Zamʿa rapporte : « Le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) prononça un sermon, au cours duquel il mentionna la chamelle et celui qui l’avait tuée. Il dit : “(lorsque) le plus misérable d’entre eux s’élança” [ash-Shams : 12]. Un homme redoutable, fort et inébranlable parmi les siens se porta contre elle, semblable à Ibn Zamʿa (1). » Al-Bukhârî et Muslim (2) l’ont rapporté d’après le hadith de Hishâm. Quant au terme « ʿârim », il signifie : brave et noble ; « ʿazîz » renvoie à l’idée d’un chef puissant – c’est-à-dire obéi par son peuple.
Muhammad ibn Isḥâq a dit : « Yazîd ibn Muḥammad ibn Khuthaym (3) m’a raconté, d’après Muḥammad ibn Kaʿb, d’après Muḥammad ibn Khuthaym, d’après Yazîd, d’après ʿAmmâr ibn Yâsir, que le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) dit à ʿAlî : “Ne veux-tu pas que je t’informe au sujet des deux hommes les plus malheureux ?” Il répondit : “Bien sûr.” Le Prophète reprit : “Il s’agit de deux hommes : l’un est l’Uḥaymir de Thamûd, celui qui a tué la chamelle ; et l’autre est celui qui te frappera ici – il désigna son crâne – jusqu’à ce que celle-ci (ta barbe) soit trempée du sang (de ta tête).” » Ce hadith est rapporté par Ibn Abî Ḥâtim (4).
Allah, Exalté soit-Il, a dit : « Ils tuèrent alors la chamelle, et s’enorgueillirent contre l’ordre de leur Seigneur ; et ils dirent : “Ô Ṣâliḥ, fais-nous donc venir ce dont tu nous menaces, si tu es vraiment du nombre des Messagers.” » [al-Aʿrâf : 77]. Dans ces propos, ils ont cumulé plusieurs formes graves de mécréance, entre autres :
• Ils ont enfreint l’ordre d’Allah et de Son Messager, en osant faire ce qui était formellement interdit : tuer la chamelle qu’Allah avait désignée comme un signe.
• Ils ont réclamé la prompte venue du châtiment, s’en rendant ainsi doublement passibles : d’abord en rompant la condition dont Allah avait averti : « Et ne la touchez pas pour lui faire du mal, car un châtiment proche [dans un verset “grand” et dans un autre “douloureux”] vous saisirait » [Hûd : 64 ; ash-Shuʿarâ’ : 159 ; al-Aʿrâf : 73], toutes ces formules étant justes. Ensuite, en appelant eux-mêmes le châtiment sur leur tête.
• Ils ont de plus traité de menteur le Messager, en dépit de la preuve évidente de sa prophétie et de sa sincérité, preuve qu’ils connaissaient pertinemment ; mais leur mécréance, leur égarement et leur entêtement les ont conduits à rejeter la vérité et à nier la possibilité que le châtiment s’abatte sur eux.
Allah, Exalté soit-Il, a dit : « Alors ils la tuèrent. [Ṣâliḥ] leur dit : “Jouissez (encore) dans vos demeures pendant trois jours. Voilà une promesse qui ne sera pas démentie.” » [Hûd : 65]. Ils rapportent que, lorsqu’ils tuèrent la chamelle, le premier à l’attaquer fut Qudâr ibn Sâlif – qu’Allah le maudisse – qui la blessa aux jarrets et la fit tomber à terre ; ils se précipitèrent alors sur elle avec leurs sabres pour la mettre en pièces. En voyant cela, son petit – son veau – s’enfuit et gravit le sommet d’une montagne toute proche, où il poussa trois grands meuglements (6).
C’est pourquoi Ṣâliḥ leur dit : « Jouissez (encore) dans vos demeures pendant trois jours » [Hûd : 65], c’est-à-dire en dehors du jour même où ils abattirent la chamelle. Ils ne