Et dans ces deux (recueils) est rapporté : « J’ai été envoyé au noir et au rouge. » (1) On a dit que cela s’applique aux Arabes et aux non-Arabes. On a également dit qu’il s’agit de l’humanité et des djinns. Or, l’opinion la plus solide est plus générale que cela.
Ce qui importe, c’est que les annonces de sa venue (que la paix et la bénédiction soient sur lui) se trouvent dans les Livres transmis par les prophètes qui l’ont précédé, jusqu’à ce que la prophétie parvienne au dernier Prophète issu des Fils d’Israël, à savoir Jésus, fils de Marie. Celui-ci assura cette bonne annonce parmi les Enfants d’Israël, et Dieu en a fait mention, lorsqu’Il dit : « Et [rappelle-toi] quand Jésus, fils de Marie, dit : “Ô Enfants d’Israël ! Je suis vraiment le Messager de Dieu pour vous, confirmant ce qui était avant moi de la Torah et vous annonçant la venue d’un Messager après moi dont le nom est Ahmad.” » (Coran 61:6).
Ainsi, Muhammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a affirmé que sa mention se trouvait dans les Livres antérieurs. Cette information est contenue dans le Coran et attestée par les hadiths authentiques, comme cela a été évoqué auparavant. De surcroît, il est reconnu, même par ceux qui ne le suivent pas, comme étant parmi les hommes les plus sages. Cela prouve certainement sa véracité, car s’il n’avait pas été convaincu de ce qu’il annonçait, une telle affirmation l’aurait au contraire éloigné des gens, et aucun être raisonnable n’aurait osé s’y risquer. L’objectif est donc de souligner qu’il était l’un des plus sensés des hommes aux yeux de tous, et qu’en réalité, il demeure le plus raisonnable d’entre eux.
En outre, son appel s’est propagé d’Orient en Occident, et sa communauté a établi son autorité sur toutes les contrées du monde d’une manière inégalée par aucune autre nation auparavant. Or, si Muhammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) n’avait pas été un prophète, son influence aurait été la plus néfaste qui soit. Dans ce cas, les prophètes auraient catégoriquement mis en garde contre lui et dissuadé leurs peuples de le suivre, car ils ont déjà prévenu, dans leurs Livres, au sujet des faux prédicateurs et de l’Imposteur (al-Masîh ad-Dajjâl), l’Antéchrist borgne et menteur — et l’on sait même que Noé, premier des messagers, avertit déjà son peuple à son sujet.
Or, pas un seul prophète n’a expressément conseillé de se méfier de Muhammad, n’a invité son peuple à le fuir, ni n’a transmis la moindre indication le décriant. Au contraire, ils l’ont tous annoncé, loué, salué et ordonné de le suivre, interdisant de le contredire et de se soustraire à son autorité. Dieu (exalté soit-Il) dit : « Et [rappelle-toi] quand Dieu prit l’engagement des prophètes [en leur disant] : “Chaque fois que Je vous accorderai le Livre et la Sagesse et qu’ensuite viendra à vous un Messager confirmant ce qui est avec vous, vous devrez assurément croire en lui et le soutenir.” Puis [Dieu] dit : “Consentez-vous et acceptez-vous Mon pacte à cette condition ?” Ils dirent : “Nous y consentons.” Il dit : “Alors, attestez-le, et Moi aussi Je serai avec vous parmi les témoins. Quiconque se détourne après cela, voilà donc ceux qui sont les pervers.” » (Coran 3:81-82).
Ibn ‘Abbâs (que Dieu l’agrée) a dit : « Dieu n’a jamais envoyé un prophète sans prendre de lui l’engagement que s’Il suscitait Muhammad de son vivant, il devrait croire en lui et le soutenir. Et Il lui ordonna de lier sa propre communauté par ce même pacte : si Muhammad était suscité de leur vivant, ils devraient croire en lui et le suivre. » (2) Ce hadith est rapporté par al-Bukhârî. (3)