Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : « Celui-ci (1) est venu demander une part ; attribuez-lui donc une part. » Ils dirent : « Nous suivons ton avis, ô Messager de Dieu. » Il dit : « Pour chaque troupeau (sā'ima), un mouton chaque année. » Ils répliquèrent : « C’est beaucoup. » Alors il fit signe au loup de les prendre en défaut, puis le loup s’en alla. Rapporté par al-Bayhaqī (2).

Al-Wāqidī rapporta, d’après un homme (3) qu’il nomma, d’après al-Muṭṭalib ibn ʿAbd Allāh ibn Ḥanṭab, qu’un jour, alors que le Messager de Dieu (ﷺ) se trouvait à Médine, un loup s’avança et se tint devant lui. Le Prophète (ﷺ) dit : « Voici l’émissaire des bêtes de proie venu à vous. Si vous voulez lui attribuer quelque chose pour qu’il ne vous dépasse pas et ne s’attaque pas à d’autres, faites-le ; sinon, laissez-le et protégez-vous de lui. Ce qu’il prendra sera alors sa subsistance. » Ils répondirent : « Ô Messager de Dieu, nos cœurs ne sont pas disposés à lui donner quoi que ce soit. » Alors il lui fit signe de trois doigts pour qu’il les prenne en défaut. Le loup s’en retourna, ayant la queue drée (4) (5).

Abū Nuʿaym a dit : « Sulaimān ibn Aḥmad nous a rapporté, Muʿādh ibn al-Muthannā nous a rapporté, Muḥammad ibn Kathīr nous a rapporté, Sufyān nous a rapporté, al-Aʿmash nous a rapporté d’après Shimr ibn ʿAṭiyyah, d’après un homme de Muzayna ou de Juhayna, qui dit : “Lorsqu’arriva la délégation des loups, près d’une centaine, alors que le Messager de Dieu priait, ils s’accroupirent. Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : ‘Voici les délégations des loups qui viennent à vous demander de prélever pour elles une part de votre nourriture, afin que vous jouissiez de la sécurité pour le reste.’ Les Compagnons se plaignirent de la disette et les menacèrent. Les loups s’en allèrent alors en poussant des hurlements.” » (6)

Le qāḍī ʿIyāḍ (7) traita du ḥadīth du loup ; il mentionna à ce propos Abū Hurayra, Abū Saʿīd et Ahibān ibn Aws, qu’on appelle également « Celui qui parla avec le loup (mukallim al-dhi’b) ». Il est rapporté par Ibn Wahb qu’un fait semblable arriva à Abū Sufyān ibn Ḥarb et Ṣafwān ibn Umayya. Ils virent un loup s’emparer d’une gazelle ; lorsque celle-ci pénétra dans le ḥaram, le loup fit demi-tour. Ils en furent étonnés. Le loup prit alors la parole et dit : « Vous vous étonnez de cela, tandis que Muḥammad ibn ʿAbd Allāh est à Médine, vous appelant au Paradis, alors que vous l’appelez au Feu. » Abū Sufyān répondit : « Par al-Lāt et al-ʿUzzā, si je mentionnais cela à La Mecque, elle serait aussitôt désertée (8). »

