Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous avons précédemment mentionné le hadith de Jâbir(1) et l’histoire de son chameau qui s’était épuisé lors de leur retour de Tabouk. Il s’était alors retrouvé à l’arrière du convoi, et le Prophète (ﷺ) le rejoignit, invoqua la bénédiction sur lui et le frappa, si bien qu’il se mit à avancer à une allure qu’il n’avait jamais atteinte auparavant, allant même jusqu’à précéder les gens. Nous avons aussi rapporté qu’il (– qu'Allah leur fasse miséricorde –) acheta cet animal, tout en signalant qu’il existe de nombreux désaccords dans les récits au sujet du prix, désaccords qui ne nuisent toutefois pas au cœur de l’histoire, comme nous l’avons expliqué.

Nous avons également déjà mentionné le hadith d’Anas(2) au sujet de la monture du Prophète (– qu'Allah leur fasse miséricorde –) sur le cheval d’Abou Talha, le jour où les habitants de Médine entendirent un bruit. Il monta ce cheval, connu pour sa lenteur, ainsi qu’un groupe de cavaliers, se dirigeant vers l’origine du bruit. Ils trouvèrent que le Messager de Dieu (ﷺ) était déjà revenu après avoir vérifié ce qui se passait, et il n’avait rien découvert de concret. Il l’avait monté sans rien dessus, se contentant d’une épée accrochée à son cou. À son retour, il leur dit : « N’ayez pas peur, n’ayez pas peur ! Nous n’avons rien trouvé. Cependant, nous l’avons trouvé semblable à la mer », c’est-à-dire extrêmement rapide. Ce cheval était auparavant lent, mais depuis cette nuit-là, nul ne pouvait plus le rattraper, et il ne soulevait plus de poussière tant il allait vite. Tout cela grâce à la bénédiction du Prophète (– qu'Allah leur fasse miséricorde –).

Un autre hadith rare concernant l’histoire du chameau est rapporté par le cheikh Abou Muhammad ‘Abdallah ibn Hamed al-Faqîh, dans son ouvrage « Dalâ’il an-Nubuwwah », un grand volume riche de nombreux enseignements. Il dit : « Abou ‘Alî al-Fârisî m’a informé, Abou Sa‘îd ‘Abd al-‘Azîz ibn Chahlân al-Qawwâs nous a transmis, Abou ‘Amr ‘Uthmân ibn Muhammad ibn Khâlid ar-Râsibî nous a transmis, ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Alî al-Basrî nous a transmis, Salâmah ibn Sa‘îd ibn Ziyâd ibn Abî Hind ar-Râzî nous a transmis, d’après son père, de son grand-père, lequel rapporta de Ghunaym(3) ibn Aws – c’est-à-dire ar-Râzî – qui dit : « Nous étions assis auprès du Messager de Dieu (ﷺ) lorsqu’un chameau surgit au galop et s’arrêta devant le Messager de Dieu (ﷺ), tout effrayé. Le Messager de Dieu (ﷺ) lui dit : “Ô chameau, calme-toi ! Si tu es véridique, tu seras rétribué pour ta véracité. Si tu es menteur, tu en porteras la responsabilité. Quoi qu’il en soit, Dieu a accordé Sa protection à celui qui se réfugie auprès de nous, et celui qui demande asile chez nous ne doit pas craindre.” »

Nous demandâmes : « Ô Messager de Dieu, que dit ce chameau ? » Il répondit : « Ce chameau s’est enfui parce que ses propriétaires voulaient l’égorger. Il est donc venu chercher protection auprès de votre Prophète. » Et tandis que nous étions ainsi, voici que ses propriétaires arrivèrent en courant. Lorsqu’il les aperçut, le chameau alla se blottir contre la tête du Messager de Dieu (ﷺ). Ils dirent : « Ô Messager de Dieu, c’est notre chameau : il s’est enfui de chez nous il y a trois jours, et nous ne l’avons retrouvé qu’ici, devant toi. » Le Messager de Dieu (ﷺ) reprit : « Il se plaint amèrement. » Ils s’exclamèrent : « Ô Messager de Dieu, que dit-il ? » Il répondit : « Il raconte qu’il a grandi parmi vos chamelles lorsqu’il n’était encore qu’un chamelon. Vous le chargiez en été pour l’emmener vers les pâturages, et lorsque venait l’hiver, vous vous déplaciez vers un lieu plus chaud. » Ils dirent : « C’est vrai, ô Messager de Dieu. » Alors il dit : « Quelle est la récompense que des maîtres doivent à un serviteur dévoué ? » Ils répondirent : …

(1) Il s’agit de Jâbir ibn ‘Abdillah, l’un des illustres compagnons du Prophète (ﷺ).
(2) En référence à Anas ibn Mâlik, autre grand compagnon du Prophète (ﷺ).
(3) Ghunaym est ici explicitement mentionné comme étant ar-Râzî.

