Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Rapporté par al-Bayhaqī (1).

[Le hadith de la gazelle]

L’érudit Abū Nuʿaym al-Aṣbahānī (qu’Allah lui fasse miséricorde) déclare dans son ouvrage « Dalāʾil al-Nubuwwa » : « Sulaimān b. Aḥmad – lors d’une séance de dictée – nous rapporta : Muḥammad b. ʿUthmān b. Abī Shayba nous rapporta, qui tenait de Ibrāhīm b. Muḥammad b. Maymūn, celui-ci de ʿAbd al-Karīm b. Hilāl al-Juʿfī, d’après Ṣāliḥ al-Murrī, d’après Thābit al-Bunānī, d’après Anas b. Mālik, qui dit :

« Le Messager de Dieu (ﷺ) passa auprès de gens qui avaient capturé une gazelle et l’avaient attachée au piquet d’une tente. La gazelle s’adressa à lui en disant : “Ô Messager de Dieu, on m’a prise alors que j’ai deux faons (2). Permets-moi d’aller les allaiter, puis je reviendrai vers eux.” Il demanda : “Où est le propriétaire de celle-ci ?” Les gens répondirent : “C’est nous, ô Messager de Dieu.” Il leur dit : “Relâchez-la afin qu’elle aille allaiter ses deux faons puis qu’elle vous revienne.” Ils demandèrent : “Qui nous en garantit ?” Il répondit : “Moi.” Ils la libérèrent donc ; elle partit allaiter ses petits, puis revint et ils l’attachèrent de nouveau. Plus tard, le Messager de Dieu (ﷺ) revint auprès d’eux et demanda : “Où sont les propriétaires de celle-ci ?” Ils répondirent : “Les voici, ô Messager de Dieu.” Il dit alors : “Voulez-vous me la vendre ?” Ils répondirent : “Elle est à toi, ô Messager de Dieu.” Le Prophète (ﷺ) dit : “Relâchez-la.” Ils la libérèrent, et elle s’en alla (3). »

Abū Nuʿaym rapporte également : « Abū Aḥmad Muḥammad b. Aḥmad al-Ghiṭrīfī – selon son propre manuscrit – nous a rapporté : Aḥmad b. Mūsā b. Anas b. Naṣr b. ʿUbayd Allāh b. Muḥammad b. Sīrīn à Baṣra nous a rapporté, qui tenait de Zakariyyā b. Yaḥyā b. Khallād, qui tenait de Ḥassān b. Aghlab b. Tamīm, qui tenait de son père, d’après Hishām b. Ḥassān, d’après al-Ḥasan, d’après Ḍabba b. Maḥṣan, d’après Umm Salama, l’épouse du Prophète (ﷺ), qui raconta :

« Tandis que le Messager de Dieu (ﷺ) se trouvait dans une plaine, une voix l’appela : “Ô Messager de Dieu ! Ô Messager de Dieu !” Il se retourna, mais ne vit personne. Il reprit alors sa marche, puis la même voix résonna à nouveau : “Ô Messager de Dieu ! Ô Messager de Dieu !” Il se retourna sans apercevoir quiconque, mais la voix continua de l’interpeller. Je le suivis jusqu’à tomber sur une gazelle attachée, et non loin d’elle, un bédouin allongé dans un manteau, endormi au soleil. La gazelle s’exclama : “Ô Messager de Dieu, ce bédouin m’a capturée précédemment. Or, j’ai deux faons sur cette colline. Si tu acceptes de me libérer pour que j’aille les allaiter, puis que je revienne m’attacher à nouveau ?” Le Prophète (ﷺ) demanda : “Le feras-tu vraiment ?” Elle répondit : “Que Dieu me punisse du châtiment réservé aux chamelles portant dix mois (si je mens).” Alors le Messager de Dieu (ﷺ) la libéra. La gazelle partit donc pour allaiter ses deux faons.” »

