Il ne fait aucun doute que la parole est ici manifeste. Quant à ceux, parmi les Gens du Livre, qui voudraient infléchir ce sens et l’interpréter à propos de Bayt al-Maqdis (Jérusalem), cela ne lui correspond pas sous tous les aspects, et Dieu est plus savant.
Dans les feuillets d’Irmiya (Jérémie), il est dit : « Un astre apparut du sud, ses rayons sont comme des éclairs, ses flèches sont perçantes, et les montagnes furent ébranlées pour lui. » Il s’agit là de Muhammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui).
Dans l’Évangile, Jésus (que la paix soit sur lui) déclare : « Je m’élève vers les jardins les plus hauts et je vous enverrai le Paraclet (fârqilîṭ), l’Esprit de vérité, qui vous enseignera toute chose. Il ne dit rien de lui-même. » Or, par “Paraclet”, on vise Muhammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Cela rejoint la parole de Jésus mentionnée précédemment : « …et annonçant la bonne nouvelle d’un Messager qui viendra après moi et dont le nom sera Ahmad » (as-Saff, 6).
Ce sujet est vaste, et si nous voulions recenser tout ce qu’en ont dit les gens, ce chapitre deviendrait fort long. Nous avons simplement fait allusion à quelques extraits qui serviront de guide à quiconque Dieu éclaire la clairvoyance et dirige vers Son chemin droit. La plupart de ces textes sont connus par nombre de leurs savants et de leurs rabbins, mais ceux-ci les dissimulent et les cachent.
Le ẖâfiẓ Abû Bakr al-Bayhaqî (1) a rapporté : « Abû ‘Abd Allâh al-Hâfiẓ et Muḥammad ibn Mûsâ ibn al-Faḍl nous ont informés, en disant : “Abû al-‘Abbâs Muḥammad ibn Ya‘qûb nous a transmis, lequel tenait de Muḥammad ibn ‘Ubayd Allâh ibn Abî Dâwud al-Munâdî, qui tenait de Yûnus ibn Muḥammad al-Muʾaddib, qui tenait de Ṣâliḥ ibn ‘Umar, qui tenait de ‘Âṣim ibn Kulayb, celui-ci de son père, et ce dernier de al-Faltân ibn ‘Âṣim :
‘Nous étions assis auprès du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) lorsqu’il fixa du regard un homme et l’appela. Il s’avança : c’était un Juif vêtu d’une chemise, d’un pantalon et chaussé de sandales. À chaque fois, il disait : “Ô Messager de Dieu !”, et le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) lui répondait : “Attestes-tu que je suis le Messager de Dieu ?” Mais l’homme se bornait à répéter : “Ô Messager de Dieu !” sans accepter de témoigner.
Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) lui demanda alors : “Lis-tu la Torah ?” Il répondit : “Oui.” Le Prophète poursuivit : “Et l’Évangile ?” Il répondit : “Oui, et le Furqân (Coran) également. Par le Seigneur de Muḥammad, si je le voulais, je le réciterais.” Le Prophète reprit : “Je t’adjure par Celui qui a fait descendre la Torah et l’Évangile” — et d’autres formules de serment — “m’y trouves-tu (mentionné) ?” L’homme répondit : “Nous y trouvons une description qui te ressemble, sortant du lieu d’où tu es venu. Nous espérions qu’il fût parmi nous. Quand tu es apparu, nous avons pensé que c’était toi. Mais après examen, nous avons vu que tu n’étais pas lui.”
Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) demanda : “Et pourquoi cela ?” L’homme expliqua : “Nous trouvons que, parmi ta communauté, soixante-dix mille entreront au Paradis sans jugement, alors qu’en votre groupe vous êtes peu nombreux.” Sur ce, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) prononça plusieurs fois le tahlîl (Lâ ilâha illâ Allâh) et le takbîr (Allâhu akbar). Puis il dit : “Par Celui qui détient l’âme de Muḥammad dans Sa main, c’est assurément moi, et dans ma communauté ils seront bien plus que soixante-dix mille, et soixante-dix, et soixante-dix.”’ » (3)