 : 79), autrement dit, votre nature ne recherchait pas la vérité et ne la désirait pas. C’est pourquoi vous avez fini dans ce châtiment douloureux qui se prolongera sans fin. Je n’ai aucun moyen de vous secourir ni la force de vous défendre. J’ai fait ce qui m’incombait en vous transmettant le message et en vous conseillant, mais Dieu accomplit ce qu’Il veut.
C’est de la même manière que le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) s’adressa aux habitants du puits de Badr trois nuits plus tard. Il se tint devant eux alors qu’il était déjà sur sa monture, prêt à partir en fin de nuit. Il dit : « Ô gens du puits ! Avez-vous trouvé que la promesse de votre Seigneur est vraie ? Car pour ma part, j’ai trouvé que ce que mon Seigneur m’a promis est (bel et bien) vrai. » Il leur dit aussi : « Quelle détestable tribu vous avez été pour votre Prophète ! Vous m’avez traité de menteur alors que d’autres m’ont cru ; vous m’avez expulsé alors que d’autres m’ont donné asile ; vous m’avez combattu alors que d’autres m’ont secouru. Oui, quelle détestable tribu vous avez été pour votre Prophète ! » Là-dessus, ‘Umar lui dit : « Ô Messager de Dieu, t’adresses-tu à des gens qui sont déjà en décomposition ? » Il répondit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, vous n’êtes pas plus en mesure d’entendre mes paroles qu’eux, mais ils ne peuvent pas vous répondre. » (3) L’explication complète de ce hadith viendra plus loin, si Dieu le veut.
On rapporte que Sâlih (que la paix soit sur lui) quitta ensuite sa région pour se rendre dans le Sanctuaire sacré (La Mecque) et y demeura jusqu’à sa mort.
L’imam Ahmad (4) a rapporté : « Waki‘ nous a dit : “Zam‘a ibn Sâlih nous a rapporté d’après Salama ibn Wuharâm, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs.” Celui-ci raconta : “Lorsque le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) passa par le vallon d‘Usfân, alors qu’il était en pèlerinage, il dit : ‘Ô Abû Bakr, quel est ce vallon ?’ Abû Bakr répondit : ‘C’est le vallon d‘Usfân.’ Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) dit alors : ‘Hou d et Sâlih (que la paix soit sur eux) y sont passés avant nous, montés sur des chamelles dont les licols étaient en fibres de palmier ; ils portaient des habits de laine et des manteaux rayés. Ils répétaient la talbiya et accomplissaient le pèlerinage à la Maison antique.’” C’est là un isnâd (chaîne de transmission) jugé bon (5). »