(1) Dans « Dalāʾil an-Nubuwwa » de Al-Bayhaqi (6/46). Mentionné également par Al-Suyuti dans « Al-Khaṣāʾiṣ al-Kubrā » (2/65) d'après Ibn Saʿd, Abū Yaʿlā, Al-Bazzār, Ibn Mundhir, Al-Ḥākim (qui l'a authentifié), Al-Bayhaqi, et Abū Nuʿaym. C'est un ḥadīthḥasan. (2) « Khashafān » : il s'agit de deux petits. Le pluriel « al-khushf » désigne le faon. (3) Dans « Dalāʾil an-Nubuwwa » d'Abū Nuʿaym, numéro (274), mentionné par Al-Suyuti dans « Al-Khaṣāʾiṣ » (2/266), qui dit : « Il a été rapporté par Al-Ṭabarānī dans « Al-Awsaṭ » et Abū Nuʿaym via la chaîne de Ṣāliḥ al-Murrī, mais c'est un ḥadīth faible. » C'est aussi ce que dit Al-Haythamī dans « Majmaʿ az-Zawāʾid » (8/295).
رواه البيهقي (١) . [حديث الغزالة] قال الحافظ أبو نُعيم الأصبهاني (رحمه الله) في كتابه " دلائل النبوة " : حدَّثنا سليمان بن أحمد - إملاء - حدَّثنا محمد بن عثمان بن أبي شيبة، حدَّثنا إبراهيم بن محمد بن ميمون، حدَّثنا عبد الكريم بن هلال الجعفي، عن صالح المُرّي، عن ثابت البناني، عن أنس بن مالك، قال: مرَّ رسولُ الله ﷺ على قومٍ قد اصطَادوا ظَبيَةً فشدُّوها على عمودِ فسطاطٍ، فقالت: يا رسول الله، إني أُخذتُ ولي خُشفان (٢) ، فاستأذن لي أُرضعهُما وأعودُ إليهم، فقال: " أين صاحبُ هذه؟ " فقال القوم: نحنُ يا رسول الله، قال: " خلُّوا عنها حتى تأتيَ خُشفَيها تُرضعهُما وترجعُ إليكم " فقالوا: من لنا بذلك؟ قال: "أنا" فأطلقوها، فذهبت فأرضعت، ثم رجعت إليهم فأوثقوها، فمرّ بهم رسولُ الله ﷺ فقال: " أين أصحابُ هذه؟ " فقالوا: هو ذا نحنُ يا رسولَ الله، فقال: " تبيعونها؟ " فقالوا: هي لكَ يا رسولَ الله، فقال: " خلُّوا عنها " فأطلقوها فذهبت (٣) . وقال أبو نُعيم: حدَّثنا أبو أحمد محمد بن أحمد الغِطريفي - من أصله - حدَّثنا أحمد بن موسى بن أنس بن نصر بن عُبيد الله بن محمد بن سيرين بالبصرة، حدَّثنا زكريا بن يحيى بن خَلَّاد، حدَّثنا حَسَّان بن أغلب بن تميم، حدَّثنا أبي، عن هشام بن حسان، عن الحسن، عن ضَبَّةَ بن محصن، عن أمِّ سلمة زوجِ النبي ﷺ قالت: بينا رسولُ الله ﷺ في صحراءَ من الأرض إذا هاتفٌ يهتفُ: يا رسول الله، يا رسولَ الله، قال: فالتفتُّ فلم أرَ أحدًا، قال: فمشيت غير بعيد فإذا الهاتف: يا رسولَ الله، يا رسول الله، قال: فالتفتُّ فلم أر أحدًا، وإذا الهاتف يهتف بي، فاتَّبعتُ الصوتَ وهجمتُ على ظَبيةٍ مشدودةٍ في وَثاق، وإذا أعرابيٌّ مُنجَدِلٌ في شملةٍ نائمٌ في الشمس، فقالت الظبيةُ: يا رسول الله، إن هذا الأعرابي صادَني قبلُ، ولي خُشفَان في هذا الجبل، فإن رأيتَ أن تطلقني حتى أرضعَهما ثم أعودُ إلى وثاقي؟ قال: " وتفعلين؟ " قالت: عذبني الله عذابَ العَشَّار إن لم أفعل، فأطلقَها رسولُ الله ﷺ . فمضت فأرضعت الخُشفَين
(١) في دلائل النبوة؛ للبيهقي (٦/ ٤٦). وذكره السيوطي في الخصائص الكبرى (٢/ ٦٥) عن ابن سعد، وأبي يعلى، والبزار، وابن منده، والحاكم وصححه، والبيهقي، وأبي نُعيم، وهو حديث حسن. (٢) " خشفان ": ولدان، والخُشْف: ولد الغزال. (٣) دلائل النبوة؛ لأبي نعيم رقم (٢٧٤)، وذكره السيوطي في الخصائص (٢/ ٢٦٦) وقال: أخرجه الطبراني في الأوسط وأبو نعيم من طريق صالح المري، وهو ضعيف. وكذلك قال الهيثمي في مجمع الزوائد (٨/ ٢٩٥).

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