Supposez que la réalité soit bien telle que je vous l’expose et vous y appelle. Quelle sera alors votre excuse devant Dieu ? Comment pourrez-vous vous justifier devant Lui ? Car vous me demandez d’abandonner l’appel que je vous lance à Son obéissance ; or, il m’est impossible de le faire, car cela m’incombe. Et si jamais je l’abandonnais, personne d’entre vous ni quiconque d’autre ne pourrait me protéger contre Lui ni me secourir. Je continuerai donc à vous appeler à Dieu, l’Unique sans associé, jusqu’à ce qu’Il juge entre vous et moi.
Ils dirent encore : « Tu n’es qu’au nombre des ensorcelés » [Les Poètes (26) : 153], c’est-à-dire parmi ceux qui sont ensorcelés et ne savent pas ce qu’ils disent en nous appelant à n’adorer que Dieu seul et à renier tout autre associé. C’est le sens adopté par la majorité des exégètes, selon lesquels « mussahharîn » signifie « ensorcelés ».
D’autres ont affirmé que « mussahharîn » signifiait « ceux qui possèdent un ṣaḥr », c’est-à-dire un poumon, pour signifier qu’il n’était qu’un être humain ordinaire doté d’une respiration. Cependant, la première interprétation reste la plus évidente, car ils déclarèrent ensuite : « Tu n’es qu’un humain comme nous » [Les Poètes (26) : 154], et ils dirent aussi : « Fais donc venir un signe, si tu es du nombre des véridiques » [Les Poètes (26) : 154]. Ils exigèrent de lui un prodige qui prouvât la véracité de ce qu’il leur avait apporté. Il répondit : « Voici une chamelle ; à elle la part d’eau et à vous la part d’eau d’un jour déterminé (155). Ne la touchez pas en mal, sinon vous serez saisis par le châtiment d’un jour redoutable » [Les Poètes (26) : 155-156].
Il dit également : « Une preuve vous est certes parvenue de la part de votre Seigneur : voici la chamelle de Dieu, signe pour vous. Laissez-la donc paître sur le sol de Dieu et ne la touchez pas en mal, sinon un châtiment douloureux vous saisira » [Al-Aʿrâf (7) : 73]. Le Très-Haut déclare aussi : « Nous avons accordé à Thamûd la chamelle, signe éclatant, mais ils se montrèrent injustes à son égard » [Al-Isrâʾ (17) : 59].
Les exégètes (1) rapportent qu’un jour, le peuple de Thamûd se réunit dans son assemblée. Alors, le Messager de Dieu, Sâlih, leur vint et les appela à Dieu : il les exhorta, les avertit, les mit en garde et leur ordonna (d’obéir à Dieu). Ils lui dirent : « Si tu fais sortir pour nous, de ce rocher (et ils en désignèrent un), une chamelle possédant telles et telles caractéristiques — qu’ils nommèrent et décrivirent, tout en se montrant excessivement exigeants — et qu’elle soit pleine, de telle et telle apparence… »
Le Prophète Sâlih — sur lui la paix — leur répondit : « Voyez, si je satisfais votre demande de la manière exacte dont vous l’énoncez, me croirez-vous au sujet du message que je vous apporte et me tiendrez-vous pour véridique quant à la mission dont j’ai été investi ?» Ils répondirent par l’affirmative. Il prit alors leurs engagements et leurs promesses, puis se rendit à son lieu de prière pour accomplir, pour Dieu — Exalté soit-Il —, les prières qui lui semblaient de mise et L’invoqua pour qu’Il exauce leur requête. Dieu — Exalté soit-Il — ordonna alors à ce rocher de se fendre, faisant apparaître une grande chamelle pleine, conformément à leur demande et à leurs descriptions.
Quand ils la virent ainsi, ils constatèrent une chose prodigieuse, un spectacle redoutable, un pouvoir manifeste et une preuve incontestable. Un grand nombre d’entre eux crurent, tandis que la majorité persista dans la mécréance, l’égarement et l’hostilité. C’est pourquoi le Très-Haut dit : « Mais ils se montrèrent injustes à son égard » [Al-Isrâʾ (17) : 59], c’est-à-dire qu’ils la renièrent et ne suivirent pas la vérité à cause d’elle ; la plupart d’entre eux agissaient ainsi.