Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il les repoussait de ses mains jusqu’à ce qu’elles entrent dans le passage, et Tamîm y pénétra derrière elles. Il raconta : « Alors ‘Umar ne cessait de dire : “Celui qui a vu n’est pas comme celui qui n’a pas vu”, et il le répéta trois fois (1). »

Il s’agit d’un hadith dans lequel apparaît une faveur divine (karâma) pour un saint de cette communauté, et elle est considérée comme un miracle, car tout fait avéré pour un saint est un miracle pour son Prophète. Al-Ḥasan ibn ‘Arafah rapporta : « ʿAbd Allāh ibn Idrīs nous a raconté, d’après Ismāʿīl ibn Abī Khālid, d’après Abū Sabrah an-Nakhaʿī, qui dit : “Un homme arriva du Yémen et, alors qu’il se trouvait en chemin, son âne rendit l’âme. L’homme se leva, fit ses ablutions, pria deux rakʿas, puis dit : ‘Ô Dieu, je suis venu de ad-Dathinah (2) en combattant dans Ton chemin et en quête de Ton agrément. Je témoigne que Tu ressuscites les morts et fais sortir ceux qui sont dans les tombes. Ne permets pas aujourd’hui que quiconque ait une faveur sur moi ; je Te demande de faire revivre mon âne.’ Alors l’âne se releva, en secouant ses oreilles (3).” »

Al-Bayhaqī déclara : « Cette chaîne de transmission est authentique, et un tel fait relève d’une faveur divine pour celui qui suit la Loi (la Sharīʿa). » Il poursuivit : « C’est ainsi que l’ont également rapporté Muḥammad ibn Yaḥyā adh-Dhuhalī et d’autres, d’après Muḥammad ibn ʿUbayd, d’après Ismāʿīl ibn Abī Khālid, d’après ash-Shaʿbī. Il apparaît qu’aux yeux d’Ismāʿīl (4), la narration provient de tous deux. Et Dieu sait mieux. »

Une autre chaîne : Abū Bakr ibn Abī ad-Dunyā, dans son ouvrage “Man ʿāsha baʿda al-mawt” (Vie après la mort), raconta : « Isḥāq ibn Ismāʿīl, Aḥmad ibn Bujayr et d’autres nous ont dit : ‘Muḥammad ibn ʿUbayd, d’après Ismāʿīl ibn Abī Khālid, d’après ash-Shaʿbī a rapporté qu’un groupe de gens vinrent du Yémen comme volontaires dans la voie de Dieu, et l’âne de l’un d’entre eux mourut. On voulut le persuader de continuer avec eux, mais il refusa. Il se leva, fit ses ablutions et pria, puis s’exprima ainsi : “Ô Dieu, je suis venu de ad-Dathinah en combattant dans Ton chemin et pour rechercher Ton agrément ; je témoigne que Tu rends la vie aux morts et ressuscites ceux qui sont dans les tombes. Ne permets pas à quiconque d’exercer sur moi une faveur ; je Te demande de ressusciter mon âne.” Puis il alla vers l’âne, qui se releva en secouant ses oreilles. Il le sella, lui mit la bride, le monta, puis l lança au galop et rattrapa ses compagnons. Ils lui dirent : ‘Que t’est-il arrivé ?’ Il répondit : ‘Il m’est arrivé que Dieu a ressuscité mon âne (5).’ »

