Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Prophète David (que la paix soit sur lui) – ou tout autre Prophète (que la paix soit sur lui) cité ici – n’a jamais été envoyé par Dieu sans que l’ange Jibril (Gabriel) ne soit son allié. Ils dirent alors : « Nous nous séparons de toi. Si ton allié avait été un autre ange, nous t’aurions prêté allégeance et cru en toi. » Le Prophète répondit : « Qu’est-ce qui vous empêche de le croire ? » Ils répliquèrent : « Il est notre ennemi parmi les anges. » C’est à ce sujet que Dieu fit descendre le verset : « Dis : “Celui qui est ennemi de Gabriel… c’est lui qui l’a fait descendre sur ton cœur, par la permission de Dieu…” » (Sourate Al-Baqara, 2 : 97), ainsi que le verset : « Ils ont donc encouru colère sur colère… » (Sourate Al-Baqara, 2 : 90).

Autre hadith : L’imam Ahmad a rapporté (par l’intermédiaire de Yazid puis de Shu’bah, d’après ‘Amr ibn Murrah), qu’il entendit ‘Abdallah ibn Salamah raconter au sujet de Safwân ibn ‘Assâl al-Murâdî ce qui suit. Un Juif dit alors à son compagnon : « Allons voir ce Prophète, afin de l’interroger sur ce verset : “Nous avons accordé à Moïse neuf signes évidents” » (Sourate Al-Isrâ’, 17 : 101). Son compagnon lui répondit : « Ne lui dis rien, car s’il t’entend, il aura alors quatre yeux. » Ils allèrent quand même l’interroger, et le Prophète (ﷺ) déclara : « Ne donnez aucun associé à Dieu, ne volez pas, ne commettez pas d’adultère, ne tuez pas la vie qu’Il a rendue sacrée si ce n’est à bon droit, ne pratiquez pas la sorcellerie, ne mangez pas de l’usure, ne livrez pas un innocent aux autorités pour qu’il soit mis à mort, ne calomniez pas une femme vertueuse — ou, dit-il : ne fuyez pas au jour du combat (Shu’bah hésitait) — et vous, ô communauté juive, il vous est en outre interdit de transgresser pendant le sabbat. » Les deux Juifs embrassèrent alors les mains et les pieds du Prophète et dirent : « Nous témoignons que tu es Prophète. » Il leur demanda : « Qu’est-ce qui vous empêche alors de me suivre ? » Ils répondirent : « David (que la paix soit sur lui) a invoqué Dieu pour qu’il ne cesse jamais de se trouver un Prophète parmi ses descendants. Nous craignons que, si nous devenions musulmans, les Juifs ne nous tuent. »

Ce hadith a aussi été rapporté par At-Tirmidhî, An-Nassâ’î, Ibn Mâjah, Ibn Jarîr, Al-Hâkim et Al-Bayhaqî, selon plusieurs chaînes de transmission remontant à Shu’bah, et At-Tirmidhî a jugé ce hadith “bon et authentique”. J’ajoute que certains des narrateurs ont fait l’objet de critiques (3). Il est probable que le rapporteur ait confondu les neuf signes (évoqués dans le verset) avec les dix paroles (commandements). En effet, les préceptes que Dieu confia à Moïse et qui lui furent révélés la nuit du mont (Tûr) après la sortie des enfants d’Israël du pays d’Égypte – alors que les gens de ce peuple entouraient la montagne et que Hârûn (Aaron), accompagné d’autres savants, se tenait aussi au mont – sont ces dix commandements que Dieu révéla alors directement à Moïse. C’est de ceux-là qu’il est question dans ce hadith. Quant aux neuf signes, ce sont les miracles et prodiges dont Moïse (que la paix soit sur lui) fut investi en Égypte : le bâton, la main lumineuse, le déluge, les sauterelles, les poux, les grenouilles, le sang, la sécheresse et la diminution des récoltes.

J’ai déjà développé ce point de manière détaillée dans mon “Tafsîr”, pour qui voudrait plus d’explications, et Dieu est le plus Savant.

