Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ash-Shaʿbī a dit : « J’ai moi-même vu cet âne être vendu ou qu’on s’apprêtait à le vendre à al-Kunāsa (c’est-à-dire à Koufa). »

Ibn Abī ad-Dunyā a dit : « Al-ʿAbbās ibn Hishām m’a informé, d’après son père, d’après son grand-père, d’après Muslim ibn ʿAbd Allāh ibn Sharīk an-Nakhaʿī, que le propriétaire de l’âne était un homme de la tribu des Nakhaʿ, appelé Nubāta ibn Yazīd. Il était parti en expédition à l’époque de ʿUmar, jusqu’à ce qu’il atteigne Šiq (1) ʿUmayra, où son âne mourut. Il raconta alors l’histoire (2). »

Cependant, il dit : « Il le vendit ensuite à al-Kunāsa, et on lui dit : “Tu vends ton âne alors que Dieu te l’a ressuscité ?” Il répondit : “Que puis-je faire ? Un homme de son clan a composé trois vers, et j’en ai retenu celui-ci :

Wa-minā llaḏī aḥyā l-ilāhu ḥimārahu / wa-qad māta minhu kullu ʿuḍwin wa-mafṣil

(‘Parmi nous se trouve celui dont Dieu a ressuscité l’âne, alors que tout membre et toute articulation de celui-ci étaient morts.’) »

Nous avons déjà mentionné, dans le chapitre consacré à son allaitement ﷺ, ce qui est advenu de l’ânesse de Halīma as-Saʿdiyya, et comment elle surpassait les autres montures sur le chemin du retour, lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), encore nourrisson, était monté avec elle. Auparavant, elle se traînait derrière la caravane alors qu’ils se rendaient à La Mekke.

De même, sa bénédiction (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) fut manifeste à leur égard dans leur shārif – la chamelle qu’ils traient –, ainsi que dans leurs brebis : elles prirent de l’embonpoint et produisirent beaucoup de lait. Que la prière et la paix de Dieu soient sur lui.

[Autre récit, à propos de l’histoire de al-ʿAlāʾ ibn al-Ḥaḍramī]

Abū Bakr ibn Abī ad-Dunyā a dit : « Khālid ibn Khidāsh ibn ʿAjlān al-Muhallabī et Ismāʿīl ibn Ibrāhīm ibn Bashshār m’ont tous deux rapporté : ‘Ṣāliḥ al-Murrī nous a rapporté, d’après Thābit al-Bunānī, d’après Anas ibn Mālik, qui a dit :

“Nous sommes allés voir un jeune homme parmi les Anṣār. Il ne tarda pas à mourir. Nous lui fermâmes les yeux et le recouvrîmes d’un drap. Alors, certains d’entre nous dirent à sa mère : ‘Comptez sur votre récompense auprès de Dieu.’ Elle demanda : ‘Il est déjà mort ?’ Nous répondîmes : ‘Oui.’ Aussitôt, elle leva les mains vers le ciel et dit : ‘Ô Dieu, j’ai cru en Toi, j’ai émigré vers Ton Messager. Chaque fois qu’une épreuve m’atteignait, je T’invoquais et Tu m’en délivrais. Je Te demande, Ô Dieu, de ne pas m’imposer ce malheur aujourd’hui.’”

Anas dit encore : ‘On découvrit alors le visage du jeune homme, et nous ne sommes pas partis avant d’avoir mangé tandis qu’il mangeait avec nous.’”’

Al-Bayhaqī l’a également rapporté, d’après Abū Saʿīd al-Mālīnī, d’après Ibn ʿAdī, d’après Muḥammad ibn Ṭāhir ibn Abī ad-Dumayk, d’après ʿUbayd Allāh ibn ʿĀʾisha (4), d’après Ṣāliḥ ibn Bashīr al-Murrī – l’un des ascètes et dévots de Baṣra –, avec toutefois une certaine faiblesse dans son récit.

