Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il est rapporté dans les deux Sahîh (1) que le Prophète (– qu'Allah leur fasse miséricorde –) invoqua la bénédiction pour ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Awf lorsqu’il remarqua sur lui cette trace (2) de safran à l’occasion de ses noces. Allah exauça ainsi l’invocation de Son Messager (ﷺ) et lui permit de prospérer dans le commerce et de bénéficier de gains de guerre, si bien qu’il amassa une immense fortune. En effet, à sa mort, l’une de ses quatre épouses consentit à une transaction portant sur le quart de son huitième de succession contre quatre-vingt mille.

Il est également rapporté dans un ḥadith transmis par Shabīb ibn Gharaqadah, qui a entendu le témoignage de certains membres de la tribu à propos de ‘Urwah ibn Abī al-Ja‘d al-Māzinī, que le Messager d’Allah (ﷺ) lui donna un dīnār pour acheter un mouton « pour le sacrifice ». ‘Urwah en acheta deux, vendit l’un d’eux contre un dīnār, puis se présenta au Prophète (ﷺ) avec un mouton et un dīnār. Le Prophète (ﷺ) lui dit alors : « Qu’Allah bénisse la transaction de ta main droite ! » Dans une autre version, il est rapporté qu’il invoqua la bénédiction pour son commerce, au point que si ‘Urwah avait acheté de la terre, il en aurait tiré profit (3).

Al-Bukhârî a rapporté : « ‘Abdullâh ibn Yûsuf nous a dit, Ibn Wahb nous a informés, Sa‘îd ibn Abī Ayyûb a rapporté d’Abû ‘Aqîl que son grand-père, ‘Abdullâh ibn Hishâm, l’emmenait au marché (4) pour acheter de la nourriture. Ils rencontraient alors Ibn az-Zubayr et Ibn ‘Umar, qui lui disaient : “Fais-nous participer à ta vente, car le Messager d’Allah (ﷺ) a prié pour que tu sois béni.” Il les associait donc à sa transaction, si bien qu’il lui arrivait parfois de revendre la monture telle quelle et de l’envoyer ensuite chez lui (5). »

Al-Bayhaqî a dit : « Abû Sa‘d al-Mâlînî nous a informés, Ibn ‘Adî nous a informés, ‘Alî ibn Muḥammad ibn Sulaymân al-Ḥalabî nous a rapporté, Muḥammad ibn Yazīd al-Mustamlî a rapporté, Shabâbah ibn ‘Abdullâh a rapporté, Ayyûb ibn Sayyâr a rapporté de Muḥammad ibn al-Munkadir, de Jâbir, d’Abû Bakr, de Bilâl, qui a dit : “J’ai fait l’appel à la prière (adhân) un matin glacial. Le Prophète (ﷺ) sortit et ne vit personne dans la mosquée. Il demanda : ‘Où sont les gens ?’ Je répondis : ‘Le froid les en a empêchés.’ Il dit alors : ‘Ô Allah, éloigne d’eux le froid !’ Je les vis ensuite affluer (6).” »

Al-Bayhaqî ajouta : « Ayyûb ibn Sayyâr est le seul à l’avoir rapporté. Une histoire semblable (7) est mentionnée dans le ḥadith transmis d’après Ḥudhayfah au sujet de l’épisode du fossé. »