(1) Le hadith a déjà été mentionné. (2) Le hadith a déjà été mentionné. (3) C'est ainsi dans l'édition imprimée, et dans (A), il semble que la forme écrite soit : Tamīm, or je ne l'ai pas trouvé dans l'ʿIṣābah sous ces deux noms, il apparaît donc qu'il s'agit d'une interpolation.
وقد ذكرنا فيما سلف حديثَ جابرًا (١) وقصَّة جملهِ الذي كان قد أَعْيَا، وذلك مرجعَهم من تبوك، وتأخّره في أخريات القوم، فلحقَه النبيُّ ﷺ فدعا له وضربَه فسارَ سَيرًا لم يسر مثله حتى جعلَ يتقدّمُ أمامَ الناس، وذكرنا شراءَه (رحمهم الله) منه، وفي ثمنه اختلاف كثير وقعَ من الرواة لا يَضرُّ أصلَ القِصّة كما بيناه. وتقدَّم حديثُ أنسٍ (٢) في ركوبه (رحمهم الله) على فرس أبي طلحة حين سَمِعَ الناسُ صَوتًا بالمدينة، فركبَ ذلك الفرس، وكان يُبطئ، وركبَ الفرسانُ نحوَ ذلك الصوت، فوجدوا رسولَ الله ﷺ قد رجعَ بعدما كشفَ ذلك الأمر، فلم يجد له حقيقةً، وكان قد ركبَه عُريًا لا شيءَ عليه وهو مُتقلّدٌ سيفًا، فرجعَ وهو يقول: "لن تراعوا لن تراعوا، ما وجدنا من شيء، وإن وجدناه لبحرًا" أي: لسابقًا. وكان ذلك الفرسُ يُبَطَّأ قبلَ تلك الليلة، فكان بعد ذلك لا يُجارى، ولا يُكشف له غبار، وذلك كلُّه ببركته (رحمهم الله) . حديث آخر غريب في قصة البعير: قال الشيخ أبو محمد عبد الله بن حامد الفقيه، في كتابه " دلائل النبوة" ، وهو مجلد كبير حافل كثير الفوائد: أخبرني أبو علي الفارسي، حدَّثنا أبو سعيد عبد العزيز بن شهلان القوَّاس، حدَّثنا أبو عمرو عثمان بن محمد بن خالد الراسبي، حدَّثنا عبد الرحمن بن علي البصري، حدَّثنا سلامة بن سعيد بن زياد بن أبي هند الرازي، حدَّثني أبي، عن أبيه، عن جده، حدَّثنا غُنَيم (٣) بن أوس - يعني: الرازي- قال: كنا جلوسًا مع رسول الله ﷺ إذ أقبلَ بعيرٌ يعدو حتى وقفَ على رسول الله ﷺ فَزِعًا، فقال رسول الله ﷺ : "أيُّها البعيرُ اسكن، فإن تكُ صادقًا فلك صِدقُك، وإن تك كذابًا فعليك كذبك، مع أنَّ الله تعالى قد أمَّنَ عائذنا، ولا يخاف لائذنا" قلنا: يا رسول الله، ما يقولُ هذا البعير قال: " هذا بعيرٌ هَمَّ أهلُه بنحره، فهربَ منهم، فاستغاثَ بنبيّكم" فبينا نحن كذلك؛ إذ أقبلَ أصحابُه يتعادون، فلما نظرَ إليهم البعيرُ عادَ إلى هامةِ رسولِ الله ﷺ . فقالوا: يا رسول الله، هذا بعيرُنا هربَ منا منذُ ثلاثة أيام، فلم نلقَه إلا بينَ يديكَ، فقال رسولُ الله ﷺ : "يشكو مرَّ الشّكاية" فقالوا: يا رسولَ الله، ما يقول قال: "يقولُ إنه رُبِّي في إبلكم حوارًا، وكنتم تحملون عليه في الصيف إلى موضع الكلأ، فإذا كان الشتاء رحلتُم إلى موضع الدفء " فقالوا: قد كان ذلك يا رسول الله، فقال: "ما جزاءُ العبد الصالح من مَواليه؟ " قالوا:
(١) تقدم الحديث. (٢) تقدم الحديث. (٣) كذا في المطبوع، وفي (أ) كأن صورة رسمه: تميم، ولم أجده في الإصابة بهذين الاسمين، فظهر أنه مختلق.

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