Ibn Jarîr(1) et d’autres savants parmi les exégètes ont rapporté que deux femmes du peuple de Thamoud portaient les noms suivants : la première se nommait Ṣadûq, fille de al-Ḥayyâ ibn Zuhayr ibn al-Mukhtâr. Elle jouissait d’une noble ascendance et d’une grande fortune. Elle était mariée à un homme parmi ceux qui avaient embrassé la foi, mais elle se sépara de lui. Puis elle appela l’un de ses cousins, nommé Maṣra‘ ibn Mihraj ibn al-Muḥayyâ, et lui proposa sa personne à condition qu’il abatte la chamelle.
La seconde femme s’appelait ‘Unayza bint Ghunaym ibn Mujliz, surnommée Umm ‘Uthmân. C’était une vieille mécréante, qui avait des filles issues de son époux Dhû’âb ibn ‘Amr, l’un des notables. Elle offrit ses quatre filles à Qudâr ibn Sâlif à la condition qu’il tue à son tour la chamelle et l’autorisa à choisir celle qu’il voudrait. Les deux jeunes hommes se mobilisèrent donc pour tuer l’animal et unirent leurs efforts à ceux de leur peuple. Sept autres personnes leur répondirent favorablement. Ils formèrent ainsi un groupe de neuf individus, mentionnés dans la parole divine : « Et il y avait dans la cité un groupe de neuf (personnes), qui semaient la corruption sur la terre et ne s’employaient pas à y faire le bien » (an-Naml, 48).
Ces neuf hommes persuadèrent le reste de la tribu de l’intérêt à tuer la chamelle ; ceux-ci leur apportèrent alors leur soutien et leur obéirent. Ils guettèrent la chamelle, et lorsque celle-ci s’éloigna de son point d’eau(2), Maṣra‘ se dissimula et lui décocha une flèche, l’atteignant à l’os de la patte. Les femmes vinrent ensuite en poussant des sons(3) pour inciter la tribu à la tuer, et elles découvrirent(4) leurs visages afin de les encourager davantage. C’est alors que Qudâr ibn Sâlif accourut, frappa la chamelle de son épée et trancha son jarret(5). Elle s’effondra au sol et poussa un seul grand cri(6) pour avertir son petit. Il la poignarda alors à la poitrine(7) et l’égorgea. Quant à son petit, le faṣîl(8), il s’enfuit et escalada une montagne abrupte, poussant trois cris.
‘Abd ar-Razzâq(9) rapporte, d’après Ma‘mar, selon un témoignage recueilli auprès d’al-Ḥasan, que ce dernier aurait dit : « Il (le petit) s’écria : “Ô mon Seigneur, où est ma mère ?” », puis il entra dans un rocher et y disparut. D’autres affirment qu’ils l’auraient poursuivi et abattu également.
Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Ils appelèrent leur compagnon, qui s’élança et la trancha. Eh bien, quel fut Mon châtiment et quels furent Mes avertissements ! » (al-Qamar, 29-30). Il dit aussi : « Quand le plus misérable d’entre eux s’élança, alors le Messager de Dieu leur dit : “C’est la chamelle de Dieu et sa boisson !” » (ash-Shams, 12-13), c’est-à-dire : Épargnez-la. Mais ils le traitèrent de menteur et la tuèrent : « Leur Seigneur, à cause de leur péché, les anéantit et aplanit (leurs demeures). Et Il ne craint point les conséquences (de Son acte) » (ash-Shams, 14-15).
Selon l’imâm Aḥmad, qu’Allâh lui fasse miséricorde : « ‘Abdullâh ibn Numayr nous raconta : “Hishâm – c’est-à-dire Ibn ‘Urwah – nous raconta, d’après son père, d’après ‘Abdullâh ibn…” ».