Abou az-Zoubayr rapporte, d’après Djâbir, que celui-ci a dit : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) passa par al-Hidjr, il déclara : “Ne demandez pas de miracles, car le peuple de Sâlih en demanda. Alors la chamelle (c’est d’elle qu’il s’agit) entrait par ce défilé et ressortait par l’autre. Au sujet d’eux, Dieu a dit : « Ils tuèrent la chamelle et s’enorgueillirent en méprisant l’ordre de leur Seigneur » (Al-A‘râf, 7:77). La chamelle buvait leur eau un jour, et ils buvaient son lait le jour suivant. Puis ils la tuèrent. Un Cri les saisit, et Dieu anéantit sous la voûte du ciel chacun d’eux, à l’exception d’un seul homme qui se trouvait dans le Sanctuaire de Dieu.” Ils demandèrent : “Qui était-ce, ô Messager de Dieu ?” Il répondit : “C’était Abou Righâl ; lorsqu’il sortit du Sanctuaire, il fut frappé par la même calamité qui s’abattit sur son peuple.” » (1)
Ce hadith répond aux critères de Muslim, bien qu’il ne figure dans aucun des six recueils canoniques. Dieu est plus savant.
‘Abd ar-Razzâq a également rapporté (2) : Ma‘mar a dit : Ismâ‘îl ibn Oummayya m’a informé que le Prophète (ﷺ) passa près de la tombe d’Abou Righâl et déclara : « Savez-vous qui est cet homme ? » Ils répondirent : « Dieu et Son Messager sont plus savants. » Il dit : « Ceci est la tombe d’Abou Righâl, un homme de Thamoud qui se trouvait dans le Sanctuaire de Dieu. La protection du Sanctuaire l’avait préservé du châtiment de Dieu. Lorsqu’il en sortit, le même fléau qui toucha son peuple le frappa. Il fut enterré à cet endroit, et un rameau d’or fut enseveli avec lui. » Les compagnons descendirent alors, levèrent leurs épées, creusèrent et en extrairent ce rameau. ‘Abd ar-Razzâq précise : Ma‘mar a dit que selon az-Zouhrî, Abou Righâl est l’ancêtre de Thaqîf.
Ce récit est rapporté sous forme mursal (non relié) selon cette chaîne de transmission, mais il est parvenu par une autre voie, reliée, comme l’évoque Muhammad ibn Ishâq dans sa Sîra : d’après Ismâ‘îl ibn Oummayya, d’après Bajîr ibn Abî Bajîr, qui a dit : « J’ai entendu ‘Abd Allâh ibn ‘Amr dire : “J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) lorsque nous étions en route avec lui vers at-Tâ’if. En passant près d’une tombe, il dit : ‘Voici la tombe d’Abou Righâl, l’ancêtre de Thaqîf. Il faisait partie de Thamoud et se trouvait dans ce Sanctuaire, qui le protégeait. Quand il en sortit, la calamité qui frappa son peuple le toucha ici même, et il y fut enterré. La preuve en est qu’on a enterré avec lui un rameau d’or ; si vous le mettez à jour en creusant, vous le trouverez.’” Les gens s’empressèrent donc de creuser sa tombe et ils en retirèrent le rameau d’or. » (3)
C’est ainsi qu’Abou Dâoûd (4) le relate d’après Muhammad ibn Ishâq. Notre maître, le hafiz Abou l-Hajjâj al-Mizzî (5), a déclaré : « C’est un hadith bon et rare. » J’ajoute : « Il est rapporté seulement par Bajîr ibn Abî Bajîr, qui n’est connu que par ce hadith, et personne d’autre qu’Ismâ‘îl ibn… n’a narré de lui. »