Un loup attaqua une brebis et s’en empara. Le berger le poursuivit et la lui arracha. Alors le loup s’assit sur sa queue et dit : « Ne crains-tu donc pas Dieu ? Tu m’ôtes une subsistance que Dieu m’avait accordée ?» Le berger s’exclama : « Quelle chose étonnante : un loup qui me parle en langage humain !» Le loup poursuivit : « Ne veux-tu pas que je t’annonce quelque chose d’encore plus étonnant ? C’est que Muhammad ﷺ, à Yathrib, informe les gens des récits de ce qui a déjà eu lieu. »
Le berger raconta ensuite : « Je partis alors en conduisant mes moutons jusqu’à ce que j’entre en ville. Après avoir parqué mon troupeau dans un coin, je me rendis auprès du Messager de Dieu ﷺ et le lui rapportai. Le Messager de Dieu ﷺ ordonna qu’on appelle : “As-Salâtou Jâmiʿah” (prière en congrégation). Puis il sortit et dit au berger : “Raconte-leur ce qui s’est passé.” Le berger raconta donc son récit. Alors le Messager de Dieu ﷺ déclara : “Il a dit vrai. Par Celui qui détient l’âme de Muhammad dans Sa main, l’Heure n’aura pas lieu avant que les bêtes sauvages ne parlent aux hommes, que la pointe du fouet et la courroie de la sandale s’adressent à l’homme, et que sa propre cuisse ne l’informe de ce que sa famille a fait après lui.” »
Cette chaîne de transmission est conforme aux critères du Sahîh. Al-Bayhaqî l’a authentifiée, et seul At-Tirmidhî (1) l’a rapportée à partir des mots : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, l’Heure n’aura pas lieu avant que les bêtes sauvages ne parlent aux hommes… » jusqu’à la fin, d’après Sufyân Ibn Waki‘, rapportant de son père, rapportant d’Al-Qâsim Ibn Al-Fadl. At-Tirmidhî ajouta : « C’est un hadith bon (ḥasan), rare (gharîb) et authentique (ṣaḥîḥ). Nous ne le connaissons que par la voie d’Al-Qâsim, qui est jugé sûr et fiable par les savants du hadith : Yahyâ et Ibn Mahdî l’ont considéré digne de confiance. »
Une autre voie de transmission provient d’Abû Sa‘îd al-Khudrî. L’imam Aḥmad (2) a rapporté : « Abû l-Yamân nous a transmis de Shu‘ayb, qui m’a informé qu’Abd Allâh Ibn Abî Ḥusayn a dit : “Shahr m’a rapporté qu’Abû Sa‘îd al-Khudrî lui a transmis que le Prophète ﷺ a dit : Un bédouin était avec son troupeau dans les environs de Médine. Un loup l’attaqua et lui prit une brebis. Il le rattrapa, la lui arracha, puis le repoussa (3). Le loup le dévisagea avec obstination, puis s’assit, la queue enroulée (4), et lui dit : ‘Tu m’ôtes une subsistance que Dieu m’avait accordée !’ L’homme s’étonna : ‘Quelle chose incroyable : un loup qui, la queue enroulée, me parle !’ Le loup répliqua : ‘Par Dieu, tu laisses derrière toi quelque chose d’encore plus étonnant.’ ‘De quoi s’agit-il ?’, demanda l’homme. Le loup répondit : ‘C’est le Messager de Dieu ﷺ, entre les deux palmeraies, au milieu des terres volcaniques, qui renseigne les gens sur ce qui est déjà advenu et ce qui adviendra.’ ”
Le bédouin appela donc ses bêtes, les conduisit jusqu’à la cité, puis alla frapper à la porte du Prophète ﷺ. Une fois que le Prophète ﷺ eut prié, il dit : “Où est le bédouin, propriétaire du troupeau ?” L’homme se présenta et le Prophète ﷺ lui demanda : “Raconte donc aux gens ce que tu as entendu et vu.” L’homme relata ce qui s’était produit avec le loup et ce qu’il lui avait dit. Alors le Prophète ﷺ déclara : “Il a dit vrai. Voilà des signes qui précéderont l’Heure. Par Celui qui détient mon âme, l’Heure n’aura pas lieu avant que l’un de vous ne sorte de chez lui, et que sa sandale, ou son fouet, ou son bâton ne l’informe de ce que sa famille a fait après lui.” »