(1) Dalaʾil al-Nubuwwa par al-Bayhaqī (6/80), dont Ibn Kathīr a rapporté un résumé. (2) Il en est de même dans l’original et dans l’édition : al-Dafīna ; c’est une localité située entre al-Jand et ʿAdan… Al-Zamakhsharī a dit : al-Dathīna et al-Dafīna sont une résidence des Banu Sulaym. Muʿjam al-Buldan (2/440). (3) Dalaʾil al-Nubuwwa par al-Bayhaqī (6/48). (4) Comme dans l’original, et dans Dalaʾil al-Bayhaqī : il semble qu’il l’ait entendu d’eux deux. (5) Man ʿĀsha Baʿda al-Mawt (Celui qui a vécu après la mort) par Ibn Abī al-Dunyā (p. 68) et Dalaʾil al-Nubuwwa par al-Bayhaqī (6/49).
يَحوشُها بيديه حتى دخلت الشِّعبَ، ودخل تميمٌ خلفَها، قال: فجعل عمر يقول: ليس من رأى كمن لم ير، قالها ثلاثًا (١) . حديث فيه كرامة لوليّ من هذه الأمة وهي معدودةٌ من المعجزات، لأن كلَّ ما يثبتُ لوليِّ فهو معجزةٌ لنبيه. قال الحسن بن عرفة: حدَّثنا عبد الله بن إدريس، عن إسماعيل بن أبي خالد، عن أبي سَبرة النخعي، قال: أقبلَ رجلٌ من اليمن فلما كان ببعض الطريق، نَفَقَ حمارُه، فقامَ فتوضأ ثم صلَّى ركعتين، ثم قال: اللهم إني جئتُ من الدثينه (٢) مُجاهدًا في سبيلك وابتغاء مرضاتِك، وأنا أشهدُ أنك تُحيي الموتى وتبعثُ مَن في القبور، لا تجعل لأحدٍ عليَّ اليومَ مِنة، أطلبُ إليك اليومَ أن تبعثَ حِمَاري، فقامَ الحِمَارُ ينفضُ أُذنيه (٣) . قال البيهقي: هذا إسناد صحيح، ومثلُ هذا يكون كرامة لصاحب الشريعة. قال البيهقي: وكذلك رواه محمد بن يحيى الذهلي وغيره، عن محمد بن عُبيد، عن إسماعيل بن أبي خالد، عن الشعبي، وكأنه عند إسماعيل (٤) عنهما، واللّه أعلم. طريق أخرى: قال أبو بكر بن أبي الدنيا في كتاب "من عاش بعد الموت " : حدَّثنا إسحاق بن إسماعيل وأحمدُ بن بُجَير وغيرهما، قالوا: حدَّثنا محمد بن عُبيد، عن إسماعيل بن أبي خالد، عن الشعبي: أن قومًا أقبلوا من اليمن مُتطوّعين في سبيل الله، فنفَقَ حِمَارُ رجل منهم، فأرادُوه أن ينطلقَ معهم فأبى فقامَ فتوضأ وصلَّى ثم قال: اللهم إني جئتُ من الدثينة مجاهدًا في سبيلك وابتغاء مَرضاتك، وإني أشهدُ أنك تُحيي الموتى وتبعثُ من في القبور، لا تجعل لأحدٍ عليٍّ مِنّة، فإني أطلبُ إليك أن تبعثَ لي حِماري، ثم قام إلى الحمار، فقامَ الحمارُ ينفضُ أذنيه فأسرَجَه وألجمَه، ثم ركبَه وأجراه، فلحقَ بأصحابه، فقالوا له: ما شأنُك؟ قال: شأني أن الله بعثَ حماري (٥) .
(١) دلائل النبوة؛ للبيهقي (٦/ ٨٠) وقد نقله ابن كثير مختصرًا. (٢) كذا في الأصل وفي المطبوع: الدفينة؛ وهي ناحية بين الجَنَد وعدن … وقال الزمخشري: الدثينة والدفينة منزل لبني سُليم. معجم البلدان (٢/ ٤٤٠). (٣) دلائل النبوة؛ للبيهقي (٦/ ٤٨). (٤) كذا في الأصل، وفي دلائل البيهقي: وكأنه سمعه منهما. (٥) من عاش بعد الموت؛ لابن أبي الدنيا (ص ٦٨) ودلائل النبوة؛ للبيهقي (٦/ ٤٩).

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