(1) C’est ainsi dans le texte original, ainsi que dans les Dalāʾil d’al-Bayhaqī : par Sirr ʿAmīra. (2) Dalāʾil an-Nubuwwa, d’al-Bayhaqī (t. 6, p. 49). (3) « Aḏammat » : elle a été retardée. (4) Dans l’édition imprimée : « ʿAbd Allāh ibn ʿĀ’isha », et dans l’édition imprimée des Dalāʾil d’al-Bayhaqī : « ʿUbayd ibn ʿĀ’isha », ce qui est une altération ; la lecture correcte est celle que nous avons établie, à savoir ʿUbayd Allāh ibn Muḥammad ibn Ḥafṣ ibn ʿUmar at-Taymī, appelé également ibn ʿĀ’isha, parce qu’il descend de ʿĀ’isha bint Ṭalḥa, comme indiqué dans al-Tahdhīb et ses annexes.
قال الشعبي: فأنا رأيتُ الحِمار بيع أو يُباع في الكُنَاسة -يعني بالكوفة-. قال ابن أبي الدنيا: وأخبرني العباسُ بن هشام، عن أبيه، عن جده، عن مسلم بن عبد الله بن شريك النخعي، أن صاحبَ الحِمار رجلٌ من النَّخع، يُقال له: نُباتة بن يزيد خرجَ في زمنِ عمرَ غازيًا، حتى إذا كان بِشِق (١) عُمَيرَةَ نفقَ حمارُه، فذكرَ القِصَّه (٢) . غير أنه قال: فباعَه بعدُ بالكُناسة، فقيل له: تبيعُ حمارك وقد أحياه الله لك؟ قال: فكيف أصنعُ؟ وقد قال رجلٌ من رهطه ثلاثةَ أبياتٍ، فحفظتُ هذا البيت: وَمِنَا الَّذي أَحيا الإلهُ حِمَارَهُ … وَقَد مَاتَ مِنهُ كُلُّ عُضوٍ ومَفصِلِ وقد ذكرنا في باب رَضاعه (رحمهم الله) ، ما كان من حمارة حليمة السعدية، وكيف كانت تسبقُ الركابَ في رجوعها لمَّا ركبَ معها عليها رسول الله ﷺ وهو رضيع، وقد كانت أَذَمَّت (٣) بالركب في مسيرهم إلى مكة. وكذلك ظهرت بركتُه عليهم في شارفهم -وهي الناقةُ التي كانوا يحلبُونها- وشياههم وسمنها وكثرة ألبانها، صلوات الله وسلامه عليه. [قصة أخرى مع قصة العلاء بن الحضرمي] قال أبو بكر بن أبي الدنيا: حدَّثني خالد بن خِدَاش بن عَجلان المُهلّبي وإسماعيل بن إبراهيم بن بَشَّار، قالا: حدَّثنا صالح المُرّي، عت ثابت البُناني، عن أنس بن مالك قال: عدنا شابًا من الأنصار، فما كان بأسرعَ من أن ماتَ، فأغمضناه ومدَدنا عليه الثوبَ، وقال بعضُنا لأمه: احتسبيه، قالت: وقد مات؛ قلنا: نعم، فمدَّت يَدَيها إلى السماء وقالت: اللهم إني آمنتُ بك، وهاجرتُ إلى رسولك، فإذا نزلت بي شدةٌ دعوتُك فَفَرَّجتَهَا، فأسألُك اللهم لا تحمل علي هذه المصيبةَ اليوم، قال: فكشفَ الثوبَ عن وجهه، فما بَرحنَا حتى أكلنَا وأكلَ معنا. وقد رواه البيهقي، عن أبي سعيد الماليني عن ابن عدي، عن محمد بن طاهر بن أبي الدُّميك، عن عُبيد الله بن عائشة (٤) ، عن صالح بن بشير المرِّي -أحد زُهَّاد البصرة وعُبَّادها- مع لين في حديثه عن
(١) كذا في الأصل، وفي دلائل البيهقي: بسِرِّ عَميرة. (٢) دلائل النبوة؛ للبيهقي (٦/ ٤٩). (٣) " أذمّت ": أبطأت. (٤) في المطبوع: "عبد الله بن عائشة "، وفي المطبوع من دلائل البيهقي: " عُبيد بن عائشة " وكله تحريف، والصواب ما أثبتناه، وهو عبيد الله بن محمد بن حفص بن عمر التيمي، وقيل له ابن عائشة، لأنه من ذرية عائشة بنت طلحة، كما في التهذيب وفروعه.

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