Elle arriva, puis il (le narrateur) raconta :
« Alors que le Messager de Dieu (ﷺ) était en train de la maintenir attachée, l’homme bédouin se réveilla et s’exclama : “Que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi, ô Messager de Dieu ! Je viens juste de la capturer. En as-tu besoin ?” Le narrateur répondit : “Oui.” Il dit alors : “Elle est à toi.” Il la relâcha ; la gazelle bondit alors dans le désert, toute heureuse, frappant le sol de ses pattes et clamant : “Je témoigne qu’il n’y a de dieu que Dieu et que tu es le Messager de Dieu.” (1)
Abou Nuʿaym déclara : « Ce récit a aussi été rapporté par Adam ibn Abî Iyâs, qui a dit : “Mon gendre digne de confiance, Nûḥ ibn al-Haytham, m’a rapporté d’après Ḥassân ibn Aghlab, d’après son père, d’après Hishâm ibn Ḥassân, et il ne l’a pas dépassé dans la chaîne.” » De plus, Abou Muḥammad ʿAbd Allâh ibn Ḥâmid al-Faqîh l’a également rapporté dans son ouvrage “Dalâʾil al-Nubuwa” (Les preuves de la prophétie), d’après Ibrâhîm ibn Mahdî, qui tenait cela de Ibn Aghlab ibn Tamîm, de son père, de Hishâm ibn Ḥassân, de al-Ḥasan ibn Ḍubba, d’après Oumm Salama, dans le même sens.
Par ailleurs, le grand spécialiste (ḥâfiẓ) Abou Bakr al-Bayhaqî (2) a dit : « Abou ʿAbd Allâh al-Ḥâfiẓ m’a informé — par autorisation — qu’Abou Jaʿfar Muḥammad ibn ʿAlî ibn Duḥaym al-Shaybânî nous a rapporté, en citant Aḥmad ibn Ḥâzim ibn Abî Gharza al-Ghifârî, qui l’avait lui-même reçu de ʿAlî ibn Qâdim, lequel le tenait de Abou al-ʿAlâ Khâlid ibn Ṭahmân, d’après ʿAṭiyya, d’après Abou Saʿîd : “Le Prophète (ﷺ) passa un jour auprès d’une gazelle attachée à l’entrée d’une tente. La gazelle s’adressa à lui : ‘Ô Messager de Dieu, libère-moi, que j’aille allaiter mon petit, puis je reviendrai, et tu pourras m’attacher à nouveau.’ Le Messager de Dieu (ﷺ) répondit : ‘C’est le gibier d’un groupe et la captive d’un autre groupe.’ Il lui permit toutefois de partir, après qu’elle eut prêté serment. Elle se détacha, s’absenta un court instant, puis revint, ayant vidé ses mamelles, et se laissa de nouveau attacher par le Messager de Dieu (ﷺ). Celui-ci se rendit ensuite auprès des occupants de la tente et sollicita que la gazelle lui fût accordée ; ils la lui cédèrent. Le Prophète (ﷺ) la libéra alors et déclara : ‘Si les bêtes savaient de la mort ce que vous en savez, vous ne mangeriez jamais d’entre elles aucune qui soit grasse.’” »
Al-Bayhaqî précisa : « Ce récit est aussi transmis par une autre chaîne, jugée toutefois faible. » Il poursuivit (3) : « Abou Bakr Aḥmad ibn al-Ḥasan al-Qâḍî nous a informés, d’après Abou ʿAlî Ḥâmid ibn Muḥammad al-Harawî, qui racontait avoir entendu Bishr ibn Mûsâ rapporter que Abou Ḥafṣ ʿAmr ibn ʿAlî avait dit : ‘Yaʿlâ ibn Ibrâhîm al-Ghazzâl nous a rapporté, par l’intermédiaire de al-Haytham ibn Ḥammâd, d’Abou Kathîr, d’après Zayd ibn Arqam : “J’étais avec le Prophète (ﷺ) dans l’une des ruelles de Médine. Nous passâmes près de la tente d’un bédouin, et voici qu’une gazelle, attachée à cette tente, s’écria : ‘Ô Messager de Dieu ! Ce bédouin m’a capturée alors que j’ai deux faons dans le désert. Le lait s’est accumulé dans mes mamelles (4) ; or il ne m’égorge pas pour que je sois délivrée, ni ne me laisse repartir auprès de mes petits.’” Le Messager de Dieu (ﷺ) lui dit : ‘Si je te libère, reviendras-tu ?’ Elle répondit : ‘Oui, sinon que Dieu me châtie du châtiment d’al-ʿashshâr (5).’ Le Prophète (ﷺ) la libéra alors.” »