Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’histoire de la bête sauvage qui se trouvait dans la maison du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), et qui le respectait, l’honorait et le vénérait. L’imam Ahmad (1) a rapporté : « Abou Nuʿaym nous a transmis (ce hadith), Younous (l’a rapporté) d’après Moujâhid, qui a dit : ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) a déclaré : “La famille du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) possédait une bête sauvage. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) sortait de chez lui, elle jouait, s’agitait, courait en tous sens et allait et venait. Mais dès qu’elle sentait que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) rentrait, elle s’accroupissait et ne faisait pas le moindre bruit tant que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) se trouvait dans la maison, de crainte de le gêner.”’ »

L’imam Ahmad l’a également rapporté par l’intermédiaire de Wakiʿ (3) et Abou Qotn (4), tous deux le tenant de Younous — lequel est Younous ibn Abî Ishâq as-Sabîʿî. Cette chaîne de transmission répond aux critères d’authenticité reconnus, bien qu’aucun des compilateurs majeurs de hadith ne l’ait inclus. C’est un hadith célèbre, et Dieu est plus savant.

[L’histoire du lion]

Nous avons évoqué dans la biographie de Sufayna, affranchi du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), son récit lorsqu’ils firent naufrage et que leur embarcation se brisa. Il s’empara d’une planche jusqu’à ce qu’il accostât sur une île dans la mer, où il trouva un lion. Il lui dit : « Ô Abou al-Hârith, je suis Sufayna, affranchi du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). » Le lion frappa alors son épaule (5) et se mit à marcher à côté de lui, jusqu’à le remettre sur le bon chemin. Puis il émit un grondement pendant un instant, si bien que Sufayna comprit qu’il prenait congé de lui (6).

ʿAbd ar-Razzâq (7) a rapporté : « Maʿmar nous a transmis, d’après al-Jahshî (8), d’après Mouhammad ibn al-Monkadir, que Sufayna l’affranchi du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) s’était égaré loin de l’armée en pays byzantin ou bien qu’il y avait été fait prisonnier. Il s’échappa et se mit en route pour retrouver l’armée. C’est alors qu’il croisa un lion. Il lui dit : “Ô Abou al-Hârith, je suis l’affranchi du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Il m’est arrivé telle et telle chose.” Le lion s’approcha, se mit à remuer la queue autour de lui et se posta à ses côtés. Chaque fois qu’il entendait un bruit, il se dirigeait vers la source de ce bruit, puis revenait marcher auprès de lui. Il ne cessa d’agir ainsi jusqu’à ce qu’il l’ait mené jusqu’à l’armée, avant de s’en retourner.” »

(1) Dans le Musnad (6/112‑113). (2) « Lam yatarammam » : Il s’est calmé et n’a pas bougé. (3) Hadith de Wakiʿ rapporté par Aḥmad dans le Musnad (6/209). (4) Omis dans l’édition imprimée, Abū Qaṭn est ʿAmr ibn al-Haytham ; son hadith se trouve dans le Musnad (6/150). (5) Dans « Dalāʾil al-Nubuwwa » de al-Bayhaqī (6/45) : « jusqu’à ce qu’il me frappa de son épaule », et il est dit : « Puis ils murmurèrent un instant, et il me frappa avec sa queue… » (6) Dalāʾil al-Nubuwwa, al-Bayhaqī (6/45). (7) Al-Muṣannaf (11/281, n° 20544). (8) Dans l’édition imprimée : « al-Ḥajbī » est une erreur ; la forme correcte, que nous avons établie, est celle présente dans le Muṣannaf de ʿAbd al-Razzāq, qui est Saʿīd ibn ʿAbd al-Raḥmān al-Juḥashī, un fiable parmi les auteurs de at-Tahdhīb.
قصة الوحش الذي كان في بيت النبي ﷺ وكان يحترمُه (رحمهم الله) ويُوَقّرُه ويُجِلُّه قال الإمام أحمد (١) : حدَّثنا أبو نُعيم، حدَّثنا يُونس، عن مجاهد، قال: قالت عائشة (عليه السلام) : كان لآلِ رسولِ الله ﷺ وحشٌ، فإذا خرجَ رسولُ الله ﷺ لَعِبَ واشتدَّ، وأقبلَ وأدبرَ، فإذا أحسَّ برسولِ الله ﷺ قد دخل ربضَ فلم (٢) يَتَرَمرم، ما دامَ رسول الله ﷺ في البيت كراهيةَ أن يُؤذيه. ورواه أحمد أيضًا عن وكيع (٣) ، وعن أبي (٤) قطن، كلاهما عن يونس - وهو ابن أبي إسحاق السَّبيعي - وهذا الإسناد على شرط الصحيح. ولم يُخرِّجوه، وهو حديث مشهور، والله أعلم. [قصة الأسد] وقد ذكرنا في ترجمة "سفينة" مولى رسول الله ﷺ حديثَه حين انكسرت بهم السفينةُ فركبَ لوحًا منها، حتى دخل جزيرةً في البحر فوجد فيها الأسدَ، فقال له: يا أبَا الحارث إني سفينة مولى رسولِ الله ﷺ ، قالَ فضربَ منكبيّ (٥) وجعلَ يُحاذيني حتى أقامَني على الطريق، ثم هَمْهَمَ ساعةً، فرأيتُ أنه يُوَدِّعني (٦) . وقال عبد الرزاق (٧) : حدَّثنا معمر، عن الجَحْشي (٨) ، عن محمد بن المنكدر: أن سفينة مولى رسول الله ﷺ أخطأ الجيشَ بأرض الروم، أو أُسِرَ في أرض الروم، فانطلقَ هاربًا يلتمسُ الجيش، فإذا هو بالأسد، فقال: يا أبا الحارث، إني مولى رسولِ الله ﷺ كان من أمري كَيتَ وكيتَ، فأقبل الأسد يُبَصبِصُه، حتى قامَ إلى جنبه، كلما سمعَ صوتًا أهوى إليه، ثم أقبل يمشي إلى جنبه، فلم يزل كذلك حتى أبلغه الجيشَ، ثم رجع الأسدُ عنه.
(١) في المسند (٦/ ١١٢ - ١١٣). (٢) "لم يترمرم": سكن ولم يتحرك. (٣) حديث وكيع أخرجه أحمد في المسند (٦/ ٢٠٩). (٤) سقطت من المطبوع، وأبو قطن هو عمرو بن الهيثم، وحديثه في المسند (٦/ ١٥٠). (٥) في دلائل النبوة؛ للبيهقي (٦/ ٤٥) حتى ضربني بمنكبهِ، وفيه: ثم همهم ساعة، وضربني بذنبه … (٦) دلائل النبوة؛ للبيهقي (٦/ ٤٥). (٧) المصنف (١١/ ٢٨١ رقم ٢٠٥٤٤). (٨) في المطبوع: "الحجبي" خطأ، والصواب ما أثبتناه، وهو الذي في مصنف عبد الرزاق، وهو سعيد بن عبد الرحمن الجحشي، صدوق، من رجال التهذيب.

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