Ils crurent également à cette promesse certaine. Mais quand vint le soir, ils projetèrent de le tuer et voulurent, selon leurs allégations, lui infliger le même sort qu’à la chamelle : « Ils dirent : “Faites un serment par Dieu : Nous l’attaquerons de nuit, lui et sa famille” » (Les Fourmis, 49). Autrement dit, ils voulaient l’assaillir dans sa demeure, en compagnie de sa famille, afin de le tuer. Puis ils se promirent de nier leur acte et de le renier si ses proches exigeaient réparation pour son sang. C’est pourquoi ils déclarèrent : « Ensuite, nous dirons à son proche : “Nous n’avons pas été témoins de la perte de sa famille, et nous sommes certes véridiques” » (Les Fourmis, 49).
Dieu — exalté soit-Il — dit : « Ils ourdirent un complot, et Nous ourdîmes un complot sans qu’ils ne s’en rendent compte. Regarde donc quelle fut la conséquence de leur complot : Nous les anéantîmes, eux et tout leur peuple. Voilà leurs demeures désertes à cause de leur injustice. Voilà bien là un signe pour des gens qui savent. Et Nous sauvâmes ceux qui croyaient et qui étaient pieux » (Les Fourmis, 50-53).
En effet, Dieu — exalté soit-Il — envoya sur ces individus qui avaient l’intention de tuer Salih des pierres qui les écrasèrent avant le reste de leur peuple, pour les châtier immédiatement. Ainsi, au matin du jeudi — le premier jour du délai qui leur avait été accordé —, les visages des Thamûd étaient devenus jaunes, comme Salih (sur lui la paix) les en avait avertis. Puis, le soir venu, ils proclamèrent tous : « Attention, voilà qu’un jour du délai est déjà révolu. »
Ils se levèrent ensuite le vendredi, deuxième jour du délai, et leurs visages étaient rougis. Quand vint le soir, ils dirent : « Attention, deux jours du délai sont déjà passés. »
Au matin du troisième jour de sursis, le samedi, leurs visages étaient noircis. Quand le soir arriva, ils proclamèrent : « Attention, le délai est écoulé. »
Lorsqu’arriva l’aube du dimanche, ils se parfumèrent et se préparèrent, puis ils s’assirent pour attendre le châtiment, la punition et la vengeance ; ils ne savaient pas comment ils seraient frappés ni d’où viendrait leur supplice. Quand le soleil se leva, un cri éclata du ciel au-dessus d’eux, accompagné d’un violent tremblement de terre sous leurs pieds. Les âmes s’envolèrent alors, les vies s’éteignirent, tout mouvement cessa, les voix se turent et la réalité s’imposa : ils furent retrouvés dans leurs demeures gisant, des corps sans âme ni mouvement.
On raconte qu’il ne resta plus personne, à l’exception d’une jeune fille paralysée, nommée Kulliyya bint as-Salq — dite aussi “Adh-Dharî‘ah” —, grande négatrice et ennemie de Salih (sur lui la paix). Lorsqu’elle vit le châtiment, ses jambes recouvrèrent leur usage ; elle se leva et se mit à courir avec la plus grande célérité, jusqu’à rejoindre une tribu arabe à qui elle raconta ce qu’elle avait vu et ce qui était arrivé à son peuple. Elle leur demanda ensuite de l’eau, et, dès qu’elle en but, elle mourut.
Dieu — exalté soit-Il — dit : « Comme s’ils n’avaient jamais vécu là dans l’abondance » (Hûd, 68), c’est-à-dire comme s’ils n’y avaient jamais joui de prospérité. « En vérité, les Thamûd ont renié leur Seigneur. Qu’ils soient donc exclus (de Sa miséricorde), les Thamûd ! » (Hûd, 68). C’est ainsi que la voix du destin les désigna.
L’imam Ahmad — que Dieu lui fasse miséricorde — a rapporté (2) : « Abd ar-Razzâq nous a rapporté, d’après Ma‘mar, d’après ‘Abdallah ibn ‘Uthmân ibn Khuthaym, d’après… »