(1) Rapporté par Abū Dāwūd al-Ṭayyālsī, n° 2731, mais l'auteur le rapporte à partir des Dalaʾil d'al-Bayhaqī (6/266-267). (2) Rapporté par al-Tirmidhī (2733) dans le chapitre sur la permission, al-Nasāʾī (7/111) dans al-Kubrā (3541) et (8656), Ibn Mājah (3705) dans al-Adab, Ibn Jarīr dans son Tafsīr (15/172), al-Ḥākim (1/9) et al-Bayhaqī dans les Sunan (8/166). (3) Il s'agit probablement de ʿAbd Allāh ibn Salama al-Murādī, qui est faible mais acceptable, comme expliqué dans Tahrīr al-Taqrīb (2/217). (4) Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm d'Ibn Kathīr (3/66).
(عليه السلام) ، ولم يبعثِ الله نبيًّا قطُّ إلا وهو وليّه " فقالوا: نفارقُك، لو كان وليُّك غيره من الملائكة لبايعنَاك وصدَّقناكَ، قال: " فما يمنعُكم أن تُصدِّقوه؟ " قالوا: إنه عدوُّنا من الملائكة، فأنزل الله – Exalté soit-Il – : ﴿قُلْ مَنْ كَانَ عَدُوًّا لِجِبْرِيلَ فَإِنَّهُ نَزَّلَهُ عَلَى قَلْبِكَ بِإِذْنِ اللَّهِ﴾ الآية [البقرة: ٩٧] ، ونزلت ﴿فَبَاءُوا بِغَضَبٍ عَلَى غَضَبٍ﴾ الآية (١) [البقرة: ٩٠] . حديث آخر: قال الإمام أحمد، حدَّثنا يزيد، حدَّثنا شُعبة عن عمرو بن مُرَّةَ، سمعت عبدَ الله بن سلمة يُحدِّث عن صفوان بن عسال المرادي، قال: قال يهوديٌّ لصاحبه: اذهب بنا إلى هذا النبي حتى نسألَه عن هذه الآية: ﴿وَلَقَدْ آتَيْنَا مُوسَى تِسْعَ آيَاتٍ بَيِّنَاتٍ﴾ [الإسراء: ١٠١] فقال: لا تقل له شيئًا، فإنه لو سمعَك لصارت له أربعُ أعين، فسألاه: فقال النبي ﷺ : " لا تشركوا باللّه شيئًا، ولا تسرقوا، ولا تزنوا، ولا تقتلوا النفس التي حرم الله إلا بالحق، ولا تسحروا، ولا تأكلوا الربا، ولا تمشوا ببريءٍ إلى ذي سلطان ليقتلَه، ولا تقذفوا محصنةً، أوقال: لا تَفِرُّوا من الزحف- شعبةُ الشَّاكُّ- وأنتم يا معشرَ يهود عليكم خاصة ألَّا تَعدُوا في السَّبت " قال: فقبَّلا يديه ورجليه وقالا: نشهدُ أنَّك نبيّ، قال: فما يمنعُكما أن تَتَّبِعَاني؟ قالا: إن داودَ (عليه السلام) دعا ألا يزالَ من ذريته نبي، وإنا نخشى إن أسلمنا أن تقتلنَا يهودُ. وقد رواه الترمذي والنسائي وابن ماجه وابن جرير والحاكم والبيهقي (٢) من طرق، عن شُعبة، به، وقال الترمذيُّ: حسنٌ صحيح. قلت: وفي رجاله من تُكُلِّمَ فيه (٣) ، وكأنه اشتُبِه على الراوي التسعُ الآيات بالعشر الكلمات، وذلك أن الوصايا التي أوصاها الله إلى موسى وكلَّمه بها ليلة الطور بعدما خرجوا من ديار مصر، وشعبُ بني إسرائيل حول الطور حضورٌ، وهارون ومن معه من العلماء وقوف على الطور أيضًا، وحينئذ كلَّم الله موسى آمرأ له بهذه العشر كلمات، وقد فُسّرَت في هذا الحديث، وأما التسعُ الآيات فتلك دلائلُ وخوارق عادات أُيّدَ بها موسى (عليه السلام) ، وأظهَرها الله على يديه بديار مصر، وهي العصا، واليد، والطوفان، والجراد، والقُمَّل، والضفادع، والدم، والجدب، ونقص الثمرات. وقد بسطتُ القولَ على ذلك في " التفسير " (٤) بما فيه الكفاية، واللّه أعلم.
(١) رواه أبو داود الطيالسي رقم (٢٧٣١) ولكن المصنف نقله من دلائل البيهقي (٦/ ٢٦٦ - ٢٦٧). (٢) رواه الترمذي (٢٧٣٣) في الاستئذان، والنسائي (٧/ ١١١) وهو في الكبرى (٣٥٤١) و (٨٦٥٦)، وابن ماجه (٣٧٠٥) في الأدب، وابن جرير في تفسيره (١٥/ ١٧٢)، والحاكم (١/ ٩)، والبيهقي في السنن (٨/ ١٦٦). (٣) لعله يشير إلى عبد الله بن سلمة المرادي، فهو ضعيف يعتبر به كما هو مبين في تحرير التقريب (٢/ ٢١٧). (٤) تفسير القرآن العظيم؛ لابن كثير (٣/ ٦٦).

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