Les Ansar disaient : « Invoque Dieu comme tu l’as fait pour eux. » Il leur répondit :
« Lequel préfères-tu ? Que j’invoque Dieu en ta faveur, afin qu’Il te soulage, ou bien que tu endures patiemment et que le Paradis t’appartienne ? »
Elle dit : « Non, par Dieu, ô Messager de Dieu, je préfère patienter trois jours, et par Dieu, je ne veux pas risquer Sa récompense au Paradis. » (1)
Muhammad ibn Yûnus al-Kudaymî est jugé faible (dans la transmission).
Al-Bayhaqî a relaté : « Ali ibn Ahmad ibn Abdân nous a informés, Ahmed ibn Ubayd as-Saffâr nous a transmis, Abdallah ibn Ahmad ibn Hanbal nous a rapporté, mon père nous a transmis, Hishâm ibn Lâhiq (en l’an 185), qui tenait lui-même son propos de ‘Âsim al-Ahwal, d’après Abû ‘Uthmân an-Nahdî, d’après Salmân al-Fârisî :
Salmân raconta : “La fièvre demanda la permission d’entrer auprès du Messager de Dieu (ﷺ). Il lui dit : ‘Qui es-tu ?’ Elle répondit : ‘Je suis la fièvre : je consume la chair et je bois le sang.’ Il lui dit : ‘Va auprès des habitants de Qubâ.’ Elle s’y rendit, et ces derniers vinrent au Messager de Dieu (ﷺ) le visage jauni, se plaignant de la fièvre. Le Prophète (ﷺ) leur demanda : ‘Qu’est-ce que vous préférez ? Si vous le souhaitez, j’invoquerai Dieu pour qu’Il vous en délivre ; ou bien, si vous le souhaitez, vous la supporterez, et elle effacera alors vos péchés.’ Ils répondirent : ‘Nous la laisserons, ô Messager de Dieu.’” (2)
Ce hadith ne figure pas dans le Musnad de l’imam Ahmad, ni dans aucun des recueils des Six (compilateurs reconnus). Nous avons déjà mentionné, au début du chapitre sur l’Hégire, qu’il invoqua (ﷺ) pour les habitants de Médine, afin que Dieu éloigne d’eux leur fièvre vers al-Juhfa ; et Dieu exauça son invocation. En effet, Médine était alors l’une des régions les plus insalubres, et Dieu l’assainit par la bénédiction de l’installation du Prophète en son sein et grâce à son invocation : que les prières et le salut de Dieu soient sur lui.
Autre hadith à ce sujet : l’imam Ahmad relata : « Rûh nous a rapporté, Shou’ba nous a rapporté d’après Abû Ja‘far al-Madînî, qui dit avoir entendu ‘Umâra ibn Khuzayma ibn Thâbit raconter d’après ‘Uthmân ibn Hunayf :
Un homme aveugle vint trouver le Prophète (ﷺ) et lui dit : ‘Ô Messager de Dieu, invoque Dieu pour qu’Il me guérisse.’ Le Prophète (ﷺ) lui répondit : ‘Si tu le souhaites, j’attendrai, car cela est meilleur pour ta vie future. Mais si tu le souhaites, je prierai pour toi.’ L’homme répondit : ‘Non, invoque plutôt Dieu en ma faveur !’ Alors le Messager de Dieu (ﷺ) lui ordonna de faire ses ablutions, de prier deux rak‘a, puis de formuler cette invocation : ‘Ô Dieu, je Te demande et je me tourne vers Toi par Ton Prophète, le Prophète de la miséricorde. Ô Muhammad, je me tourne par toi vers mon Seigneur pour mon besoin, afin qu’il soit satisfait. Intercède pour moi auprès de Lui, et qu’Il t’accorde l’intercession en ma faveur.’” Il répétait souvent cette prière. Après quoi, – selon le rapporteur – il est mentionné : ‘Fais qu’il intercède en ma faveur.’ L’homme fit comme on lui avait ordonné, et il recouvra la vue.
Ce récit a également été rapporté par Ahmad (3), d’après ‘Uthmân ibn ‘Umar, d’après Shou’ba, avec un texte proche, où l’on trouve l’expression ‘Ô Dieu, accorde-lui d’intercéder en ma faveur’, sans l’autre formulation. Il se peut qu’il y ait une confusion de la part du narrateur, et Dieu est plus savant.