(1) Dans « Dalāʾil an-Nubuwwah » : c’est Owaïs. (2) « Dalāʾil an-Nubuwwah » de al-Bayhaqī (vol. 6, p. 40). (3) Dans « Al-Ṭabaqāt al-Kubrā » (vol. 1, p. 359), Muḥammad ibn ʿUmar — c’est-à-dire al-Wāqidī — rapporte : Shuʿayb ibn ʿUbādah m’a transmis de al-Muṭlab ... (4) « ʿAsalān » : trouble, désordre. (5) « Al-Ṭabaqāt al-Kubrā » d’Ibn Saʿd (vol. 1, p. 359), que Ibn Kathīr a légèrement paraphrasé... et Abū Naʿīm dans les « Dalāʾil » n° 272 cite al-Wāqidī, bien que ce dernier soit sujet à critique. (6) Je ne l’ai pas trouvé dans l’édition imprimée des « Dalāʾil an-Nubuwwah » d’Abū Naʿīm. (7) « Al-Shifāʾ » du juge ʿIyāḍ (vol. 1, p. 437), édition revue par al-Bajāwī, Dār al-Kitāb al-ʿArabī. (8) « Khalūfan » : c’est-à-dire vide, sans habitants.
فقال رسول الله ﷺ : "هذا جاءَ (١) يستفرضُ فأفرِضُوا له " قالوا: نرى رأيكَ يا رسولَ الله، قال: " من كُلِّ سائمةٍ شاةٌ في كلّ عام " قالوا: كثير، قال: فأشارَ إلى الذئب أن خالسهم، فانطلقَ الذئبُ. رواه البيهقي (٢) . وروى الواقديُّ عن رجل (٣) سمَّاه، عن المطلب بن عبد الله بن حَنطب، قال: بينا رسولُ الله ﷺ في المدينة إذ أقبلَ ذئبٌ فوقفَ بين يديه، فقال: " هذا وافدُ السِّبَاعِ إليكم، فإن أحببتم أن تفرضوا له شيئًا لا يَعدُوه إلى غيره، وإن أحببتُم تركتُموه واحترزتُم منه، فما أخَذَ فهو رزقُه" فقالوا: يا رسول الله، ما تطيبُ أنفُسنا له بشيء، فأومأَ إليه بأصابعه الثلاث أن خالسهم، قال: فولَّى وله عَسلان (٤) (٥) . وقال أبو نُعيم: حدَّثنا سُليمان بن أحمد، حدَّثنا مُعاذ بن المثنى، حدَّثنا محمد بن كثير، حدَّثنا سفيان، حدَّثنا الأعمش، عن شمر بن عطية، عن رجل من مُزينة - أو جهينة - قال: أتت وفودُ الذئاب قريبٌ من مئة ذئب حين صلَّى رسولُ الله، فأقعينَ، فقال رسولُ الله ﷺ : "هذه وفودُ الذئابِ، جئنكم يسألنكم لتفرضوا لهنّ من قُوت طعامِكم وتأمَنوا على ما سواه " فشكَوا إليه الحاجةَ، فأنذروهم. قال: فخرجنَ ولهنَّ عُواء (٦) . وقد تكلَّم القاضي عِياض (٧) على حديثِ الذئب، فذكرَ عن أبي هريرة، وأبي سعيد، وعن أهبان بن أوس، وأنه يُقال له: مُكَلِّم الذئب. قال: وقد روى ابنُ وهبٍ أنه جرى مثل هذا لأبي سفيان بن حرب، وصفوان بن أمية، مع ذئبٍ وجدَاه أخذَ ظبيًا فدخلَ الظبيُ الحرمَ، فانصرفَ الذئبُ، فعجبا من ذلك، فقال الذئبُ: أعجبُ من ذلك محمّدُ بنُ عبد الله بالمدينة يَدعُوكم إلى الجنة وتدعونه إلى النار، فقال أبو سفيان: واللَّات والعزَّى لأن ذكرتُ هذا بمكّةَ لتتركنها خَلوفًا (٨) .
(١) في دلائل النبوة: هذا أُوَيسٌ. (٢) دلائل النبوة؛ للبيهقي (٦/ ٤٠). (٣) في الطبقات الكبرى (١/ ٣٥٩) قال محمد بن عمر - أي الواقدي -: حدثني شُعيب بن عبادة، عن المطلب .. (٤) "عسلان ": اضطراب. (٥) الطبقات الكبرى؛ لابن سعد (١/ ٣٥٩) وقد نقله ابن كثير بتصرف يسير .. وأبو نعيم في الدلائل رقم (٢٧٢) عن الواقدي، وهو متروك. (٦) لم أجده في دلائل النبوة المطبوع؛ لأبي نعيم. (٧) الشفاء؛ للقاضي عياض (١/ ٤٣٧) بتحقيق البجاوي ط: دار الكتاب العربي. (٨) "خَلُوفًا": أي فارغة من غير سكان.

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