Une autre chaîne de transmission à ce sujet : Al-Bayhaqî (1) a rapporté d’après Al-Hâkim et d’autres, par l’intermédiaire d’Al-Aṣamm, qu’Abbâs ibn Muḥammad ad-Dûrî nous a dit : « Ḥamdân ibn al-Aṣbahânî nous a relaté, Sharik nous a relaté d’après ‘Umar ibn ‘Abd Allâh ibn Ya‘lā ibn Murra, d’après son père, d’après son grand-père, qui a dit : “J’ai vu, de la part du Messager de Dieu (ﷺ), trois choses que nul avant moi n’a vues. J’étais en sa compagnie sur la route menant à La Mecque : il passa devant une femme accompagnée de son fils souffrant d’une forme de démence (lamam) dont je n’avais jamais observé de cas plus grave. Elle s’écria : ‘Ô Messager de Dieu, mon fils est dans l’état où tu le vois.’ Il répondit : ‘Si tu le souhaites, je prierai (Dieu) pour lui.’ Il invoqua donc en sa faveur, puis poursuivit sa route.
Plus loin, il croisa un chameau qui dressait le cou et gémissait. Le Prophète (ﷺ) dit alors : ‘Amenez-moi le propriétaire de ce chameau.’ On le lui amena ; il l’interpella en ces termes : ‘Ce chameau se plaint : “Je suis né chez eux, ils m’ont fait travailler, et lorsqu’ils m’ont vu vieillir, ils ont voulu m’égorger.”’
Puis le Prophète (ﷺ) s’éloigna et vit deux arbres séparés l’un de l’autre. Il me dit : ‘Va leur ordonner de se rapprocher pour moi.’ Je m’y rendis et ils se rapprochèrent aussitôt, puis il satisfit son besoin derrière eux.
Ensuite il reprit la route, et, repassant plus tard près de l’enfant, il le trouva en train de jouer avec d’autres garçons, totalement guéri. La mère avait préparé quelques moutons et offrit au Prophète (ﷺ) deux béliers, en disant : ‘Plus rien de son trouble ne lui est revenu.’ Le Prophète (ﷺ) déclara : ‘Il n’est rien qui ne sache que je suis le Messager de Dieu, à l’exception des mécréants – ou des pervers – parmi les djinns et les humains.’” (2)
Ce sont donc là de bonnes chaînes de transmission, multiples, qui induisent une forte présomption, voire la certitude, selon les savants les plus expérimentés, que Ya‘lā ibn Murra a rapporté ce récit, dans l’ensemble, tel qu’il l’a relaté. Tout cela fut consigné exclusivement par l’imam Aḥmad, sans que les auteurs des six recueils canoniques ne l’aient rapporté. Seul Ibn Mâjah en cite un élément : il rapporte d’après Ya‘qûb ibn Ḥumayd ibn Kâsib, par le biais de Yaḥyâ ibn Sulaym, lui-même de (Ibn) Khuthaym, d’après Yûnus ibn Khabbâb, d’après Ya‘lā ibn Murra, que le Messager de Dieu (ﷺ) s’éloignait beaucoup lorsqu’il allait satisfaire ses besoins (3). L’historien Abû Nu‘aym s’est particulièrement intéressé, dans son ouvrage “Dalâ’il an-Nubuwwah” (4), au ḥadîth du chameau et aux différentes voies de sa transmission.
Ensuite, il rapporte le ḥadîth d’‘Abd Allâh ibn Qurṭ al-Yamânî, qui a dit : ‘On amena au Messager de Dieu (ﷺ) six chamelles (5) qui s’approchèrent chacune pour qu’il commence par elle.’ J’ai déjà mentionné ce ḥadîth dans le cadre du pèlerinage d’adieu.