(1) Rapporté par al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ au chapitre du mariage, n° 2049, et par Muslim dans son Ṣaḥīḥ, n° 1427, également au chapitre du mariage. (2) « ar-Raʿd » : trace du parfum. (3) Rapporté par al-Bukhārī, n° 3642, Abū Dāwūd, n° 3384, et Ibn Mājah, n° 2402 ; il s'agit d'un ḥadīth authentique. (4) Chez al-Bukhārī : « de/sur le marché » ou « vers le marché ». (5) Rapporté par al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ, n° 6353 au chapitre des invocations. (6) Dalaʾil an-Nubuwwa, par al-Bayhaqī (6/224) ; Dalaʾil an-Nubuwwa d'Abū Naʿīm, n° 392, dont la chaîne de transmission est faible, car elle contient Ayyūb b. Sayyār, considéré comme faible, selon al-Nasāʾī : abandonné, et elle contient aussi al-Mustamlī, également faible. Voir Mīzān al-Iʿtidāl d'al-Dhahabī (1/289), al-Majrūḥīn (1/171) et al-Kāmil fī al-Ḍuʿafāʾ d'Ibn ʿAdī (1/340). (7) Dans Dalaʾil al-Bayhaqī : et il en va de même.
وثبت في الصحيحين (١) ؛ أنه (رحمهم الله) دعا لعبد الرحمن بن عوف بالبركة حين رأى عليه ذلك الرَّدع (٢) من الزعفران لأجل العُرسِ، فاستجابَ الله لرسوله ﷺ ، ففتحَ له في المتجر والمغانم، حتى حصلَ له مال جزيلٌ بحيث إنه لما مات صُولحت امرأةٌ من نسائه الأربع عن ربع الثمن على ثمانين ألفًا. وثبت في الحديث من طريق شبيب بن غَرقَدَةَ؛ أنه سمع الحي يُخبرون عن عروةَ بن أبي الجَعد المازني، أن رسول الله ﷺ أعطاه دينارًا ليشتري له به شاةً " أُضحيةً " فاشترى به شاتين، وباع إحداهما بدينار، وأتاه بشاةٍ ودينار، فقال له: " باركَ الله لكَ في صفقة يمينك " وفي رواية: فدعا له بالبركة في البيع، فكان لو اشترى التراب لربح فيه (٣) . وقال البخاري: حدَّثنا عبد الله بن يوسف، أخبرنا ابن وهب، حدَّثنا سعيد بن أبي أيوب، عن أبي عقيل: أنه كان يخرج به جدُّه عبدُ الله بن هشام إلى السوق (٤) فيثتري الطعامَ فيلقاهُ ابنُ الزبير وابنُ عمر فيقولان: أشركنا في بَيعك فإنَّ رسولَ الله ﷺ قد دعا لك بالبركة فيشركهم، فربما أصابَ الراحلةَ كما هي فيبعثُ بها إلى المنزل (٥) . وقال البيهقي: أخبرنا أبو سعد الماليني، أنبأنا ابنُ عدي، حدَّثنا علي بن محمد بن سليمان الحلبي، حدَّثنا محمد بن يزيد المستملي، حدَّثنا شبابة بن عبد الله، حدَّثنا أيوب بن سَيَّار، عن محمد بن المنكدر، عن جابر، عن أبي بكر، عن بلال، قال: أذَّنتُ في غداة باردة، فخرج النبىِّ ﷺ فلم يرَ في المسجد أحدًا، فقال: " أين الناس؟ " فقلت: منعهم البَردُ، فقال: " اللهم أذهِب عنهم البَردَ " فرأيتهم يَتَروَّحون (٦) . ثم قال البيهقي: تفردَ به أيوب بن سيّار، ونظيرُ (٧) قد مضى في الحديث المشهور عن حذيفة فى قصة الخندق.
(١) رواه البخاري في صحيحه في النكاح رقم (٢٠٤٩)، ومسلم في صحيحه رقم (١٤٢٧) في النكاح. (٢) "الرَّدع": أثر الطيب. (٣) رواه البخاري رقم (٣٦٤٢) وأبو داود رقم (٣٣٨٤) وابن ماجه رقم (٢٤٠٢) وهو حديث صحيح. (٤) في البخاري: من السوق- أو إلى السوق. (٥) رواه البخاري في صحيحه رقم (٦٣٥٣) في الدعوات. (٦) دلائل النبوة، للبيهقي (٦/ ٢٢٤) ودلائل النبوة؛ لأبي نعيم رقم (٣٩٢)، وإسناده ضعيف، فيه أيوب بن سيار ضعيف، وقال النسائي: متروك، وفيه المستملي ضعيف أيضًا. ميزان الاعتدال؛ للذهبي (١/ ٢٨٩) والمجروحين (١/ ١٧١) والكامل في الضعفاء، لابن عدي (١/ ٣٤٠). (٧) في دلائل البيهقي: ومثله.

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